L'École branchée, un organisme à but non lucratif
ANNONCE
0,00 $

Votre panier est vide.

Les cours d’informatique au début du primaire : pour ou contre?

Voilà la question posés récemment aux membres de l’International Society for Technology in Education (ISTE). Les résultats vous surprennent-ils? Qu’auriez-vous répondu?

Publié le :

Classé dans :
ANNONCE

Voilà la question posés récemment aux membres de l’International Society for Technology in Education (ISTE). Les résultats vous surprennent-ils? Qu’auriez-vous répondu?

L’article qui rapporte les principaux arguments positionne à la fois le pour et le contre. L’objet de la question concerne l’école élémentaire, c’est-à-dire de la 1ère à la 5e année (ou, pour nos lecteurs Français, du CP au CM2). À la fin, un diagramme circulaire montre que 390 répondants ont dit Oui, et 62 ont dit Non.

Voici un résumé ainsi qu’une traduction libre de l’article.

 

Absolument!

Du côté « pour », les arguments reviennent tout d’abord sur la préparation au monde du travail. Pas pour un emploi comme programmeur, explique Pat Yongpradit, directeur de l’éducation pour Code.org, mais pour des emplois qui nécessiteront de connaître les possibilités de l’informatique, peu importe l’industrie. Mais au-delà des questions d’emploi, ces cours aideraient le développement de la capacité de raisonnement, formant des apprenants et de futurs citoyens proactifs dans un monde où tout est de plus en plus influencé par le numérique.

Ceci dit, par « cours d’informatique », il ne faut pas se limiter, selon M. Yongpradit, à la maîtrise du clavier et de la souris, et surtout ne pas bloquer de sites Web pour créer un environnement « sûr », mais fermé. On parle plutôt d’introduction au code, d’expériences avec l’application Scratch Jr, par exemple, des tutoriels ainsi que des activités réalisées sans l’ordinateur, qui permettent d’en saisir les rouages de différentes façons. L’apprentissage de la programmation permettrait, selon lui, de développer des habiletés cognitives comme la créativité, la collaboration, la persistance et l’abstraction.

Et qu’en est-il de la place que prendrait un tel cours dans le curriculum actuel? Selon Pat Yongpradit, c’est le lien qui unit les matières; en effet, il estime que le temps qu’on y consacrerait ne serait pas au détriment d’une autre matière, mais qu’il s’intégrerait à toutes.

L’apprentissage de l’informatique et du code est le lien qui unit les matières; le temps qu’on y consacre n’est pas au détriment d’une autre matière, il s’intègre à toutes.

 

Ce n’est pas la mission de l’élémentaire

Du côté « contre », bien qu’elle soit d’accord avec le fait que l’apprentissage d’outils de collaboration, de communication, de création et même de programmation aurait beaucoup de valeur dans tout le curriculum, Beth Schwartze, coordonatrice des technologies et enseignante d’informatique au niveau moyen (5e année à 2e secondaire) dans une école du Missouri, estime plutôt que les besoins les plus fondamentaux des jeunes se situent au niveau de la langue et des mathématiques, et que c’est ce sur quoi l’école élémentaire devrait se concentrer. Elle préconise d’attendre la fin du primaire avant d’introduire l’informatique.

En plus du temps qui fait défaut dans l’horaire, elle rappelle que le financement est un important défi si on veut fournir des appareils adéquats à tous les élèves. Il faut donc faire des choix. Les apprentissages fondamentaux sont, selon elle, la responsabilité de l’école élémentaire, alors que l’ingénierie, les mathématiques avancées et la communication globale sont plutôt le lot de l’éducation supérieure.

Mme Schwartze ne dit pas que les jeunes ne peuvent apprendre à programmer, mais que c’est bien au-delà ce que la plupart des écoles et leurs élèves peuvent accomplir. De plus, elle croit que pousser les jeunes de cet âge vers des concepts aussi abstraits se situe au-delà de leur niveau de développement et que cela ne les préparera pas mieux à vivre dans ce 21e siècle qu’ils ne le sont déjà.

Enfin, elle rappelle que oui, l’informatique est essentielle dans l’éducation des jeunes, mais qu’elle n’est pas tout. Elle déplore le fait qu’on traite souvent l’ordinateur et les autres technologies comme une « matière » plutôt que comme le puissant outil qu’ils sont pour enseigner les habiletés appropriées à chaque niveau scolaire.

On traite souvent les technologies comme une « matière » plutôt que comme les puissants outils qu’ils sont pour enseigner les habiletés appropriées à chaque niveau scolaire.

Et vous, quelle est votre opinion?

À propos de l'auteur

Audrey Miller
Audrey Millerhttps://ecolebranchee.com
Directrice générale de l'École branchée, Audrey détient une formation universitaire de 2e cycle en technologies éducatives et un baccalauréat en communication publique. Membre de l'Ordre de l'Excellence en éducation du Québec, elle s'intéresse particulièrement au développement professionnel des enseignants, à l'information à l'ère du numérique et à l'éducation aux médias, tout en s'activant à créer des ponts entre les acteurs de l'écosystème éducatif depuis 1999. Elle s'implique cette année notamment dans l'Association Edteq et en tant que membre du comité d'orientation stratégique de l'ACELF.

Vos commentaires

Pour commenter ce sujet et y ajouter vos idées, nous vous invitons à nous suivre sur les réseaux sociaux. Tous les articles y sont publiés et il est aussi possible de commenter directement sur Facebook, Twitter ou LinkedIn.

Vous avez une nouvelle à nous communiquer ou souhaitez publier un témoignage?

Faites connaître votre projet pédagogique ou partagez vos idées via nos sections Opinion, Témoignages ou Communiqués! Voici comment faire!

Recevez l'infolettre Hebdo

Recevez l'Info #DevProf et l'Hebdo pour ne rien manquer des nouveautés de l'École branchée!


Ces textes pourraient aussi vous intéresser :

Petit guide pratique pour débuter avec la réalité virtuelle à l’école

Au milieu des années 2000, la réalité virtuelle (RV) s'annonçait comme une technologie qui allait révolutionner l’éducation. Bien qu'elle ne se soit pas déployé à grande échelle, elle demeure une technologie à fort potentiel pédagogique. Dans ce dossier, nous faisons le point sur les réelles possibilités de la RV dans un contexte scolaire, particulièrement au secondaire.

Balado Rencontres numériques – La réalité virtuelle

Dans cet épisode, Martine Rioux discute avec Harold Dumur de l'entreprise OVA. Il parle de l'importance de comprendre les technologies d'aujourd'hui pour créer celles de demain. Harold a fait partie de la deuxième cohorte du programme PROTIC dans les années 90. Il est convaincu que cela a fait une différence dans son cheminement professionnel par la suite.

Balado Rencontres numériques – La robotique

Dans ce balado, Alexandra Coutlée discute avec Jean-Michel Biron de Avior Produits intégrés. M. Biron présente les gains associés au projet d'automatisation de l'entreprise et fait le lien avec la robotique en contexte scolaire.

Robotique au primaire : tout pour démarrer du bon pied

Avec ce dossier, l'École branchée souhaite répondre aux préoccupations du personnel enseignant du primaire qui hésite encore à faire de la robotique pédagogique. Nous proposons des pistes de solutions pour se former et s’équiper et nous offrons des exemples concrets afin de soutenir la réalisation d’activités de robotique en classe.