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Regards croisés entre le Québec et la Belgique : La reconnaissance et la valorisation de la profession enseignante au quotidien

Être enseignant, c’est le « le plus beau métier du monde », vous diront sans hésiter de nombreuses personnes qui le pratiquent. C’est une profession exigeante, avec son lot de peines, de joies, d’expériences inoubliables. Pour plusieurs, il aurait été impossible de choisir une autre voie professionnelle. Cependant, et le constat est le même que l’on se trouve en Belgique ou au Québec, la profession souffre d’une profonde dévalorisation, qui fait même fuir les futurs candidats.

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Cet article a été corédigé avec Laurent Di Pasquale dans le cadre d’un partenariat avec l’EduLAB.

Être enseignant, c’est le « le plus beau métier du monde », vous diront sans hésiter de nombreuses personnes qui le pratiquent. C’est une profession exigeante, avec son lot de peines, de joies, d’expériences inoubliables. Pour plusieurs, il aurait été impossible de choisir une autre voie professionnelle. 

Cependant, et le constat est le même que l’on se trouve en Belgique ou au Québec, la profession souffre d’une profonde dévalorisation, qui fait même fuir les futurs candidats. Conditions de travail de plus en plus difficiles, instabilité des premiers emplois, précarité dans l’attribution des contrats annuels, la profession a mauvaise presse (à tort ou à raison).

En Belgique par exemple, un enseignant sur cinq quitte l’enseignement dans les 5 premières années. Selon une étude menée par l’Université de Mons en 2020-2021, ils étaient même en Belgique jusqu’à 34 % à avoir pensé quitter la profession. 

Au Québec, les statistiques sont du copier-coller. La situation est la même. Ajoutons à cela le fait que le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE) estime que 40 % des enseignants québécois quitteront progressivement leur profession en vue de leur retraite d’ici à 2030. La relève sera-t-elle au rendez-vous malgré le manque de valorisation de la profession?

Tant du côté de la Belgique que du Québec, il existe pourtant des exemples d’initiatives visant à valoriser la profession, des contre-exemples qui frappent par leur positivisme! Dans ce texte, nous vous livrons notre analyse pour vous montrer que oui, la profession enseignante peut être valorisée de bien des manières! 

1) La valorisation de l’enseignement par les voies officielles

La Belgique est un petit pays, mais avec une multitude d’acteurs officiels (parfois trop, d’ailleurs!). Cela peut représenter une contrainte pour bien des sujets, mais il s’agit au contraire d’une bonne occasion pour les enseignantes et les enseignants d’être valorisés de diverses manières. 

Ainsi, notons tout d’abord les projets « École numérique » de la région Wallonne. Celui-ci a pour objectif d’équiper les écoles et de leur fournir tous les ans du matériel numérique à destination des élèves, porté par le projet d’un ou plusieurs enseignants. Régulièrement, les différents projets, et les enseignants qui les portent, sont ainsi mis en lumière à travers la page Facebook et le site Web du projet École numérique. 

Cette valorisation atteint son paroxysme lors d’un événement bien connu en Belgique : Ludovia (un concept nous venant tout droit de nos amis Français). Durant ces trois jours qui se déroulent début novembre, différents enseignants porteurs de projets au sein de leurs classes ont l’occasion de venir échanger et présenter leurs réalisations auprès de leurs collègues venus de toute la Wallonie (mais également de France, Suisse, et parfois bien plus loin!). 

La Fédération Wallonie-Bruxelles est pour sa part le plus grand pouvoir organisateur de l’enseignement en Belgique. Et elle participe aussi à l’effort de valorisation à travers sa page Facebook, mais également via sa plateforme E-Classe, où elle promeut également de nombreux enseignants et pratiques éducatives.  

Enfin, différents concours et prix permettent aux membres du personnel enseignant de faire rayonner les actions positives qu’ils ont pu accomplir. Tous les ans par exemple, le prix Reine Paola récompense différents projets pédagogiques et leurs enseignants, qui se montrés particulièrement créatifs et efficaces pour faire face à des situations complexes. 

https://fb.watch/gxgRZW2E0s/

Au Québec, le ministère de l’Éducation (MEQ) met en place différentes initiatives visant la valorisation de la profession enseignante, comme la Semaine des enseignantes et des enseignants qui se déroule en février de chaque année. Une Stratégie visant à valoriser le personnel scolaire a aussi été publié en 2022. « Agir sur la valorisation du personnel scolaire contribuera, à terme, à favoriser la fidélisation du personnel, à renforcer son engagement et sa mobilisation et à rendre les carrières en éducation plus attrayantes », indique le MEQ dans l’introduction. 

Avec cette stratégie, le ministère prévoit plusieurs mesures qui devraient permettre de faire davantage briller la profession et en plus de soutenir les enseignants dans leur travail au quotidien. À titre d’exemple, mentionnons le déploiement d’un cadre de référence pour l’insertion professionnelle du personnel enseignant, le soutien au développement professionnel du personnel scolaire et la mise en plus d’une Journée annuelle de la valorisation du personnel scolaire. La Stratégie étant relativement nouvelle, il reste à voir la façon dont elle sera appliquée.

De plus, l’Ordre de l’excellence en éducation, créée en 2018, permet au gouvernement québécois de reconnaître les mérites de certains acteurs du milieu de l’éducation et de l’enseignement supérieur au Québec à chaque année. 

Les syndicats représentant les enseignants au Québec sont aussi à l’origine de différentes initiatives de valorisation, comme la série de capsules vidéos Vie de prof qui présente des scènes cocasses de la vie professionnelle des enseignants et leurs répercussions sur leur vie personnelle. Il s’agit essentiellement d’opération de relations publiques permettant de témoigner des conditions de travail des enseignants. 

2) Être valorisé par son propre milieu

Au Québec, la valorisation de l’enseignement vient surtout des différents regroupements qui offrent des vitrines à ceux qui mettent en place des projets porteurs ou innovants dans leur classe. Ainsi, lors des congrès et colloques annuels, les enseignants peuvent soumettre des propositions de conférences et d’ateliers. Ils ont alors l’occasion de présenter leurs projets, de partager leurs apprentissages et d’inspirer d’autres enseignants à faire de même. 

À titre d’exemple, notons le colloque annuel de l’Association Québécoise des Utilisateurs d’Outils technologiques à des fins Pédagogiques et Sociales (AQUOPS), le Sommet du numérique en éducation, le congrès de l’Association québécoise des enseignantes et des enseignants du primaire (AQEP) et autres congrès disciplinaires (français, mathématiques, sciences et technologies, etc.).

Aussi, rappelons que l’École branchée est un média entièrement dédié à l’éducation dont la mission comprend, entre autres, un volet de valorisation d’expériences positives des enseignantes et des enseignants à l’ère du numérique.  

Enfin, il existe différentes communautés de pratique permettant aux enseignants du Québec d’échanger entre eux et de s’épanouir professionnellement. C’est notamment le cas avec l’École en réseau qui offre plusieurs activités et communautés de pratique qui culminent à l’occasion de l’événement annuel de transfert de connaissances. Pensons aussi aux classes entrepreneuriales qui se rassemblent pour célébrer à l’occasion du congrès annuel d’IDÉE, par exemple. Dans le même esprit, en Belgique, des initiatives telles que la communauté apprenante (eduLAB et UMONS) permettent à des enseignants de différents milieux de pouvoir partager leurs pratiques de manière régulière et en ligne.  

Par contre, malgré ces possibilités de faire connaître publiquement leurs projets, plusieurs enseignants hésitent encore à sortir de la classe. Peut-être certains contextes sont-ils moins favorables que d’autres pour inciter les enseignants qui sortent un peu de la boîte à mettre en valeur leurs réalisations. Pourtant, nous croyons que toutes les occasions sont bonnes de faire briller celles-ci!

En Belgique même constat : si les enseignants réalisent souvent de belles choses, et des projets de classe qui méritent d’être connus, force est de constater que (trop) peu ont l’envie de les faire connaître. Ne serait-il pas d’abord nécessaire d’appréhender plus positivement une critique envers ses propres actions pédagogiques et de savoir s’ouvrir à l’amélioration et à la remarque de la part de ses pairs? 

Ainsi, les occasions ne manqueront pas de pouvoir présenter positivement ses idées d’activités, ses réalisations.

Être valorisé dans son milieu prend parfois du temps, et beaucoup d’énergie. Il arrive encore que le dicton « nul n’est prophète en son pays » soit juste, mais il faut persévérer pour le contredire!

3) Se tourner vers les réseaux sociaux pour combler le manque? 

Afin de valoriser autrement la profession enseignante, de plus en plus d’enseignants (tel Laurent, le coauteur de ces lignes!) se tournent vers les réseaux sociaux pour faire connaître leur travail. Quel plaisir d’être (enfin) écouté, d’avoir un retour positif et constructif sur ce que l’on fait et de se construire un réseau de collaborateurs par le fait même!

Lorsque Laurent s’est lancé sur les réseaux sociaux avec sa page Ed.Tech : TIC et nouvelles pratiques pédagogiques, il avait pour objectif de compiler différents conseils et ressources qu’il jugeait utiles pour ses collègues. Depuis, cela lui a réellement servi de caisse de résonance pour pouvoir s’exprimer! 

En Belgique, il n’est pas le seul. Ainsi, voici une petite liste d’enseignantes et d’enseignants que nous vous recommandons chaleureusement de suivre pour pouvoir à la fois bénéficier de conseils, de ressources, et d’une grande dose de créativité pédagogique! 

En Belgique, ça se passe sur Facebook : 

Au Québec, rendez-vous sur Twitter (ou ailleurs) avec : 

  • 1 App par jour (l’enseignant Sylvain Duclos est omniprésent sur toutes les plateformes!)
  • Myra Auvergnat-Ringuette (une enseignante au primaire aux mille idées)
  • Monsieur Univers social (l’enseignant au secondaire en univers social, Mathieu Mercier)
  • La Geek de service (la conseillère pédagogique Alexandra Coutlée, maintenant dans l’équipe de l’École branchée, présente ses découvertes technos pour la classe)
  • Jessy Rodrigue (conseillère pédagogique en intégration des technologies)

Tous et toutes ont un point commun : l’immense envie de partager et d’aider leurs collègues (directs ou indirects). Et si le secret de la valorisation était là? Avoir envie d’aider et de faire progresser positivement la communauté enseignante avec un grand E? Ici, chacun a su trouver une manière de valoriser son travail et de transmettre sa passion pour l’enseignement aux autres.

4) L’usage du numérique par les enseignants pour se bâtir des communautés

Si l’on regarde attentivement le profil des enseignants mentionnés plus haut, presque tous ont ce même point commun : l’usage du numérique et des nouvelles technologies dans leurs classes. Serait-ce une obligation afin d’être valorisé dans son métier d’enseignant? Pas forcément. 

Le numérique n’est qu’un outil à notre disposition, faut-il le rappeler, pour réaliser des actions bien humaines. Ainsi, ce sont avant tout leurs valeurs, leur engagement et leurs envies qui permettront tôt ou tard de faire en sorte que les enseignantes et les enseignants seront davantage valorisés dans leur fonction. L’usage du numérique comme moyen de communication ouvre néanmoins de nouvelles frontières pour pouvoir briller hors des réseaux habituels.

Ainsi, et à l’échelle mondiale, les derniers gagnants du prix « Global Teacher Prize » étaient avant tout des enseignants et enseignantes qui faisaient preuve de résilience dans leur profession pour amener les élèves à progresser (avec ou sans numérique). 

Cependant, ne nous le cachons pas : maîtriser les outils numériques et développer des projets innovants permet de mettre plus rapidement en lumière certains enseignants. Et vous, avez-vous envie de briller ou de faire briller vos collègues? Quels sont les moyens mis en place dans vos milieux ou sur lesquels vous pouvez agir pour valoriser la profession et ainsi renverser la spirale de démobilisation qui se fait sentir en ce moment? Partagez-nous-les : info@ecolebranchee.com

En terminant, nous espérons que vous avez eu autant de plaisir que nous à découvrir ces différences entre les pratiques européennes et québécoises.

On se retrouve bientôt pour une nouvelle chronique Regards croisés entre la Belgique et le Québec!

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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