La génération du numérique moins experte avec l’ordinateur qu’on le pense

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Combien de parents s’en remettent à leurs jeunes quand ils ont un problème informatique, comme si cette génération possédait d’instinct la science des ordinateurs? Voilà pourtant ce qui caractérise l’expérience de nos jeunes avec l’ordinateur : elle est souvent basée davantage sur l’instinct que sur des connaissances solides.

De fait, selon une nouvelle recherche diffusée par Habilomédias, les jeunes Canadiens ne s’y connaissent pas autant dans l’univers du numérique que les adultes le pensent. Qui plus est, bien qu’ils baignent dans le domaine depuis leur petite enfance, ils dépendent encore de leurs parents et enseignants pour les aider à perfectionner leurs connaissances dans des domaines comme la recherche et la vérification de renseignements en ligne.

Les résultats de l’enquête Jauger les compétences en littéracie numérique des jeunes canadiens démontrent que si les élèves sont activement présents dans les médias numériques, notamment à travers les médias sociaux, les jeux et la diffusion de vidéos, ils apprennent et appliquent seulement les connaissances numériques qu’ils considèrent essentielles au contexte de leur travail ou de leurs loisirs. Leurs connaissances sont donc limitées et ils n’ont pas spontanément le désir de pousser plus loin leur exploration des possibilités de l’outil informatique. Quand ils souhaitent en savoir davantage, ils consultent leurs parents ou leurs enseignants.

Il ressort de l’étude, faite auprès de 5400 élèves canadiens, que 53 % des filles disent avoir appris auprès de leurs enseignants comment chercher des renseignements en ligne, comparativement à 38 % pour les garçons. D’autre part, les parents et les enseignants demeurent également les principales sources d’apprentissage pour la recherche de renseignements en ligne. Autre élément digne de mention, malgré les multiples possibilités offertes sur la toile, 39 % des élèves utilisent seulement un moteur de recherche pour trouver des renseignements en ligne et 35 % des élèves de la 7e à la 11e année (secondaire) utilisent les outils de recherche avancée.

D’autre part, il appert que les jeunes sont peu sensibilisés aux dimensions éthiques de l’utilisation d’Internet. Ainsi, 46 % des élèves croient qu’il n’y a aucun problème à télécharger illégalement de la musique, des émissions de télévision ou des films. Aussi, 14 % des élèves de 11e année (4e secondaire) indiquent même qu’ils utilisent le cellulaire pour tricher pendant les examens à l’école.

En bref, selon cette étude, malgré le fait que les élèves canadiens soient pratiquement tous branchés – l’accès à Internet en dehors de l’école est aujourd’hui universel (99 %) – , les compétences en littératie numérique ne vont pas nécessairement de soi.  L’appui des parents, tout comme celui des enseignants, demeure donc fort utile, voire essentiel, pour une utilisation efficace et éthique de l’ordinateur.