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Conversation avec Henri Boudreault : « Enseigner, ça devrait être d’avoir du plaisir avant tout! »

Henri Boudreault pourrait prendre sa retraite. Il continue pourtant d’enseigner à de futurs enseignants. « J’aime voir l’impact des stratégies pédagogiques sur les étudiants. » Vendredi, le 8 avril, il offrira une conférence dans le cadre de l’événement À distance mais présent en enseignement au secondaire (ÀDMPES), organisé par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ). Nous en avons profité pour discuter avec lui de sa conférence et de sa carrière.

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Henri Boudreault pourrait prendre sa retraite. Il continue pourtant d’enseigner à de futurs enseignants. « J’aime voir l’impact des stratégies pédagogiques sur les étudiants. » Vendredi, le 8 avril, il offrira une conférence dans le cadre de l’événement À distance mais présent en enseignement au secondaire (ÀDMPES), organisé par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ). Nous en avons profité pour discuter avec lui de sa conférence et de sa carrière.

M. Boudreault est vice-doyen des études et professeur au département d’éducation et de formation spécialisées dans le programme d’enseignement en formation professionnelle et technique de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal. Un titre ultra-long, qui pourrait en impressionner plus d’un, pour un homme si sympathique qu’on ne se lasse pas d’entendre parler de sa passion pour l’enseignement.

Henri Boudreault est arrivé dans l’enseignement un peu par la bande. Après avoir obtenu un baccalauréat en géographie, il a fait carrière comme ébéniste, ne trouvant pas d’emploi dans son domaine d’études. Il se souvient du jour où il a eu l’opportunité d’enseigner ce métier en formation professionnelle. « Ce fût la pire année de ma vie. Je me suis dit que je ne voulais plus jamais revivre ça. L’ensemble de mes réflexions a ensuite été basé sur cette expérience. Enseigner, ça devrait être d’avoir du plaisir avant tout! »

Loin de le décourager, cette année catastrophique aura été pour lui une impulsion qui a guidé le reste de sa carrière. Il a complété un baccalauréat en orthopédagogie et poursuivi sa carrière d’enseignant, jusqu’à en venir à former lui-même de futurs enseignants.

Ce qu’il aime le plus de l’enseignement? « Des élèves qui ont des problèmes, c’est le meilleur défi qui peut se présenter à moi. J’aime trouver des façons de faire apprendre. »

Il ajoute : « Je n’ai jamais enseigné le même cours. Je me suis toujours amusé à défaire mes cours et à les repenser complètement. Toujours dans une perspective de rendre les étudiants plus autonomes dans leurs apprentissages, en les amenant à se poser des questions et à partir à la recherche d’informations. »

Il poursuit sur sa lancée : « À la formation professionnelle, j’ai côtoyé des jeunes qui n’avaient plus aucune confiance en leurs capacités d’apprendre. Ils avaient été “scrappés” par le système conventionnel. J’ai voulu leur donner une chance d’apprendre. L’enseignant devrait être un accompagnateur en qui les élèves ont confiance, et qui leur donne aussi confiance. »

Au cours de la conférence qu’il présente ce vendredi, M. Boudreault abordera principalement le thème du plaisir en éducation : comment susciter le plaisir d’apprendre chez les élèves et avoir du plaisir à faire apprendre. « Enseigner, ce n’est pas une profession facile, mais il faut sortir du discours négatif ambiant. Si on cultive la bonne attitude et qu’on a du plaisir, on est à la bonne place! ».

Des réflexions en vrac

 Au sujet du savoir-être

« Le savoir-être n’est pas enseigné actuellement. Le jugement critique, le respect, l’esprit d’initiative, la débrouillardise… ce sont les compétences que les entreprises recherchent. Les jeunes devraient pouvoir les développer à l’école, et les futurs enseignants également. »

Au sujet de l’enseignement à distance

« Ce qui n’existe pas en présence ne peut pas exister à distance. L’enseignement en ligne a mis en exergue l’importance du lien qui doit exister entre les enseignants et leurs élèves et étudiants. »

Au sujet des jeunes d’aujourd’hui

« C’est une illusion de croire que la jeune génération est techno. Ils connaissent les rudiments, mais ils deviennent des analphabètes fonctionnels. En 1960, tu étais analphabète quand tu ne savais pas lire. Aujourd’hui, tu es analphabète si tu ne comprends pas ce que tu lis, si tu n’es pas capable de faire des liens entre l’information et la réalité. »

Au sujet des enseignants et du numérique

« Aujourd’hui, ne pas s’intéresser aux technologies, ce n’est plus une option. »

Au sujet des enseignants non détenteurs de brevet

« Ils rencontrent les mêmes enjeux que les enseignants de la formation professionnelle ont toujours rencontrés. Ils doivent se former en travaillant. Ils connaissent leur matière, leur métier, mais ils ne maîtrisent pas la gestion de classe ni la progression des apprentissages. »

– 

On peut revoir l’intéressante intervention de M. Boudreault au Sommet du développement professionnel 2021, lors du panel sur la formation continue

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À propos de l'auteur

Martine Rioux
Martine Rioux
Après des études en communication publique, Martine a été journaliste pour différentes publications, avant de poursuivre sa carrière comme conseillère en communications interactives chez La Capitale, groupe financier, puis chez Québec numérique, organisme dont elle a pris la direction générale avant de faire le saut comme conseillère politique au cabinet du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe et chargée de projets spéciaux à l'École branchée. Son rêve : que chacun ait accès à la technologie et puisse l'utiliser comme outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde.

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