Qu’osse ça donne ?

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« Qu’osse ça donne? », comme dirait Yvon Deschamps. La question est légitime. Savoir pourquoi ont fait quelque chose est assurément plus stimulant. Découvrir que son travail sera aussi utile à toute sa communauté, voire au reste du monde, voilà qui est hautement motivant.

Culture à l’écoute

C’est d’ailleurs l’ambition derrière le projet Culture à l’écoute, du Récit. « En fin de parcours, il sera possible de produire un circuit touristique afin d’inviter les touristes à venir visiter le Québec », note-t-on. Pour y parvenir, des classes de toute la province mettent l’épaule à la roue. Elles sont ainsi invitées à créer des baladodiffusions qui sont ensuite regroupées sur un même site. Les élèves doivent faire découvrir au reste du monde leur environnement culturel immédiat. Pourquoi ne pas aussi découvrir le Québec en écoutant les productions des autres par la suite?

Selon qu’on enregistre sur un appareil mobile ou un ordinateur, plusieurs logiciels peuvent être utilisés. Tous les détails pour participer à ce grand chantier pédagogique et touristique sont mentionnés sur le site du projet.

Application touristique

Un autre projet technopédagogique touristique a aussi vu le jour en 2011 : la création d’une application touristique pour la ville de Dundas, en Ontario. Le projet, qui a remporté le prix Ken Spencer, est toutefois beaucoup plus complexe. La classe de 6e année de Heidi Siwak  a travaillé en collaboration avec des programmeurs Web d’Australie et de Finlande et d’une artiste des médias électroniques de New York. « Dès le départ, les élèves se sont aperçus que ce projet était différent et s’y sont engagés à fond. Ils avaient de véritables destinataires, mais ont pris conscience que leur travail serait rejeté s’il n’était pas conforme aux normes d’Apple. Intrinsèquement motivés, les élèves ont développé leur sens de l’éthique professionnelle, manifesté la capacité de prendre des décisions difficiles et entrepris de réaliser un travail de grande qualité », témoigne l’enseignante. Les enfants ont travaillé en temps réel avec les experts grâce à un blogue, à Twitter, à Skype, à un wiki et au courriel.

Des jeux éducatifs

Une autre initiative dont la qualité a été soulignée par l’organisation des prix Ken Spencer est la création de huit applications de jeux éducatifs par des élèves de 3e et 10e année de la Mother Teresa Catholic High School. Les jeux ont été créés en fonction du curriculum de 3e année. Ainsi, les plus jeunes étaient les « experts » de la matière tandis que les plus âgés étaient les « pros » de la programmation. Il leur a fallu plusieurs mois pour « livrer la marchandise »! « Il a fallu une semaine pour créer des choses comme un simple bouton, avec maints débats et discussions sur sa taille, son aspect et ce qui arrivait quand on le touchait », mentionne l’enseignant. Mais les jeunes ne se sont pas découragés. « On dit souvent aux enseignants que l’apprentissage devrait être collaboratif, en groupe, basé sur des projets et axé sur des résultats dans le monde réel. Le problème, c’est que les classes n’ont habituellement qu’un enseignant comme “client”. En ayant des vrais clients, de vraies dates d’échéance et une évaluation des résultats par un tiers indépendant, tout peut changer. »

Pour trouver d’autres idées inspirantes, vous pouvez aussi consulter la liste des autres projets récipiendaires des prix Ken Spencer.

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Nathalie est journaliste. Ses thèmes de prédilection sont la famille, l’éducation, la santé, la consommation, l’environnement et les phénomènes sociaux. Elle collabore notamment au journal La Presse.