par École branchée
Un fonds unique pour une crise mondiale de l’éducation
Connaissiez-vous Education Cannot Wait (ECW)? Lancé en 2016, le fonds ECW a pour mission de garantir un accès rapide, équitable et de qualité à l’éducation pour les enfants et les jeunes vivant dans des contextes de crise. Aujourd’hui, plus de 250 millions d’enfants dans le monde sont affectés par des conflits armés, des déplacements ou des catastrophes climatiques, avec des conséquences directes sur leur parcours scolaire.
L’information qui suit provient d’un communiqué de presse de l’organisation émis pendant la période des fêtes via PRNewswire pour rendre compte de certaines de ses actions et appeler à la poursuite de son financement.
Administré selon les règles financières et administratives de l’UNICEF, le fonds ECW bénéficie d’une gouvernance indépendante, lui permettant d’agir avec agilité dans les contextes les plus complexes. Par exemple, il mobilise rapidement des ressources, soutient des réponses éducatives à grande échelle et favorise la coordination entre les acteurs humanitaires, éducatifs et gouvernementaux.
L’Ukraine : former les enseignants pour réparer les apprentissages brisés par la guerre
La guerre en Ukraine illustre de manière éloquente l’impact concret des interventions soutenues par ECW. Depuis le début du conflit en février 2022, des milliers d’écoles ont été endommagées ou détruites, et des millions d’enfants ont vu leur scolarité interrompue, parfois pendant de longs mois.
Dans ce contexte, ECW finance un programme pluriannuel de résilience visant à soutenir à la fois les élèves et les enseignants. L’un des volets majeurs de ce programme concerne la formation des enseignants du secondaire, notamment par l’entremise de Teach For Ukraine, en collaboration avec la Kyiv School of Economics et Finn Church Aid.
Par exemple, à Slavsko dans l’ouest de l’Ukraine, des éducateurs venus de différentes régions du pays se réunissent pour développer des stratégies pédagogiques adaptées à l’enseignement en contexte de guerre : rattrapage scolaire, tutorat ciblé, plans d’apprentissage individualisés, mais aussi création de relations positives en classe.
Au-delà du programme : enseigner dans un contexte de traumatisme
Pour des enseignantes comme Anna Semylit, professeure de chimie à Kyiv, la guerre a profondément transformé la réalité scolaire. Les pertes d’apprentissage sont importantes, mais les besoins vont bien au-delà du contenu disciplinaire.
Les formations soutenues par ECW mettent ainsi l’accent sur une approche holistique de l’éducation, intégrant le soutien psychosocial, la sensibilité aux traumatismes et aux enjeux de genre. Les enseignants apprennent à reconnaître les signes de détresse chez les élèves, à adapter leurs pratiques pour éviter de raviver des traumatismes et à collaborer avec des spécialistes lorsque nécessaire.
Cette posture transforme le rôle de l’enseignant : il ne s’agit plus seulement de « rattraper le programme », mais de reconstruire des conditions d’apprentissage sécurisantes, propices à la résilience et à la réussite à long terme.
Ce que permet concrètement le fonds Education Cannot Wait
À travers ses investissements dans plus de 40 pays touchés par des crises, ECW permet notamment de :
- rétablir rapidement des environnements d’apprentissage sûrs et accessibles;
- former et accompagner les enseignants pour répondre à des besoins éducatifs complexes;
- soutenir des initiatives d’apprentissage numérique et des solutions éducatives alternatives;
- intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial au cœur des réponses éducatives;
- renforcer la coordination entre ministères, ONG et agences internationales.
Ces actions démontrent que l’éducation, même en temps de guerre, n’est pas un luxe : elle constitue un outil fondamental de protection, de reconstruction et d’espoir.
L’expérience d’enseignantes comme Anna Semylit rappelle une chose essentielle : lorsque les éducateurs sont soutenus, formés et outillés, ils deviennent des acteurs clés de la résilience des sociétés, même dans les contextes les plus fragiles.




