Repenser l’enseignement de l’histoire en 4e secondaire pour engager les élèves

Au Québec, le cours d’histoire de 4e secondaire est « une grosse année », comme le disent souvent les enseignants de cette discipline sanctionnée. Dans ce contexte, comment en repenser l’enseignement afin d’engager davantage les élèves dans leurs apprentissages, tout en s’assurant d’atteindre les objectifs annuels? Deux projets en ce sens ont été présentés lors du Congrès 2022 de l’Acfas.

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Au Québec, le cours d’histoire de 4e secondaire est « une grosse année », comme le disent souvent les enseignants de cette discipline sanctionnée. Dans ce contexte, comment en repenser l’enseignement afin d’engager davantage les élèves dans leurs apprentissages, tout en s’assurant d’atteindre les objectifs annuels? Deux projets en ce sens ont été présentés lors du Congrès 2022 de l’Acfas.

Coup d’œil sur le patrimoine

Le projet Coup d’œil sur le patrimoine a fait ses preuves. Depuis 10 ans, il permet à des élèves de 4e secondaire d’explorer le patrimoine de la région de Châteauguay. Véronique Charlebois, enseignante d’histoire en 3e et 4e secondaire au Collège Héritage de Châteauguay, a présenté le projet. Selon elle, il permet aux jeunes de développer un sentiment d’appartenance envers leur communauté, tout en améliorant leur compréhension de l’histoire.

« Les élèves ont de la difficulté à associer la trame historique nationale qui est enseignée avec la trame locale, l’histoire de leur communauté. Le projet leur permet de lier les deux et de découvrir des bouts d’histoires de leur propre famille », a-t-elle expliqué.

Dans le cadre de ce projet, les élèves sont d’abord initiés à la photographie numérique pendant  leur cours d’histoire. Ils se déplacent ensuite dans leur communauté afin de photographier différents éléments (patrimoine religieux, architectural, militaire, industriel, naturel, etc.). Puis, ils doivent mener des recherches et écrire un texte qui explique la valeur patrimoniale d’une de leurs photographies.

« La démarche est insécurisante pour les élèves au départ. Ils se demandent : est-ce que tel ou tel élément a assez de valeur pour que je la documente? Au fil du projet, ils développent leur autonomie dans la recherche d’information et jettent un regard nouveau sur leur environnement », fait valoir Mme Charlebois.

Dans leur quête d’information, ils peuvent consulter des personnes de leur entourage ou se référer à des ouvrages historiques. L’école a d’ailleurs fait l’acquisition de nombreux livres sur l’histoire locale afin de les aider à enrichir leur bibliographie.

Leurs photographies et leurs textes sont ensuite présentés à toute la communauté, grâce à la Maison LePailleur, Musée et site historique de Châteauguay, qui en fait une véritable exposition-concours. Le public peut alors voter pour la photographie coup de cœur de l’année.

« Les jeunes sont impressionnés par le sérieux accordé à leur projet. Les normes muséales sont appliquées à leurs photos et textes lors de la préparation de l’exposition. C’est très valorisant pour eux. Année après année, on sent un engouement croissant dans la communauté, alors que le public a hâte de découvrir les nouvelles productions des élèves. »

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Interpréter une œuvre d’art en classe d’histoire

Le projet de Catinca Adriana Stan, professeure à l’Université Laval, est né de deux constats : « En classe d’histoire, les images sont généralement utilisées de façon accessoire pour accompagner du texte. De plus, le travail d’interprétation des documents historiques fait peu de place au ressenti des élèves et leur laisse rarement la liberté de les interpréter eux-mêmes, c’est-à-dire de donner leur opinion ».

En 2021, elle a mené une recherche dans une classe de 4e secondaire, également du Collège Héritage de Châteauguay. Une trentaine d’élèves ont analysé des affiches de guerre, des peintures, des statues et monuments en utilisant une grille d’analyse, qui combine la lecture esthétique et la lecture historique (l’évidence, la signification, la continuité et le changement, les causes et les conséquences, la perspective historique, la dimension morale).

Ils devaient répondre à des questions comme :

  • Qu’est-ce qui vous surprend, vous réjouit, vous attriste dans cette œuvre?
  • Pourquoi l’artiste l’a-t-il créée? Quelles informations/messages souhaitait-il transmettre?
  • Qu’est-ce que nous apprenons sur l’histoire à partir de l’œuvre?
  • Cette œuvre peut-elle nous aider à comprendre le présent?

Pendant six séances, ils ont appris notamment à exprimer leur ressenti et à mieux contextualiser les œuvres d’art par de la modélisation et de la pratique guidée dans un premier temps, puis de façon autonome.

« Au début du projet, les jeunes se disaient peu intéressés par l’histoire, ils craignaient l’examen ministériel de fin d’année et accordaient peu d’importance aux œuvres dans les livres », dit Mme Stan.

Il y a eu un tournant, selon elle, lors du 5e atelier, alors que les jeunes ont été invités à choisir une œuvre d’art et à l’analyser. « Nous avons atteint un niveau supérieur. Les élèves ont produit des textes de grande qualité, qui étaient généralement plus longs que la longueur minimale demandée. On a senti qu’on les avait touchés. Ils ont révélé une grande empathie historique. Ils ont interprété la posture, l’expression faciale des personnages, ils ont fait des liens entre les couleurs utilisées et les sentiments exprimés », s’enthousiasme la professeure.

Le projet visait à permettre aux élèves de développer leur compétence d’analyse documentaire et leur pensée historique. Ils ont aussi développé leur autonomie interprétative. « Ils ont réalisé qu’il y a une histoire, des valeurs, un message derrière chaque ouvrage et ils ont fait des liens. Ils ont surtout apprécié qu’on leur laisse choisir quelle œuvre ils allaient présenter à leurs camarades. »

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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