Intégrer le numérique en classe en douceur : échange avec deux élèves

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Intégrer le numérique en classe en douceur : échange avec deux élèves

Le 8 novembre 2019 avait lieu la toute première Journée du numérique en éducation (JNÉ), organisée par le MEES, où près de 500 enseignants québécois ont pu grandir professionnellement en participant à des ateliers théoriques et pratiques.

La Journée du numérique en éducation (#JNEQC), dans les yeux d’élèves de 12 ans

Deux élèves ont participé activement à la première édition de la Journée du numérique en éducation (JNÉ), organisée par le MÉES le 8 novembre dernier. Qu’en ont-elles pensé?

L’impact de l’intelligence artificielle sur l’enseignement et le monde du travail

Le 12 novembre dernier, Stéphanie Lemieux a assisté à la conférence présentée par la Chaire publique AELIÉS, en collaboration avec l’Université Laval et ITIS. Cette soirée de réflexion portait sur la transformation du monde du travail et de l’enseignement par l’intelligence artificielle.

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Demain, les objets du futur

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Le 8 novembre 2019 avait lieu la toute première Journée du numérique en éducation (JNÉ), organisée par le MEES, où près de 500 enseignants québécois ont pu grandir professionnellement en participant à des ateliers théoriques et pratiques. 

par Stéphanie Lemieux
Directrice adjointe, École le Sommet (CSDPS)

Lors de cette journée, on a remarqué sur place la présence engagée de deux élèves de 12 ans, Alexanne Roberge et Héléna Dumont, fréquentant l’école Le Sommet, de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries. En 2014, l’école s’est lancée dans un virage numérique afin d’offrir un environnement technopédagogique au service de la réussite des élèves. 

En effet, les outils technologiques, dont les tablettes, seraient des outils d’apprentissage plus stimulants et concrets pour les élèves en plus de en favoriser l’accès à l’information. Leur utilisation accroît l’intérêt, favorise un meilleur suivi, rend les projets plus interactifs et augmenterait même de 43,2 % la motivation des jeunes lors de la réalisation d’une tâche (Karsenti, 2013).

La vision de deux jeunes de 12 ans

Suite à la JNÉ, j’ai rencontré les deux élèves pour leur poser quelques questions en lien avec leur vision de l’intégration du numérique dans les écoles. 

Quel conseil donneriez-vous à un enseignant qui souhaite se lancer avec le numérique? 

A- Je lui conseillerais de connaître l’application qu’il souhaite utiliser et ça ira bien! Au pire, il devrait oser demander de l’aide aux élèves s’il a des problèmes.

Et toi, tu aimes aider les enseignants?

A- Oui, beaucoup. Cela nous permet de nous exprimer et de montrer aux enseignants ce qu’on sait en matière de numérique. 

H- Quand les enseignants ne connaissent pas tout, moi j’aime leur montrer! En plus, ça m’aide moi aussi à mieux comprendre et mieux utiliser l’outil par la suite. 

. . .

La peur de ne pas tout connaître, maîtriser ou comprendre ne devraient pas être un frein à l’intégration du numérique en classe. Pour intégrer la technologie en classe, il n’est pas nécessaire d’être un expert de la technologie, mais bien de la pédagogie. Il s’agit de partir de ce que l’on vit en classe pour y ajouter de la technologie (lorsque c’est pertinent, bien entendu!). Tout ne doit pas être modifié, au contraire. Cependant, certains outils numériques  peuvent optimiser l’expérience d’apprentissage des élèves et peut-être même faciliter le quotidien de l’enseignant, par exemple en effectuant de la correction automatique, en permettant la rétroaction selon des modalités variées, en diversifiant les tâches pour atteindre un objectif précis, etc.

Adopter une posture d’apprenant en acceptant que tout ne soit pas parfait dès la première  tentative est une attitude à privilégier. De plus, en impliquant les élèves, ceux-ci se sentiront concernés et valorisés. 

Le processus réflexif comme moteur d’intégration du numérique

Avant d’introduire la technologie en classe, on doit réfléchir sur le COMMENT et le POURQUOI de ces technologies afin de concevoir des séquences de cours adaptés (Murphy, 2011). 

  • Partez toujours de votre intention pédagogique, au-delà de l’application.
  • Il est important de faire des choix quant aux applications que vous souhaitez utiliser. Il faut éviter de tomber dans le piège « un besoin, une application ».

Une des conditions favorisant une bonne intégration de la technologie en salle de classe est de se voir non pas comme émetteur du savoir, mais plutôt comme facilitateur d’apprentissage en créant de nouvelles possibilités collaboratives et créatives permettant d’ancrer les apprentissages à long terme (Killilea, 2012) 

Comment vous vous sentez-vous quand un enseignant vous demande de l’aide? 

H – Je me sens comme si j’étais moi aussi une enseignante à mon tour! En tant qu’élève, on a la chance d’avoir des enseignants qui nous aident vraiment au quotidien. Pourquoi, nous ne pourrions pas nous aussi aider les enseignants? J’encourage tout le monde à demander de l’aide.

A- Je pense que les enseignants ne doivent jamais hésiter à poser des questions, ça peut juste être bien pour tout le monde. Je vous assure (en tout cas moi) que les élèves n’hésiteront jamais à donner de l’aide.

En tant qu’élève, quels avantages voyez-vous à utiliser quotidiennement le numérique en classe?

A – C’est très pratique et tellement motivant! Mon sac est moins lourd et c’est plus simple de se retrouver, de s’organiser et d’apprendre. Tout est à un seul endroit. C’est donc impossible d’oublier quoi que soit et j’ai tous mes outils à un seul endroit. 

En ce qui concerne la remise des devoirs et des projets, je peux les remettre sans être devant l’enseignant. Même si je suis absente aujourd’hui, je suis certaine de recevoir les informations, savoir ce que je dois faire ou reprendre. Le iPad me permet plein de projets que je ne pouvais faire avant : je peux faire de la vidéo et faire différemment mes exposés oraux, je peux utiliser ma créativité au maximum et ça dans toutes les matières. 

H – En plus de ce qu’Alexanne a répondu, j’aime aussi pouvoir poser des questions et avoir des réponses plus rapide soit de mes amis ou de mes enseignants. C’est très efficace! 

Comment gérez-vous votre utilisation du numérique à la maison?

A – Il faut apprendre à doser l’utilisation de chaque application! Même si je ne veux pas que les parents sachent que c’est possible (rire), ils pourraient mettre un temps d’usage par catégorie d’application (exemple : limiter le temps de vidéo). Et les parents peuvent recevoir des notifications pour les avertir du temps utilisé.

H – Je pense que les parents doivent poser des questions et échanger avec leur enfant. Ils doivent s’informer de ce que leur enfant fait avec leur iPad. 

 A – Les parents doivent aussi faire confiance aux jeunes. Je pense que si les adultes limitent trop l’utilisation de la technologie, les enfants vont le faire quand même et peut-être même plus que s’ils avaient eu l’accord de leurs parents. Ils le feront, mais en cachette!

. . .

Nous vous invitons d’ailleurs à découvrir les ressources proposées par l’équipe de l’École branchée sur la famille pour obtenir de l’aide à ce sujet! 

Pour aller plus loin et sources 

Fiévez, A. (2017), L’intégration des TIC en contexte éducatif : modèles, réalités et enjeux, préface de Marcel LEBRUN, Québec, Presses de l’Université du Québec 

Haladyna, Thomas et Downing. (1993). How Many Options is Enough for a Multiple-Choice Test Item?. Educational and Psychological Measurement 

Karsenti, T. (2018). Le numérique dans nos écoles : usages et charge de travail Montréal : CRIFPE.  

Karsenti, T. (2017). L’iPad à l’école : usages, avantages et défis. Suivi, durant 5 années, de 2 337 élèves qui ont appris, au quotidien, avec l’iPad. Montréal : CRIFPE.

Karsenti, T., & Bugmann, J. (Eds.) (2017). Enseigner et apprendre avec le numérique. Presses de l’Université de Montréal.

Karsenti, T. et Fiévez, A. (2013). L’iPad à l’école: usages, avantages et défis : résultats d’une enquête auprès de 6057 élèves et 302 enseignants du Québec (Canada). Montréal, QC : CRIFPE.  

Killilea, J. P. (2012). Leveraging Mobile Devices for Asynchronous Learning : Best Practices.

Louis, R. (1999) L’évaluation des apprentissages en classe, Éditions études vivantes, Québec.

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