Élections québécoises : nouveau gouvernement, nouveaux enjeux

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La Coalition Avenir Québec a conquis le Québec avec une majorité ferme lors des élections du 1er octobre 2018. Qu’est-ce que cela signifie pour l’éducation québécoise?

Pour les libéraux, qui perdent le pouvoir

Le désaveu populaire a certainement pour source, entre autres en éducation, les premières années du règne libéral. D’importantes compressions budgétaires ont été imposées à un système scolaire qui était déjà mal en point. Il faudra que les troupes libérales se regroupent et fassent un examen de conscience. En éducation, cette réflexion était entamée depuis un peu plus de deux ans et demi. Le travail du ministre Sébastien Proulx aura en effet eu l’effet d’une grande bouffée d’air frais dans un univers scolaire marqué par la morosité. Monsieur Proulx a su se rapprocher des écoles et de ceux qui y travaillent. Il a aussi pu s’imprégner des réalités du terrain comme les défis des élèves à besoin particuliers, ceux de la formation continue des enseignants et l’importance d’implanter les bons outils pédagonumériques.

Plusieurs diront cependant que le mal était fait. Néanmoins, il faut admettre que Monsieur Proulx, pour plusieurs, aura été le meilleur ministre de l’Éducation depuis la fameuse réforme du début des années 2000.

Pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui arrive au pouvoir

Dans un premier temps, il me semble évident que le ministre qui sera nommé par le nouveau gouvernement caquiste devra combler de grandes chaussures pour deux raisons : comme je l’écrivais, le ministre Proulx a fait un excellent travail, mais aussi, les caquistes n’ont pas lésiné sur les promesses électorales en éducation lors de leur campagne. Parmi ces promesses, notons les suivantes :

  • Réinvestissements massifs;
  • Abolition des commissions scolaires;
  • La maternelle dès quatre ans;
  • Bâtir ou rénover les écoles pour qu’elles figurent parmi les plus belles au monde;
  • Augmenter le salaire des enseignants;
  • Etc.

La tâche sera lourde et le défi, ambitieux. D’un sens, s’il y a une chose qui fait cruellement défaut en éducation, c’est certainement l’ambition : on ne peut donc pas critiquer la CAQ d’en avoir, non?

Donner sa chance au coureur

Du côté des gens du milieu, on peut lire notamment sur les réseaux sociaux beaucoup d’appréhension. Avant les élections, des voix réclamaient le départ des libéraux. Après les élections, presqu’autant angoissent déjà en vue des changements à venir. Plusieurs se sentent probablement un peu comme des élèves lorsqu’ils voient le nom de leur nouvel enseignant sur leur horaire en début d’année et qui s’inquiètent avant de réellement le voir à l’oeuvre.

Donnons la chance au coureur, qui vient par ailleurs de rafler une très grande partie des circonscriptions québécoises. Les nouveaux élus qui oeuvreront en éducation pourront compter sur moi et sur plusieurs d’entre vous, j’en suis certain! Le taux de participation à ces élections a été faible, mais cela demeure l’un des fondements de notre démocratie, ne l’oublions pas.

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