ANNONCE
ANNONCE

L’intelligence artificielle, un levier à apprivoiser pour les directions d’école

Les gestionnaires scolaires reconnaissent le potentiel de l’IA dans leurs pratiques, mais manquent d’outils et du cadre nécessaire pour passer à l’action, montre une étude récente qui s’est penchée sur la question. Les résultats révèlent une posture à la fois ouverte, curieuse… et prudente.
Temps de lecture estimé : 4 minutes
PROPAGER VIA :

Table des matières

ANNONCE

L’étude est menée par Khaoula Boulaamane, de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), Valéry Psyché et Bianca B-Lamoureux, de l’Université TÉLUQ. Les résultats ont été présentés lors du plus récent Colloque international en éducation organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), qui s’est tenu les 1ᵉʳ et 2 mai 2025 à Montréal. 

Un intérêt manifeste, mais un flou persistant

À travers des entrevues semi-dirigées réalisées auprès de dix gestionnaires œuvrant dans les milieux primaire, secondaire et collégial, l’équipe de recherche a cherché à comprendre les attitudes et attentes des directions à l’égard de l’IA.

Premier constat : si la majorité des directions interrogées associent l’IA à des outils comme ChatGPT, Copilot ou Canva, leur compréhension de ses applications reste souvent vague. « Je ne sais pas ce que ça me permettrait de faire de plus », résume une citation présentée pendant la conférence. « Le vocabulaire reste flou, les compétences limitées et les usages concrets demeurent à définir. Pour plusieurs, l’IA représente davantage une promesse qu’un outil maîtrisé », a résumé Khaoula Boulaamane lors de la conférence.

Des gains potentiels en efficacité administrative

Malgré ces zones grises, l’intérêt est réel. L’IA est perçue comme un levier d’amélioration de la productivité, un outil d’aide à la décision et un moyen de réduire la charge administrative – notamment via l’automatisation de tâches comme la gestion des courriels ou la planification des agendas. Elle pourrait ainsi permettre aux directions de se recentrer sur leur mission pédagogique.

Les forces identifiées dans une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) incluent un leadership favorable, une ouverture à l’expérimentation et la présence de personnes ressources. Le soutien du ministère de l’Éducation, qui a investi 10,6 millions de dollars dans un chantier débuté en mars 2022, est également vu comme un élément facilitateur. Néanmoins, rappelons que ce chantier est essentiellement axé sur des outils d’intelligence numérique et de gestion des données.

Des freins importants à lever

Cependant, plusieurs obstacles freinent l’intégration de l’IA dans les pratiques de gestion. Le manque de connaissances concrètes, la méfiance envers la technologie, l’absence de formations spécifiques et les préoccupations éthiques (protection des données, biais algorithmiques) sont autant de facteurs qui limitent son adoption. « L’IA évolue rapidement, ce qui peut déstabiliser des équipes déjà confrontées à une surcharge de travail et à des compétences numériques inégales », a fait valoir Mme Boulaamane. 

L’étude souligne aussi l’absence d’un cadre réglementaire clair. Notamment, le référentiel de compétences en gestion scolaire au Québec, datant de 2008, ne fait aucune mention des technologies numériques. Ce décalage entre les outils disponibles et l’encadrement institutionnel complique l’implantation cohérente de l’IA sur le terrain.

Des recommandations concrètes

Pour soutenir une intégration réfléchie et éthique de l’IA dans la gestion scolaire, les chercheuses formulent deux recommandations principales :

  1. Mettre en place une stratégie de formation initiale et continue axée sur la protection et la valorisation des données, la compréhension du fonctionnement de l’IA et ses implications éthiques.
  2. Établir un cadre de gouvernance numérique clair accompagné d’une équipe de soutien dédiée capable de guider les directions de façon structurée.

L’étude met en lumière un paradoxe : les gestionnaires reconnaissent le potentiel transformateur de l’IA, mais manquent d’outils, de vocabulaire et du cadre nécessaire pour passer à l’action. « En attendant une meilleure structuration du soutien et des politiques, l’IA reste un terrain d’expérimentation prudente. Pour plusieurs, la volonté d’apprendre est là — encore faut-il qu’on leur montre comment », conclut la chercheuse.

À propos de l'auteur(e)
Ça pourrait être vous!
Chaque histoire positive a le potentiel d'inspirer des centaines de personnes à innover pour améliorer la réussite éducative. L'École branchée est VOTRE média! Profitez de ses pages virtuelles pour mettre en valeur vos réalisations tout en alimentant la veille professionnelle de vos collègues, d'ici et d'ailleurs. Allez-y, proposez un texte! >
NOS ANNONCEURS ET PARTENAIRES :
PROPAGER VIA :
À lire aussi
Les ados avec TDAH plus vulnérables aux réseaux sociaux
Les ados avec TDAH plus vulnérables aux réseaux sociaux

S’il est maintenant établi que les jeunes avec un TDAH sont plus à risque de passer trop d’heures sur les réseaux sociaux, la recherche n’est pas encore claire sur ce qui est la cause et ce qui est l’effet : est-ce qu’un usage intensif des écrans accroît les symptômes de TDAH ou si le TDAH rend plus susceptible de passer encore plus de temps en ligne?

Lire la suite
Ces croyances qui nous empoisonnent la vie

(Opinion) « Il faut souffrir pour apprendre », « on est doué ou on ne l’est pas », « je n’ai pas de mémoire » : ces idées reçues, souvent présentées comme des vérités, façonnent la perception que les apprenants ont d’eux-mêmes et limitent leur désir d’apprendre. Faisons le ménage dans ces croyances pour redonner à l’apprentissage tout son potentiel : motivant, signifiant… et profondément humain.

Lire la suite
Commentaires, reproduction des textes et usage de l'intelligence artificielle

Pour commenter un article et y ajouter vos idées, nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux sociaux. Tous les articles y sont publiés et il est aussi possible de commenter directement sur FacebookX, Instagram, Bluesky ou LinkedIn.

Sauf dans les cas où la licence est expressément indiquée, il n’est pas permis de reproduire les articles de l’École branchée. Toute demande de reproduction doit être adressée directement à l’organisme.

Dans son processus éditorial, notre équipe fait appel à des technologies intégrant l’intelligence artificielle pour améliorer les textes, entre autres par la reformulation de passages, la révision linguistique, la traduction et la synthèse des idées. Tous les textes sont révisés par des humains avant leur publication.

Connectez-vous!