Information vs opinion : le cas de CHOI Radio X

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La station de radio CHOI FM, bien connue des gens de Québec, fait face à un soudain boycottage de la plupart de ses annonceurs. En effet, suite au refus de la station de diffuser une publicité du gouvernement du Québec concernant la désinformation liée la COVID-19, plusieurs entreprises ont décidé de suspendre leurs achats de blocs publicitaires.

Hydro-Québec, Desjardins, Qualinet, Uniprix, La Capitale Assurance, Pizza royale, IA Groupe financier, Groupe Paquet et Mercedez-Benz Québec sont quelques uns des noms qui ne veulent plus être associés pour l’instant à CHOI Radio X. La Ville de Québec avait été la première à retirer ses publicités des ondes de cette radio. Depuis, le maire de Québec, Régis Labeaume, indique avoir reçu une mise en demeure de RNC Média, propriétaire de CHOI Radio X, le sommant de retirer les « accusations diffamatoires » qui auraient mené à la perte de nombreux annonceurs.

Ces « accusations diffamatoires » font référence aux critiques du maire Labeaume où il est question de CHOI Radio X qui « fait la promotion de l’opposition aux mesures sanitaires durant cette période de grave pandémie » et de leur discours de « banalisation » de la pandémie qui est « dangereux » pour la santé de la population.

Concrètement, ce qui est reproché à CHOI Radio X est de faire dans la désinformation plutôt que dans l’information à quelques égards. Par exemple, le fait de donner du temps d’antenne à des négationnistes de la pandémie comme Alexis Cossette-Trudel, Lucie Laurier et Ken Pereira n’aide en rien à avoir l’heure juste sur la COVID-19. Leurs opinions viennent souvent miner la crédibilité d’experts en science et apportent leur lot de confusion auprès de la population.

Il est souvent difficile pour beaucoup de gens de différencier information et opinion. Nous voulons être confortés dans nos croyances, alors il arrive qu’un complotiste qui se fait prêter un micro à CHOI Radio X puisse réussir à convaincre une partie de la population à se rallier à une cause qui n’est nullement soutenue par des faits scientifiques. Les gens ont besoin d’être rassurés, de connaître toutes les réponses, d’avoir une impression de contrôle sur la situation. En ces temps hors du commun, il est facile de laisser les émotions prendre le dessus sur la raison. C’est pourquoi on retrouve autant de contenu aux intentions douteuses, qui peut mener à développer différents biais cognitifs et altérer du même coup notre jugement critique. Certains gourous et charlatans n’hésitent pas à profiter de la situation pour influencer et rallier un maximum de gens à leur cause :

« Le lundi 3 août, l’Institut national de santé publique du Québec publiait les résultats d’une étude qui relevait les croyances des québécois au sujet de la pandémie, notamment leur tendance à adhérer aux théories du complot. L’étude révélait que plus du tiers de la population adhère à une forme de complotisme. Plus tôt en mai, une étude de l’Université de Carleton révélait également que 46 % des Canadiens sondés souscrivaient à au moins une théorie du complot.»

Le Devoir, 17 août 2020

Qui plus est, quand ce sont les médias traditionnels qui font dans la désinformation, il y a de quoi s’inquiéter. Nier les dangers de la crise sanitaire que nous traversons actuellement est dangereux. Les Alexis Cossette-Trudel, Lucie Laurier et Ken Pereira de ce monde, en émettant leurs opinions dans un média traditionnel comme la radio et à heure de grande écoute, viennent effriter encore un peu plus la ligne souvent trop mince entre information et opinion.

« En 2018, l’OCDE nous rapportait d’ailleurs que moins d’un élève de 15 ans sur dix était capable de faire la distinction entre un fait et une opinion. C’est dire que nous assistons depuis maintenant plusieurs années à une dégradation rapide et constante de notre capacité collective à distinguer le vrai du faux. »

Le Devoir, 17 août 2020

Il est important, voire essentiel, dans le contexte actuel, de choisir des sources d’information crédibles quand vient le temps de s’informer, telles que Radio-CanadaLe DevoirL’actualitéAgence Science-Pressel’École branchée. En plus de faire confiance à ces médias qui publient du contenu fiable, des spécialistes du Web ont mis en place des plateformes où ils passent au crible une quantité impressionnante de nouvelles pour ainsi démêler le vrai du faux. Les Décrypteurs de Radio-Canadale détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse et les Décodeurs du journal Le Monde sont des experts dans le traitement des fausses nouvelles qui se propagent sur les réseaux sociaux. Ils rétablissent les faits et te donnent l’heure juste, entre autres, sur tout ce qui concerne la COVID-19.

Tu peux toi-même effectuer ce travail de vérification en trois étapes simples lorsque tu consultes des sources d’information :

1- Vérifie l’énoncé.

Tu peux copier les citations importantes de l’article dans Google pour voir si d’autres médias en parlent de la même façon. Si tu aperçois plusieurs fautes d’orthographe, tu peux douter de la crédibilité. Bien sûr, il faut lire plus loin que le titre pour prendre connaissance adéquatement du contenu. Regarde également la date de l’article. De vieilles publications reviennent souvent dans le fil d’actualité et passent pour des faits nouveaux. L’argumentaire est-il fondé sur le point de vue d’amateurs ou y a-t-il des preuves qui sont fournies par des experts?

2- Vérifie la source.

Tu peux vérifier le nom de la source dans Wikipédia. Si c’est crédible, il y a de bonnes chances de s’y retrouver. Remarque bien comment est écrite l’adresse Web. Par exemple, radio-canada.ca est fiable, mais radio-canada.co l’est sûrement moins. Tu peux aussi écrire l’URL d’un site Web ou son nom dans le Décodex du journal Le Monde pour vérifier si la source est digne de confiance. Tu dois également faire attention au contenu commandité ou au partenariat. S’il y a un parti pris ou une rémunération, doute de la crédibilité de ce que tu vois.

3- Vérifie l’image.

Tu peux vérifier la crédibilité d’une photo en faisant une recherche inversée dans Google Images. Tu pourras alors constater si l’image en question a été utilisée ailleurs. Vérifie aussi la légende sous l’image. Une source fiable donnera le crédit au propriétaire de la photo. Des sites comme Tineye.com ou le Youtube DataViewer d’Amnistie International fournissent plusieurs informations sur la provenance de photos et de vidéos. Ton jugement et ton bon sens de l’observation peuvent aussi d’indiquer si une photo a été modifiée dans Photoshop.

*Tu peux télécharger ici une infographie réalisée par Agence Science-Presse qui te servira d’aide-mémoire pour t’aider à faire la distinction entre une information et une opinion.


 
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PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Disciplines et niveaux visés

– Français (4e secondaire)

• Lire et écrire un texte d’opinion argumentée.

• Connaître différents arguments et thèses sur un sujet ou se construire une opinion sur un sujet controversé.

Dimensions de la compétence numérique ciblées

  • Collaborer à l’aide du numérique
  • Créer du contenu à l’aide du numérique
  • Développer et mobiliser sa culture informationnelle
  • Communiquer à l’aide du numérique

Outils numériques suggérés

  • Application de nuages de mots telle que Mentimeter ;
  • Application d’écriture collaborative telle que Padlet, Google Docs ou Microsoft Word;
  • Outil de publication en ligne de type blogue tel que Wix ou Blogger.

Intention pédagogique du guide

Au terme de ces activités, les élèves parviendront à distinguer l’information de l’opinion. Ils seront encouragés à développer des réflexes de lecture qui les aideront à aiguiser leur esprit critique.

Objectifs des activités

  • Créer un document collaboratif dans lequel se retrouvent des extraits d’articles relevant de l’information et d’autres de l’opinion.
  • Écrire un billet de blogue dans lequel des informations et des opinions sont présentes.
  • À l’aide de la fonction « commentaires » du blogue, départager l’information de l’opinion dans les billets des autres élèves.
SUGGESTIONS D’ACTIVITÉS

À travers huit fiches pédagogiques, les élèves seront amenés à se placer dans la peau d’un journaliste et à réaliser des activités créées spécialement pour les éclairer sur diverses facettes de la production de l’information à l’ère des réseaux sociaux. La conception des différentes fiches pédagogiques a été rendue possible grâce à la collaboration entre l’Agence Science-Presse et l’École branchée. Chaque fiche renferme une partie théorique sur un sujet précis touchant la production d’information, en plus d’activités qui tendent à développer diverses compétences disciplinaires et numériques chez l’élève.

POUR EN SAVOIR PLUS

Décrypteurs
Radio-Canada

Détecteur de rumeurs
Agence Science-Presse

Décodex
Le Monde

Doutez ou faire confiance?
Doutez.ca


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