La mémorisation, une stratégie d’étude en voie de disparation?

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Les nouveaux outils en ligne changent graduellement notre rapport à la mémoire et à son utilité. Est-il encore pertinent de faire mémoriser du contenu aux élèves?

Un aspect toujours important en éducation est la mémorisation. Même si la taxonomie révisée de Bloom met beaucoup d’emphase sur la créativité, la mémoire est toujours une partie importante de nos approches. Plusieurs enseignants continuent et vont continuer à faire des examens où cet élément est au cœur des stratégies d’étude que l’élève doit utiliser.

Qu’en est-il de cet aspect lorsqu’on a accès à des outils comme Google? Comment préparer nos élèves à cette réalité où Internet est tranquillement en train de devenir un assistant personnel (Web sémantique)? La question mérite d’être posée. Dans l’article How Google Is Changing Your Memory, paru le 22 janvier sur le blogue Edudemic, Katie Lepi explique que les nouveaux outils en ligne, comme ceux de Google, changent graduellement notre rapport à la mémoire et à son utilité.

Voici les grandes lignes de cet article.

Google offre des services qui sont une extension du savoir

  • Google Calendrier mémorise les rendez-vous et offre même des rappels;
  • Google Disque (Drive) range tous les documents en un seul endroit sans qu’on ait à se soucier de leur sauvegarde;
  • Google Recherche permet de chercher tout ce qu’on veut en quelques clics;
  • Google Analytics analyse le trafic de sites Web et permet de les optimiser;
  • Google Maps permet de trouver son chemin sans avoir besoin de le mémoriser.

Avant et après Google
Avant l’accès généralisé à Internet, il fallait se servir de ses jambes pour trouver de l’information. En plus de mettre plus de temps à chercher, il fallait se déplacer pour le faire, par exemple en allant à la bibliothèque. L’effort nécessaire poussait à mémoriser l’information ou à la noter. Maintenant, pour obtenir une nouvelle information, il suffit  d’aller la chercher, souvent directement sur le téléphone intelligent, sans quitter les lieux. Cette immense facilité de recherche incite à laisser tomber la mémorisation. Pourquoi mémoriser quelque chose si on peut le retrouver en moins d’une minute?

Tout ceci a des conséquences énormes sur la perception qu’ont nos élèves de l’information. Leur faire mémoriser du contenu est-il toujours pertinent? Serait-il plus approprié de les éduquer à une saine utilisation de l’Internet?

N’hésitez pas à donner votre opinion sur la question grâce au formulaire de commentaires qui suit.

3 COMMENTAIRES

  1. Salut,
    Je crois que vous parler de l’apprentissage sous les vertus des Tics …Mais comment un eleve ex: de Medecine ,pourrait -il préparer ses examens sans la mémorisation ….

  2. Très intéressant de soulever la question, Sébastien! 🙂 Selon moi, il importe grandement d’enseigner les stratégies d’exploitation de ces nombreux outils disponibles, mais l’on doit poursuivre l’enseignement (à la maison comme à l’école) des trucs mnémoniques essentiels pour faire travailler la mémoire, véritable muscle cognitif! Les enfants doivent « apprendre à mémoriser » et à se fier à eux-mêmes avant tout, surtout avant de se fier uniquement à des appareils. Je vois, personnellement, ces derniers comme étant des supports que j’utilise en cas de besoin (même si cela est fait quotidiennement). Certes, dans plusieurs situations, les nouvelles technologies et services disponibles via les apps nous facilitent la vie grandement, mais elles peuvent aussi nous nuire! Il m’est arrivé quelques fois de rater un rendez-vous que j’étais pourtant certaine d’avoir noté dans l’iCal de mon iPhone! Les auto-correcteurs intégrés peuvent aussi mener l’élève vers la mauvaise réponse. Ils doivent apprendre à vérifier les informations (se déplacer pour aller voir dans un livre ou dico, oui!) et avoir appris, une bonne partie de leur jeunesse, à mémoriser des mots de vocabulaire…

    Bref, se fier entièrement à des apps ou « services d’extension du savoir » peut nous jouer de mauvais tours… 😉 Il s’agit d’apprendre à jongler habilement entre « savoir mémoriser » et « savoir exploiter les outils qui le font pour nous ».

  3. Que feront les jeunes lorsqu’il y aura panne généralisée d’électricité et qu’un engin/mécanisme quelconque devra être réparé maintenant…

    Que fera une personne pour différencier le vrai du faux, la mésinformation est de plus en plus présente dans tout et pour tout…

    Avec les ‘app’ de tous genres, les élèves, les enfants, voire même les parents, les citoyens ne seront plus capables de penser et de s’exprimer parce qu’ils ne se souviendront plus de leur vocabulaire…

    De fait avec les lunettes GOOGLE elles vous dicteront ce que vous devrez dire… plus besoin de réfléchir, plus besoin de mémoriser vous avez simplement a être un maître dans l’art de faire semblant, dans le bien paraître…

    Finalement, la plainte que les élèves nous adressent, en rouspétant qu’ils/elles ne sont pas des cruches à remplir et à régurgiter un savoir en temps et lieu… c’est directement à cela que les différentes technologies informatiques les mènent et ils ne semblent point s’en méfier du tout cuit et tout prêt à porter sans effort ou cent efforts…lequel monsieur est le bon?

    Un enseignant observant la dérive et un citoyen observant l’installation progressive du scénario sorti tout droit du: Le meilleur des Mondes ou encore 1984

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