(Dossier orthographe) Les éléments à observer

0
399

(suite du dossier…)

Les causes des difficultés : un large éventail de possibilités

Les problèmes d’apprentissage en orthographe apparaissent plus variés que l’on pourrait le croire. Ils ne sont pas simplement un défaut de mémorisation et une méthode de travail inadéquate.

Selon l’article Réussir une dictée, plusieurs éléments peuvent se situer à la base des erreurs d’orthographe qui surviennent pendant une dictée ou lors de l’écriture d’un texte. En voici une liste, pour laquelle vous trouverez des exemples dans l’article précité. Comme vous le verrez, de nombreuses causes sont orientées vers l’attitude ou les habiletés de base de l’élève, et non uniquement sur la connaissance de l’orthographe. En observant les jeunes qui vous entourent, vous serez probablement à même d’identifier les principales sources de difficultés parmi celles-ci.

Problèmes de concentration : la concentration est essentielle pour que l’enfant puisse rédiger convenablement, sans quoi il risque, par exemple, d’oublier des mots ou des lettres. En apprenant à mieux se concentrer, il pourra augmenter ses chances de réussir. Divers exercices que vous pouvez faire à même votre TBI / TNI, comme la cohérence cardiaque (qui a aussi un impact sur la détente et la gestion des émotions et de l’anxiété) pourront aider l’enfant (projetez simplement cette vidéo en classe, ou toute autre de votre choix).

Problème de mémorisation : les stratégies mnémotechniques ne sont pas innées. Si certains élèves font preuve de créativité pour solliciter leur mémoire, d’autres ne savent tout simplement pas comment la mettre en branle. Consultez la section Comment apprendre pour longtemps en s’amusant? de ce dossier pour découvrir diverses techniques de mémorisation.

Pensée inadaptée : l’enfant imagine le concept, mais non le mot. Par exemple, il voit un éléphant gris dans sa tête, mais pas le mot « éléphant » en tant que tel. Il devient alors difficile pour lui de l’écrire.

Problème de compréhension du texte ou du mot : Un mot qui n’est pas bien compris ou défini aura moins de chance d’être bien orthographié. Il importe donc, entre autres lors des dictées, que le choix des phrases et des mots fassent du sens pour l’élève. Les astuces d’Allô prof vont aussi en ce sens.

Absence de correction des erreurs : certains jeunes n’ont tout simplement aucune stratégie de révision, ou du moins, ils ne savent pas les mettre en œuvre.

Défaut de stratégies reliées à la nature des mots. La compréhension de la nature des mots est au centre de la rédaction. En outre, un enfant qui ne fait pas d’inférence en voyant un déterminant au pluriel et le nom qu’il détermine s’exposera à une erreur d’accord. Pour ce type de problématique, un outil tel que celui-ci peut s’avérer salutaire. Cette méthode propose simplement d’identifier systématiquement les déterminants, les noms (communs ou propres), les adjectifs et les verbes, de même que le point et la majuscule. Il suffira ensuite de se poser les questions qui y sont associées (Ex. : « Qui est-ce qui? » pour trouver le sujet du verbe). Par ailleurs, pour bien distinguer les diverses classes de mots, cet aide-mémoire s’avère une ressource de choix.

Problème de réflexion : souvent, les enfants connaissent bien les diverses règles, sans toutefois être en mesure de les appliquer.

Stress et fausses croyances : pernicieuses, les perceptions négatives de l’enfant quant à ses compétences de rédaction influencent les résultats obtenus. Le jeune se met alors une pression inutile sur les épaules et croit qu’il n’est pas capable de bien écrire. Il devient ardu, dans un tel cas, d’agir autrement qu’en fonction de ces croyances.

À partir de cette liste, il apparaît important de tenter de cibler à quel niveau le ou les manques de l’élève se situent, ce qui permettra une meilleure intervention. Comme vous l’avez constaté, l’orthographe n’est parfois pas directement en cause.

Cet autre article offre un tableau de typologie des erreurs orthographiques reliées au résultat et non à l’attitude de l’élève. Pour l’orthographe des mots, on distinguera ainsi les erreurs de sons (l’élève a utilisé un phonème qui ne correspond pas au bon son, ex. : gitare et non guitare) de même que les erreurs de dictionnaire (la prononciation est conforme, mais le choix de phonème ne correspond pas, ex. : demender plutôt que demander).

Quel que soit le type d’erreurs que vous cherchez à identifier, il peut s’avérer intéressant d’utiliser ou de créer des outils diagnostiques simples. Certains, comme celui-ci, comportent une dictée trouée et un tableau de référence des règles non maîtrisées. Celui-ci comprend quant à lui une dictée, des images à décrire et un court texte à produire (tous deux pour le 2e cycle du primaire). Chacun peut être très utile afin de porter un regard sur les habiletés orthographiques des élèves, et vous pouvez évidemment ajuster ce type d’outils au niveau scolaire dans lequel vous enseignez.

 

Tenir compte des variétés d’intelligences

À la base, selon leur(s) type(s) d’intelligence(s), les enfants auront avantage à recourir à certaines méthodes plutôt que d’autres.

Entre autres, les intelligences multiples de Howard Gardner semblent intéressantes à mettre en pratique. Les enfants qui possèdent une intelligence musicale, par exemple, pourront chanter pour apprendre leur mot ou taper dans leurs mains afin d’indiquer le nombre de lettres ou de syllabes qui composent un mot. Ceux que l’on caractérise selon leur nature spatio-temporelle pourront bouger en étudiant, etc.

Évidemment, la distinction de base « visuel / auditif / kinésthésique » s’avère un incontournable lorsque vient le temps de choisir des stratégies. Cette méthode permet d’allier ces trois types d’approches à la fois. Les enfants prendront le mot en photo dans leur tête, ils en traceront la silhouette, taperont des mots pour identifier les syllabes, épelleront, identifieront les difficultés à l’aide de symboles ou de dessins, puis écriront le mot dans l’espace, et ce, à la fois les yeux fermés et sur une feuille ou un tableau.

Sur ce site fort complet, Le monde du 2e cycle, on a regroupé une foule de méthodes et d’outils, dont des stratégies élaborées selon les précédentes catégories :

Stratégies visuelles : mettre en évidence les difficultés de manière visuelle, que ce soit par l’ajout de couleur, de symboles, de surlignage… Pour ce faire, vous pourriez d’ailleurs utiliser un logiciel de dessin (certains sont libres et très amusants pour les enfants, comme TuxPaint). Vous pourriez imprimer ces mots créatifs dans un cartable, mais aussi déposer le tout sur votre site Web de classe afin que les élèves puissent étudier à partir de ces listes imagées (regroupées au besoin sous forme de diaporama).

Stratégies auditives : épeler les mots à toutes les sauces, que ce soit à l’aide de comptines, en chantant, en tapant des mains, en modifiant l’intonation, etc. Dans ce cadre, on pourra effectuer des enregistrements sonores de chansons où l’on épelle les mots (avec Audacity, entre autres) ou même créer un abécédaire chanté comme celui-ci.

Stratégies kinesthésiques : ici, le corps est mis à profit de maintes manières, que ce soit en bougeant entièrement ou en écrivant d’une autre manière (avec du matériel varié, des pièces, des textures…) En outre, on pourrait se servir des TIC pour filmer de petites chorégraphies où les enfants personnifieront les syllabes des mots à l’étude ou les feront bouger, comme dans cette Danse des mots, etc.

Bref, une panoplie de stratégies existe : il y en a de tout acabit. La prochaine section du dossier vous en présentera plusieurs, que vous pourrez adapter aux besoins, à la personnalité et aux intérêts de vos élèves.

 

Table des matières du dossier

Introduction

Les éléments à observer
– Les causes des difficultés : un large éventail de possibilités
– Tenir compte des variétés d’intelligences

Orthographe : comment apprendre pour longtemps en s’amusant
– La perception des mots
– La compréhension des mots
– Le ressenti des mots

Réinventer les méthodes traditionnelles
– L’étude en étapes
– La dictée sous toutes ses formes

Constituer la liste d’étude
– Et le choix des mots dans tout cela?
– Combien de mots doit-on proposer chaque semaine?

Le meilleur des TIC à la rescousse