Le numérique, levier pour l’apprentissage des sciences et technologies

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Île du savoir - sciences et technologies

Le Rendez-vous de l’Île du savoir, journée de réflexion sur le rôle des organismes de promotion de la science et de la technologie en éducation, a permis de faire de belles découvertes.

Le 18 novembre 2016 s’est tenu au Planétarium de Montréal le Rendez-vous de l’Île du savoir, en partenariat avec Espace pour la vie.

L’Île du savoir est un volet de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal. Son mandat est de contribuer à faire de Montréal une ville apprenante. En s’alliant de nombreux partenaires provenant de l’éducation, des milieux scientifiques et des entreprises, l’Île du savoir réalise nombreux projets dont les plus connus sont :

Le programme Éclairs de sciences est particulièrement intéressant pour les enseignants du primaire. Ce service de développement pédagogique offre des formations, de l’accompagnement et des ressources gratuites qui s’inscrivent dans une démarche active de découverte des sciences.

 

Les grandes tendances du numérique en éducation

En introduction de la journée, Mme Josée Beaudoin, vice-présidente du CEFRIO, a présenté Les grandes tendances du numérique en éducation, résultat d’analyses menées en collaboration avec des chercheurs et de leçons issues de plus de 15 ans de projets avec certaines écoles.

Voici quelques données que l’on retient :

  • 90,9 % des Québécois ont accès à Internet, ce que l’on peut considérer comme l’usage maximal compte tenu des différentes personnes ne pouvant pas l’utiliser parce que malades ou réfractaires;
  • 72,8 % utilisent les médias sociaux, avec un pourcentage plus élevé pour les 18-35 ans;
  • 68,2 % des foyers québécois disposent d’une tablette mobile;
  • la population québécoise passe en moyenne 22 h par semaine sur Internet, mais cela peut aller jusqu’à 40 h pour les plus jeunes;
  • les parents d’enfants d’âge scolaire se sentent compétents en informatique, mais cependant doutent de leurs habiletés dans l’usage des applications créatives;
  • les directions d’école s’intéressent peu au « comment » utiliser le numérique en classe et pensent que c’est la responsabilité de l’enseignant.

En synthèse de cette entrée en matière, Mme Beaudoin explique que la tendance semble être à l’apprentissage hybride. Elle ajoute que selon les analyses, l’objectif à viser serait la création d’activités favorisant le développement des habiletés numériques des élèves.

Quelques perles et coups de coeur de la journée

Pendant la journée, de nombreuses présentations se sont succédées. Voici pour chacune une idée particulièrement marquante.

Deux panels ont occupé l’avant-midi.

Panel 1 : des communautés d’apprentissage

L’École en réseau de 2002 à aujourd’hui
Mme Solange Racine, directrice de l’École en réseau, a expliqué comment la technologie peut aider toutes ces petites écoles éloignées des grands centres et permettent à ces élèves isolés de rencontrer virtuellement d’autres élèves de leur âge.

Le REÉCIT, un catalyseur
Pierre Lachance, conseiller pédagogique au Service national du RÉCIT de la mathématique, de la science et de la technologie, a parlé d’Algodoo et de la formation proposée par le RÉCIT dans l’usage de ce laboratoire virtuel de physique. Il a aussi conseillé aux enseignants présents d’avoir un « lieu numérique » au contenu coloré et dynamique pour leur classe. Enfin, il a insisté sur la nécessité que les élèves comprennent que l’erreur (dans une activité d’évaluation) n’est qu’un petit bogue, et il a terminé en rappelant que le principal défi auquel on doit faire face dans le numérique éducatif demeure la formation continue des enseignants.

Le Fab Lab à l’école, un incubateur du développement de la culture scientifique, technologique et industrielle chez les jeunes
Mathieu Dubreuil-Cousineau, conseiller peédagogique en science et technologie à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), a présenté le réseau de fab labs, ou laboratoires de fabrication, de la CS. Le concept s’inspire de la culture maker et de l’éthique hacker. Ce sont des lieux de partage d’espaces, de machines, de compétences et de savoirs. La CSMB en compte maintenant 8 dans ses écoles. Le FabLab s’éloigne du bricolage : les élèves doivent apprendre à y utiliser des appareils sophistiqués. Les filles sont tout autant attirées que les garçons par ces Fablabs, qu’on ouvre aussi à la communauté.

Panel 2 : des initiatives innovantes

Intégrer les TIC dans l’enseignement de l’écriture dès la maternelle? Pourquoi pas?
Mme Isabelle Therrien, enseignante en maternelle à l’école François-de-Laval (CS de Montréal), a présenté le projet Cybersavoir, projet interdisciplinaire centré sur l’usage des technologies numériques par des élèves du primaire.

Robotique, capsules vidéo et impression 3D au service de la motivation et de l’acquisition des sciences en secondaire 3
Vincent Ouellet, enseignant de sciences à l’école secondaire Mont-Royal (CSMB), travaille principalement selon la pédagogie par projet, des projets à long terme au cours desquels ses élèves produisent des vidéos. Il utilise deux studios avec écran vert et une salle de montage où les élèves peuvent travailler après l’école entre 15 h et 18 h.

Montreal’s Ladies Learning Code
Mme Cassie Rhéaume, ambassadrice du chapitre montréalais-francophone de Ladies Learning Code, a présenté cet organisme avec beaucoup de dynamisme. Principalement, il offre des journées d’initiation à la programmation.

Le théâtre numérique immersif 360°, un outil puissant pour l’émerveillement
Sébastien Gauthier, astronome et producteur au Planétarium, a présenté la merveille technologique qu’est le projecteur numérique du nouveau planétarium. « Favoriser le sublime à l’eurêka » dit-il, signifiant ainsi que l’émerveillement est un fort élément déclencheur de l’intérêt pour les sciences.

 

En après-midi, trois présentations

Bilan préliminaire du programme Éclairs de sciences
Yves Maufette, président de L’Île du savoir et professeur à la Faculté des sciences de l’UQÀM, a présenté quelques résultats d’une étude ayant sondé 103 des mille enseignants qui ont participé au programme Éclairs de sciences. En moyenne, ces enseignants ont réalisé avec leurs élèves huit activités, sur une période d’une à trois années.

État des lieux : programmes et interventions de promotion en science et technologie en contexte scolaire à Montréal (préscolaire, primaire, secondaire)
Hélène Mathieu, chargée de projet pour acceSciences (action concertée pour la culture et l’éducation en sciences), a expliqué qu’il existe pas moins de 84 organismes offrant des services pédagogiques aux écoles en lien avec les sciences. Pas étonnant que les écoles se sentent parfois surchargées par l’offre. Selon acceSciences, le numérique permettrait d’établir un répertoire où les enseignants auraient un accès direct aux services qui correspondent à leurs besoins. À cet effet, le site PRISME, de l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie du Québec (AESTQ), se présente comme « la pierre angulaire qui canalise l’information des ressources ».

Des interventions pédagogiques qui favorisent l’intérêt des élèves pour les sciences et la technologie : résultats obtenus par la CRIJEST dans le cadre du travail en communauté de pratique
Finalement, M. Patrice Potvin, professeur au département de didactique de l’UQÀM et titulaire de la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie (CRIJEST), a présenté les grandes lignes d’un rapport d’enquête à ce sujet publié en octobre 2015.

 

Ces présentations ont précédé des tables rondes interactives où les participants étaient invités à réfléchir et à discuter des défis rencontrés par les organismes de promotion des sciences auprès des écoles afin de proposer quelques solutions.

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