Le tableau blanc interactif : L’essayer, c’est l’adopter

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Le 4 février dernier, Ghislain Samson et Sonia Lefebvre, professeurs à l’UQTR, ont présenté le bilan de leur recherche portant sur les impacts de l’utilisation du tableau blanc interactif. Quelles sont les pratiques pédagogiques des enseignants du primaire et du secondaire qui l’intègrent à leur pédagogie? C’est ce que leur étude voulait détailler.

Dolbeau-Mistassini – « Dès que je me suis servie de l’Activboard, je l’ai complètement adopté. Fini le tableau traditionnel! Pour capter l’attention des élèves, il n’y a rien de mieux, car les enfants sont à l’affût du moindre changement », soutient Aline Ménard, enseignante de première année à l’école Notre-Dame-des-Anges de Dolbeau-Mistassini (Commission scolaire du Pays-des-Bleuets).

Elle a eu ses premiers contacts avec le tableau blanc interactif en janvier 2009. Pour l’instant, dans son école, deux tableaux sont en rotation dans les classes (environ trois semaines à la fois). « Je pense que ce n’est pas l’idéal. Pour voir les bénéfices du tableau, il devrait être dans une classe beaucoup plus longtemps. Lorsque le tableau est parti, la déception de mes élèves était à la hauteur de la mienne. Que c’est plate un tableau vert », dit-elle.

Néanmoins, elle a eu la possibilité de se familiariser avec les différentes fonctions du tableau. Elle a consulté les sites de De Marque, revendeur du tableau pour le Canada francophone (et éditeur de l’Infobourg), et de Promethean, fabricant du tableau, pour y trouver des exemples, des tutoriels, des guides d’utilisateur, etc.

« Sur ces sites, tout est mis en oeuvre pour aider concrètement le nouvel utilisateur. Bien sûr, il faut ajouter quelques petits efforts personnels, mais je dois dire qu’en suivant toutes les directives il devient facile de se servir d’un Activboard. » Mme Ménard espère néanmoins suivre une formation pour découvrir les fonctions plus avancées.

Branché directement à un ordinateur et à un projecteur, le tableau blanc interactif est un écran d’ordinateur géant sur lequel l’enseignant agit à l’aide d’un stylet qui reproduit les actions d’une souris et permet d’écrire comme sur un tableau de classe régulier, mais avec toutes les fonctionnalités de l’ordinateur en prime, accès à Internet inclus.

Dans sa classe, le changement est là. « L’attention des élèves relève d’un cran dès que j’allume le tableau. Ils veulent aller au tableau, travailler, utiliser les fonctions de base. Les enfants trouvent cela facile de se servir du tableau. D’instinct, ils ne craignent pas d’essayer les différentes fonctions que le tableau offre. J’ai cru qu’ils me montreraient des choses et j’ai eu raison de leur faire confiance. »

Ses élèves apprécient particulièrement la précision du tableau. « Avant, quand les enfants avaient à faire une suite, ils dessinaient leurs blocs avec plus ou moins de succès. Maintenant, ils s’appliquent à faire les formes en se servant des outils. Les cercles sont enfin ronds. »

Elle croit d’ailleurs qu’en mathématique, « c’est l’outil idéal pour rendre concrètes certaines notions par des actions visibles. Je pense en particulier aux déplacements ».

Ces élèves se servent aussi de l’Activslate, une tablette graphique qui leur permet de travailler au tableau sans avoir à se déplacer de leur bureau. « Les mots ou images qui sont dans le haut du tableau sont désormais à leur portée grâce à elle. » Personnellement, elle l’utilise également pour corriger le travail d’un élève au tableau ou écrire sans être continuellement en avant de la classe.

Par ailleurs, elle adore la fonction « enregistrer ». « On peut écrire pendant des pages et des pages et enregistrer le tout pour y revenir plus tard. C’est un plaisir de reprendre une explication d’il y a trois jours, de pouvoir l’améliorer sans être obligé de tout refaire. J’ajoute des explications supplémentaires plutôt que de repartir de zéro. »

Elle crée du matériel de base qu’elle utilise dans ses cours. Elle utilise aussi beaucoup Internet pour trouver des lectures à faire en grand groupe. Par exemple, elle a utilisé le blogue de la nièce d’une collègue. Celle-ci était en voyage en Namibie et y racontait son voyage. Ces récits devenaient la lecture du jour. « Nous nous sommes beaucoup servis de la fonction annotation pour surligner les mots difficiles et avons pris le temps de les relire et les expliquer. Je pouvais consacrer facilement 60-75 minutes à cette activité », dit-elle.

Justement, si elle a quelque chose à reprocher au tableau, c’est bien le peu de matériel numérique disponible pour utilisation. Mme Ménard le déplore : « Actuellement, il faut numériser page par page nos manuels, si on veut les utiliser au tableau. Autrement, il faut créer notre propre matériel ou utiliser ce qu’on trouve ici et là sur Internet. »

Malgré tout, le tableau ne la déçoit pas. « J’en suis une « fan » inconditionnelle depuis le premier instant. En enseignement, le fond (la matière) restera toujours le même; ce qu’on peut changer c’est la forme, l’emballage. L’Activboard est actuellement le meilleur outil pour cela. »

Par Martine Rioux

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Martine Rioux
Martine a été rédactrice en chef d'Infobourg.com (le premier nom du site de l'École branchée) pendant plusieurs années. Elle est aujourd'hui conseillère en communication pour l'organisme Québec numérique.