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Misères et grandeurs des cours gratuits en ligne (MOOC)

Depuis les cinq dernières années, les MOOC (massive open online courses, des cours en ligne totalement gratuits) font beaucoup parler d’eux. Si certains y ont vu un concept révolutionnaire risquant de révolutionner l’éducation, d’autres sont demeurés sceptiques face à cette tendance. Après leurs premières années d’utilisation, où en est-on?

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Depuis les cinq dernières années, les MOOC (massive open online courses, des cours en ligne totalement gratuits) font beaucoup parler d’eux. Si certains y ont vu un concept révolutionnaire risquant de révolutionner l’éducation, d’autres sont demeurés sceptiques face à cette tendance. Après leurs premières années d’utilisation, où en est-on?

L’auteur d’un article paru dans le New York Times le 29 octobre dernier a recensé les principales lacunes des MOOC.

L’une des premières lacunes mentionnées par l’auteur concerne la fréquentation et les utilisateurs des MOOC. Au départ, ces cours se voulaient des agents de démocratisation du savoir et de l’apprentissage. Les concepteurs et les théoriciens voyaient en eux la possibilité, pour tout apprenant et peu importe son lieu géographique, son statut socioéconomique et sa scolarité, de s’instruire gratuitement en fonction de ses intérêts. Or, il semblerait que la très grande majorité des utilisateurs des MOOC, soit huit utilisateurs sur dix, possèdent déjà un diplôme universitaire. Ils seraient donc utilisés non pas comme une façon formelle d’apprendre, mais plutôt comme une simple forme d’éducation continue auprès des diplômés.

Une autre lacune concernerait les taux de réussite et de persévérance. Malgré leur popularité parfois impressionnante en termes d’inscriptions, il semblerait que peu d’étudiants complètent réellement leurs cours et que peu les réussissent. Cela confirmerait que les MOOC sont essentiellement utilisés à des fins d’éducation continue.

L’article soulève aussi que la popularité des MOOC a amené plusieurs enseignants à en développer. Or, certains d’entre eux n’ont pas nécessairement d’expérience en développement de matériel didactique destiné à la formation en ligne ou par module, ce qui fait en sorte que plusieurs MOOC ont été développés en se basant sur des approches d’apprentissage traditionnel destinées au présentiel.

Il reste que des intervenants impliqués directement dans le développement des MOOC y voient toujours des possibilités intéressantes. En créant du matériel d’apprentissage supplémentaire, ils fournissent à la communauté des occasions d’apprentissage informel intéressant et pertinent. Et si seulement environ un étudiant sur dix complète le MOOC auquel il s’est inscrit, cela ne signifierait pas nécessairement que les neuf autres n’ont rien appris. Ils peuvent avoir appris ce qu’ils visaient à apprendre et avoir interrompu le cours lorsqu’ils n’en ressentaient plus le besoin.

Pour continuer à se développer, les MOOC devront trouver leur voie. Des interrogations relatives à la pertinence, aux taux de persévérance et de réussite, aux coûts de production devront être soulevées.

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À propos de l'auteur

Dominic Leblanc
Dominic Leblanc
Diplômé en sociologie, Dominic Leblanc est conseiller pédagogique au Service des programmes et du développement pédagogique du Cégep régional de Lanaudière à L'Assomption.

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