Par Claudine Grenier, enseignante
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Dans le cadre de mon cours de français en 5e secondaire, j’ai lancé un projet un peu particulier : la création d’un balado True Crime (genre littéraire, documentaire criminel). Ce genre, très populaire auprès des jeunes (et des moins jeunes!), permet de travailler à la fois l’écriture (le narratif et les séquences descriptives ou justificatives) et la compétence orale, soit savoir écouter les caractéristiques d’un « podcast » True Crime et communiquer oralement en créant son propre contenu.
Rapidement, je me suis rendu compte que ce projet allait bien au-delà de la simple production médiatique : grâce au numérique, il est devenu un véritable levier d’inclusion et de différenciation pédagogique. Ce projet aurait été très difficile à mettre en place sans le soutien du numérique.
Un projet motivant et porteur de sens
Le choix du format n’était pas anodin. Le True Crime, avec son côté intrigant et immersif, capte l’attention des élèves et leur donne envie de s’investir. Au fil du projet, ils ont mobilisé plusieurs compétences : lecture et écoute de sources, écriture de scénarios, pratique de l’oral, montage audio. En donnant un sens concret aux apprentissages, j’ai constaté une forte augmentation de la motivation et de l’engagement, même chez ceux qui participent habituellement avec plus de réserve.
Le numérique comme levier d’inclusion
Pour m’assurer que chaque élève trouve sa place dans le projet, j’ai mis en place un plan de travail différencié grâce au numérique. Les élèves pouvaient progresser à leur rythme, choisir certaines tâches selon leurs forces (écriture, grammaire, enregistrement, recherche, montage) et bénéficier d’un accompagnement plus ciblé.
C’est ici que le numérique a joué un rôle clé : il m’a permis d’intégrer la RAI (réponse à l’intervention) en écriture, en suivant de près les productions, en offrant des rétroactions rapides et en soutenant ceux qui avaient besoin d’un encadrement plus serré. Grâce à ces outils, j’ai pu ajuster mes interventions pour répondre aux besoins particuliers sans ralentir tout le groupe.
Par exemple, les élèves devaient écrire une séquence descriptive présentant la journée du crime. Certains avaient accès à des modèles de textes ou à des banques de vocabulaire (niveau universel/1) et pouvaient avancer individuellement. D’autres recevaient des grilles descriptives plus précises pour structurer leur description (niveau ciblé/2) et écrivaient par étapes que je validais progressivement. Enfin, quelques élèves travaillaient en atelier avec moi pour revoir la cohérence, la syntaxe ou enrichir leur texte (niveau intensif/3). Tout le monde avait les mêmes attentes finales, mais l’accompagnement variait.
Grâce au numérique (iDoceo et Google Classroom), la rétroaction était donnée rapidement, ce qui permettait aux élèves de retravailler leur texte immédiatement et de constater leurs progrès. Par la suite, l’équipe devait sélectionner parmi les textes écrits celui qui correspondait le mieux à l’intention du projet. Les élèves ont ainsi eu accès à des modèles leur permettant de mieux comprendre ce qui était attendu d’eux.
Garder des traces pour mieux accompagner
Un autre avantage du numérique réside dans la possibilité de conserver des traces. Avec iDoceo, j’ai pu consigner mes observations, documenter les progrès de chacun et planifier mes interventions. Les élèves, de leur côté, utilisaient Google Classroom pour accéder aux consignes, déposer leurs versions intermédiaires et consulter mes rétroactions.
Ces traces sont devenues des repères essentiels : elles m’ont aidée à suivre la progression individuelle et collective, et elles ont permis aux élèves de mieux s’autoévaluer et de s’engager dans la réécriture. Elles me permettaient aussi de constater qui s’impliquait dans l’équipe et de formuler un meilleur jugement professionnel à la fin de la séquence. iDoceo me donnait la possibilité d’offrir des rétroactions rapides, parfois par de simples symboles ou codes de couleurs, ce qui m’a fait gagner un temps considérable en correction.
Conclusion
Ce projet m’a confirmé que le numérique n’est pas une fin en soi, mais un allié puissant lorsqu’il est mis au service de la pédagogie. En rendant l’apprentissage plus flexible, inclusif et motivant, il permet à chaque élève de trouver sa place dans un projet collectif. Le balado True Crime n’était que le début : cette expérience ouvre la voie à d’autres projets transposables à divers genres et disciplines, toujours avec le même objectif : donner à tous les élèves les moyens de réussir.
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