Enseignement intensif de l’anglais au primaire : des avis partagés

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La recherche en question :

Recherche évaluative sur l’intervention gouvernementale en matière d’enseignement de l’anglais langue seconde au Québec

Ce rapport est le fruit d’une investigation de recherche évaluative menée par le Centre de recherche et d’expertise en évaluation de l’École nationale d’administration publique du Québec. Il rend compte des résultats obtenus en matière d’évaluation de la pertinence et de la conception de l’apprentissage de l’anglais, langue seconde, au Québec, du point de vue de l’enseignement primaire. Un prochain livrable rendra compte de la mise en œuvre et des premiers effets des mesures gouvernementales instaurées dans ce cadre.

Une équipe de chercheurs (professeurs, professionnels, assistants et technicien de sondage) ont été mis à contribution pour réaliser ces investigations entre les mois de mai et novembre 2013.

Il s’agit d’une investigation avant tout empirique et basée sur des données factuelles. Afin de rendre possible cette étude, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport a rendu disponibles de nombreuses bases de données administratives actualisées, rigoureuses et couvrant l’ensemble des régions du Québec, sur les commissions scolaires et écoles concernées par notre investigation.

À consulter ici.

 

Recherche de l’ENAP sur l’enseignement de l’anglais, langue seconde – Vers une stratégie pour le renforcement de l’apprentissage des langues

Québec, le 3 juin 2014. — Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, M. Yves Bolduc, accueille favorablement les constats formulés par l’École nationale d’administration publique (ENAP) dans la Recherche évaluative sur l’intervention gouvernementale en matière d’enseignement de l’anglais, langue seconde, au Québec, qu’il rend publique aujourd’hui.

« La recherche de l’ENAP confirme que la connaissance de l’anglais constitue un atout indéniable, tant sur le plan professionnel que personnel. Les jeunes doivent être en mesure de s’exprimer aisément en anglais dans la vie courante. L’étude vient donc raffermir notre décision d’implanter l’anglais intensif pour le plus grand nombre possible d’élèves de 5e ou de 6e année du primaire. L’anglais intensif est efficace et a des effets positifs sur la réussite et la motivation des élèves sans avoir d’effets négatifs sur les apprentissages des autres matières, y compris le français », a déclaré le ministre Bolduc.

Le ministre a précisé que la mise en œuvre de l’anglais intensif s’appuiera sur le rapport de l’ENAP et sur l’avis du Conseil supérieur de l’éducation sur la question, dont le dépôt est attendu à l’été.

Le rapport de l’ENAP fait ressortir l’importance d’une implantation progressive et structurée. La mise en œuvre s’articulera donc en concertation avec le milieu scolaire. Le Ministère veillera notamment à y associer les enseignantes et les enseignants et s’assurera qu’ils reçoivent la formation nécessaire à l’instauration de cette nouvelle mesure.

La Recherche évaluative sur l’intervention gouvernementale en matière d’enseignement de l’anglais, langue seconde, au Québec peut être consultée sur le site du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

SOURCE : MELS

 

Un rapport qui fait complètement fi des considérations pédagogiques

Québec, le 3 juin 2014. – C’est avec une grande déception que la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a sommairement pris connaissance des conclusions du rapport de recherche de l’École nationale d’administration publique (ENAP) portant sur l’enseignement intensif de l’anglais. Outre le fait que ce rapport ne répond pas aux attentes exprimées pour avoir un état de situation factuel de l’enseignement de l’anglais au primaire, on y allègue notamment que celui-ci n’a pas d’impact négatif sur l’apprentissage des autres matières.

Pour la FSE, bien que l’apprentissage de l’anglais langue seconde soit nécessaire dans le contexte d’aujourd’hui, il ne doit pas se faire au détriment de la qualité de la formation dans l’ensemble des autres matières. Aussi, il est désolant de constater que l’ENAP pose son jugement sans disposer des données les plus fondamentales sur la qualité et la durabilité des apprentissages dans les autres matières que l’anglais, puisque le MELS procéderait à une collecte de données longitudinales à cet effet au cours des prochaines années.

« Le rapport nous dit que, sur le plan des perceptions, l’enseignement intensif de l’anglais ne semble pas poser de problèmes. C’est insensé. Il est impossible de réduire de moitié le temps d’enseignement en français et en mathématique sans penser couper dans la qualité des apprentissages. Suivant cette logique farfelue, c’est comme si on laissait entendre qu’au primaire, on consacre actuellement trop de temps pour les autres matières que l’anglais et qu’on pourrait couper dans leur temps d’enseignement sans conséquence sur les apprentissages. Difficile à croire dans un contexte où l’on parle d’une baisse des exigences, d’assouplissement des règles de passage, de même que des importantes difficultés en français et en lecture, sans compter les données effarantes sur l’analphabétisme fonctionnel. Pour nous, c’est clair : ce rapport de gouvernance qui s’appuie sur des perceptions est incomplet et rate son but d’éclairer les décideurs politiques scolaires », déplore Mme Scalabrini.

Rappelons que, depuis plusieurs années, la FSE demande au MELS de dresser un portrait complet de la situation de l’enseignement de l’anglais au primaire, notamment ses véritables effets sur les élèves en difficulté, l’impact sur la qualité des apprentissages dans les autres matières ainsi que l’analyse des différents modèles d’enseignement.

Profil

La Fédération des syndicats de l’enseignement regroupe 35 syndicats représentant plus de 60 000 enseignantes et enseignants de partout au Québec. La Fédération compte parmi ses membres des enseignantes et enseignants de tous les secteurs : préscolaire, primaire, secondaire, formation professionnelle et formation générale des adultes. Elle est affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

 

Recherche de l’ENAP sur l’enseignement de l’anglais langue seconde – « Hold your Horses » Monsieur le Ministre

MONTRÉAL, le 5 juin 2014 /CNW Telbec/ – La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui regroupe huit syndicats qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants québécois, est profondément inquiète à la suite de la publication cette semaine de la recherche de l’École nationale d’administration publique (ENAP) sur la généralisation de l’enseignement intensif de l’anglais et de la réaction emballée du ministre Bolduc à ce propos.

La FAE est sceptique quant à l’enthousiasme exprimé par le ministre Bolduc face aux conclusions du rapport et questionne son empressement à généraliser l’enseignement de l’anglais intensif. Dans sa lecture, le ministre ne semble pas tenir compte des sérieuses lacunes de l’étude. En effet, plutôt que de s’appuyer sur des résultats tangibles de réussite scolaire, le rapport fait appel aux perceptions de divers acteurs, sans valoriser l’opinion des réels experts en la matière, les enseignantes et enseignants québécois. De plus, le ministre occulte la réalité montréalaise, qui se caractérise par le recul du français comme langue d’usage.

« Le rapport de l’ENAP, sur lequel s’appuie le ministre Bolduc, ne tient pas compte de la réalité des élèves qui présentent des retards d’apprentissage. Non seulement le ministre fait-il fi de leur réalité, mais son aveuglement risque d’aggraver les difficultés qu’ils éprouvent déjà. Comme sa prédécesseure, Line Beauchamp, il est incapable de répondre aux inquiétudes légitimes formulées par plusieurs acteurs du monde de l’éducation, notamment en ce qui a trait aux élèves à risque qui ne maîtrisent pas de manière suffisante les matières de base. Certains élèves peinent à atteindre les objectifs du programme régulier en 10 mois, comment le ministre peut-il prétendre qu’ils pourront réussir le même programme en 5 mois? » a déclaré M. Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement.

De nombreux faits justifient la position de la FAE contre la généralisation de l’enseignement intensif de l’anglais en 5e ou en 6e année, notamment :

  • La généralisation est nuisible au plan pédagogique pour les élèves en difficulté, qui ont besoin de tout le temps d’enseignement prévu au régime pédagogique pour atteindre les objectifs ainsi que pour les élèves issus de l’immigration qui parlent déjà l’anglais ou une autre langue et qui n’ont que l’école primaire pour apprendre le français et s’intégrer à la société d’accueil;
  • Le programme de 5e et de 6e année étant déjà surchargé, l’implantation de l’anglais intensif exigerait de couper dans le temps d’enseignement et la matière à l’étude. C’est donc la formation générale des élèves qui se trouverait affectée par cette mesure;
  • La pénurie d’enseignantes et enseignants formés pour enseigner l’anglais intensif et le manque de matériel pédagogique adapté laissent craindre le pire pour la qualité du programme s’il devait être généralisé.

La FAE n’est pas opposée à l’enseignement de l’anglais ou d’une deuxième langue, mais demeure convaincue que cela ne devrait pas se faire au détriment de l’enseignement du français et de la réussite scolaire des élèves québécois.

« Nous attendons avec impatience le rapport du Conseil supérieur de l’éducation. Nous espérons ardemment qu’il sera plus complet et qu’il reposera sur la réalité des classes et sur l’expertise des enseignantes et enseignants québécois. Il est essentiel que le ministre ouvre les yeux et réalise que la généralisation de l’enseignement intensif de l’anglais n’est pas une avenue envisageable » a conclu M. Mallette.

La FAE regroupe huit syndicats qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes et le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier, ainsi que les membres de l’Association de personnes retraitées de la FAE (APRFAE).

SOURCE Fédération autonome de l’enseignement (FAE)

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