Covid-19 : 1,3 milliard d’élèves et de jeunes touchés par la fermeture des écoles et universités

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NEW YORK, 30 April 2020 / PRN Africa / — « La réouverture des écoles est une évolution positive car nous savons que les fermetures ont de graves conséquences, notamment en termes d’accroissement des inégalités. Il est essentiel que les établissements d’enseignement rouvrent leurs portes de manière ordonnée, conformément à un certain nombre de conditions préalables, a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

« La coordination internationale, fondée sur le partage des expériences et la satisfaction des besoins exprimés par les pays, est essentielle pour relever ces immenses défis », a-t-elle ajouté.

En Chine et au Japon, entre 30 et 40 % des écoles ont rouvert leurs portes. Certains pays nordiques, dont le Danemark et la Norvège, ont ouvert des écoles primaires.

À Madagascar, les élèves qui étudient en vue de l’obtention de leur diplôme de fin d’études secondaires sont retournés en classe. Les écoles de la plupart des pays insulaires du Pacifique ont également rouvert leurs portes.

La préparation du retour à l’école est une priorité croissante pour la Coalition mondiale pour l’éducation, de même que le soutien à l’enseignement à distance. Une stratégie bien organisée de réouverture des écoles est essentielle pour aider à prévenir les abandons et l’aggravation des inégalités dues aux fermetures d’écoles liées au Covid-19 estime l’UNESCO.

Réouverture vitale pour les filles

La réouverture des écoles « est vitale pour les groupes vulnérables, en particulier les filles, car les écoles contribuent à protéger contre la violence et les inégalités », a fait valoir Audrey Azoulay.

Pour aider les pays à identifier les conditions nécessaires et à gérer la réouverture des établissements d’enseignement, l’UNESCO a lancé une vaste consultation mondiale.

La réouverture des écoles « est vitale pour les groupes vulnérables, en particulier les filles, car les écoles contribuent à protéger contre la violence et les inégalités – Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO

Le 24 avril, 500 participants ont pris part au sixième webinaire organisé par l’UNESCO dans le cadre de sa réponse éducative au Covid-19. Ciblant les ministères de l’éducation, la société civile et les éducateurs, le webinaire s’est concentré sur les stratégies efficaces pour ramener les apprenants à l’école, et sur le partage des leçons tirées des crises passées.

Les principales préoccupations soulevées concernaient la santé, la sécurité et le bien-être des étudiants et de la communauté éducative. Les participants ont également partagé des informations sur des questions clés telles que le calendrier, les conditions et les processus de réouverture des écoles.

Le 29 avril, l’UNESCO a convoqué une réunion en ligne de 13 ministres de l’éducation de pays touchés par la pandémie de Covid-19 pour discuter de la réouverture des écoles. Les ministres qui se sont exprimés ont souligné que la réouverture des écoles était essentielle pour prévenir l’aggravation des inégalités, garantir la qualité de l’enseignement et protéger le bien-être psychosocial des élèves.

Bien que les délais varient en fonction de la progression de la pandémie dans chaque pays, plusieurs États ont déjà établi des plans provisoires pour rouvrir progressivement les établissements d’enseignement. Là encore, la santé et la sécurité des élèves, des enseignants et des familles constituent la principale préoccupation.

En outre, les programmes devront peut-être être révisés, avec des cours de rattrapage pour les élèves les plus touchés. Les bâtiments scolaires devront peut-être aussi être adaptés, et les mesures d’hygiène et autres mesures préventives renforcées.

Selon les chiffres les plus récents publiés par l’UNESCO, sur les 195 pays qui avaient fermé des écoles en avril, 128 n’ont pas encore annoncé de plan pour leur réouverture.

Nouvelles directives pour la réouverture

Dans ce contexte, la Coalition mondiale pour l’éducation a publié jeudi de nouvelles directives pour aider les gouvernements à prendre des décisions sur la réouverture en toute sécurité des écoles.

Lancée en mars par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Banque mondiale, la Coalition s’efforce de favoriser les possibilités d’apprentissage inclusives.

« L’augmentation des inégalités, les mauvais résultats en matière de santé, la violence, le travail des enfants et le mariage des enfants ne sont que quelques-unes des menaces à long terme pour les enfants qui ne vont pas à l’école », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore.

« Si nous ne donnons pas la priorité à la réouverture des écoles – quand il n’y a pas de danger à le faire – nous allons probablement assister à un renversement dévastateur des acquis en matière d’éducation ».

En effet, les effets négatifs des fermetures d’écoles sur la sécurité et l’apprentissage des enfants sont bien documentés.

Des millions d’enfants dépendent des écoles pour leur alimentation

Dans les pays les plus pauvres, les enfants dépendent souvent de l’école pour leur seul repas de la journée. David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, a expliqué qu’avec la fermeture de nombreuses écoles, 370 millions d’enfants sont privés de ces repas, ainsi que du soutien sanitaire dont ils bénéficient normalement.

« Lorsque les écoles rouvrent, il est essentiel que ces programmes de repas et les services de santé soient rétablis », a-t-il déclaré.

Les agences exhortent les gouvernements à évaluer les avantages de l’enseignement en classe par rapport à l’apprentissage à distance, ainsi que les facteurs de risque liés à la réouverture des écoles. Dans ces calculs, ils notent les preuves peu concluantes concernant les risques d’infection liés à la fréquentation scolaire.

Bien que cela soit loin d’être simple, la décision de savoir quand et comment rouvrir les écoles devrait être une priorité.

« Une fois que le feu vert aura été donné sur le front de la santé, il faudra mettre en place tout un ensemble de mesures pour s’assurer qu’aucun élève ne soit laissé pour compte », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay.

Les lignes directrices fournissent des conseils complets aux gouvernements et aux partenaires pour faciliter la réouverture, a-t-elle fait valoir.

« Nous partageons un même objectif : protéger et faire progresser le droit à l’éducation pour chaque apprenant », a-t-elle souligné.

En termes de politique, les lignes directrices recommandent de mettre en place des directives claires pour l’ouverture et la fermeture des écoles en cas d’urgence de santé publique. Il est également important d’étendre l’accès équitable aux enfants marginalisés et non scolarisés, ainsi que de normaliser les pratiques d’apprentissage à distance.

Elles recommandent également d’aborder l’impact du Covid-19 sur l’éducation et d’investir dans les systèmes éducatifs pour stimuler la reprise et la résilience.

Du savon et de l’eau

Dans le domaine de la sécurité, ils conseillent de s’assurer que les conditions sont en place pour réduire la transmission des maladies et promouvoir un comportement sain. Cela inclut l’accès au savon et à l’eau propre pour un lavage des mains sûr et des protocoles sur la distanciation sociale.

Les pratiques qui compensent le temps d’instruction perdu, renforcent les méthodes d’enseignement qui fonctionnent et s’appuient sur des modèles d’apprentissage hybrides sont également couvertes, tout comme les moyens de garantir le bien-être et la protection des élèves, notamment par la fourniture de services scolaires essentiels tels que les soins de santé.

Pour gérer les réouvertures, les écoles devront être préparées sur le plan logistique avec un personnel enseignant prêt – Jaime Saavedra, directeur mondial de l’éducation à la Banque mondiale

Tout au long de ces lignes directrices, la priorité est donnée aux plus marginalisés. Elles expliquent comment étendre les politiques et les pratiques d’ouverture des écoles à ceux qui en sont souvent exclus – en particulier les enfants déplacés et migrants – en mettant à disposition des communications critiques dans les langues appropriées et dans des formats accessibles.

« Une fois que les écoles commencent à rouvrir, la priorité est de réintégrer les élèves dans le milieu scolaire en toute sécurité et de manière à permettre la reprise de l’apprentissage », a déclaré Jaime Saavedra, directeur mondial de l’éducation à la Banque mondiale.

« Pour gérer les réouvertures, les écoles devront être préparées sur le plan logistique avec un personnel enseignant prêt », a-t-il déclaré. Cela inclut des plans visant spécifiquement à soutenir la reprise de l’apprentissage des élèves les plus défavorisés.

En fin de compte, les écoles doivent examiner comment elles peuvent « mieux rouvrir ». Les agences affirment que l’intérêt supérieur des enfants et les considérations générales de santé publique – basées sur une évaluation des avantages et des risques associés à l’éducation, à la santé publique et aux facteurs socio-économiques – doivent être au centre de ces décisions.

SOURCE Centre d’actualités de l’ONU



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