L’utilisation du iPad à l’école : « des avantages qui dépassent les inconvénients »

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Selon une enquête portant sur l’utilisation du iPad dans les écoles du Québec, les avantages pédagogiques de l’outil, lorsqu’utilisé efficacement, dépassent les inconvénients (surtout liés aux distractions faciles, à l’arrimage difficile des ressources traditionnelles et numériques, ainsi qu’à la formation des enseignants).

La Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation publiait le 9 décembre 2013 les résultats complets d’une vaste enquête portant sur l’utilisation du iPad dans les écoles du Québec. L’équipe de chercheurs, composée notamment du Dr Thierry Karsenti (titulaire de la Chaire) et d’Aurélien Fievez, coordonnateur de recherche, tous deux à l’Université de Montréal, voulait aussi aider tous les acteurs scolaires à faire un usage plus réfléchi et éducatif de l’outil. Menée auprès de 6057 élèves et 302 enseignants du Québec, cette enquête a permis de dégager 15 avantages et 9 défis liés à l’introduction de la tablette tactile en classe.

De très bons résultats

Illustration éloquente de l’utilité du iPad dans un contexte pédagogique, les commissions scolaires de la région de l’Estrie qui l’ont utilisé depuis quelques années ont enregistré une baisse importante du décrochage scolaire, qui est passé de 40 % en 2006 à 18,8 % en 2012. Cela ne signifie pas pour autant que le iPad soit LA solution à tous les problèmes vécus par les écoles québécoises, mais il semble s’agir d’un indicateur positif.

Plusieurs avantages

Parmi les principaux avantages de la tablette tactile, on a noté que la motivation des jeunes serait accrue, l’expérience de lecture bonifiée, l’apprentissage de la lecture facilitée, la communication et la collaboration accrues (tant entre les élèves eux-mêmes qu’entre l’enseignant et les élèves), les compétences informatiques améliorées, la créativité des élèves plus importante et les avantages pour les élèves avec des difficultés d’apprentissage seraient significatifs.

Faire la part des choses

Si ces données sont très encourageantes, les informations recueillies ont aussi permis d’identifier plusieurs défis rencontrés tant par les élèves que les enseignants. Le premier est sans contredit celui de la distraction liée à l’outil lui-même. Plusieurs élèves et enseignants ont indiqué que l’usage des tablettes tactiles irait même jusqu’à nuire à la réussite scolaire. En effet, la tentation sera toujours très forte de faire tout autre chose avec la tablette que ce qui est demandé par l’enseignant.

D’autre part, on a constaté que plusieurs manuels scolaires sont mal adaptés au travail avec le iPad et que l’arrimage entre les outils traditionnels et technologiques ne va pas de soi. Plusieurs des enseignants ont enfin indiqué leur méconnaissance des ressources disponibles sur les tablettes tactiles.

Au terme de cette étude, on réalise à quel point l’utilisation du iPad en classe implique une importante adaptation aux particularités de la technologie. Habitué à utiliser la tablette dans un tout autre contexte, il semble facile de s’égarer dans un usage plus ludique. Le succès de son intégration est donc avant tout lié à la formation adéquate des enseignants et à la responsabilisation des élèves. Le défi est grand, mais les résultats s’annoncent prometteurs.

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    petite correction, la commission scolaire Eastern Townships (en Estrie) a plutôt utilisé l’ordinateur portable et non le iPad, qui est arrivé sur le marché en 2010. Voici le lien pour l’étude sur la commission scolaire Eastern Townships : http://etsb.karsenti.ca/

    Au plaisir

  2. Je ne comprends pas le titre de l’article qui tend à atténuer les effets négatifs de l’utilisation de l’iPad à l’école. Le journal La Presse a publié en décembre un article sur cette recherche et le titre était plus réaliste: « Utile l’iPad, mais aussi grande source de distraction ». On peut y lire aussi que sur les 6057 élèves sondés, 6055 (ce n’est pas rien) ont répondu que la « distraction » qu’il entraîne est le principal inconvénient de l’iPad. 757 élèves et 14 enseignants ont même indiqué aux chercheurs que l’iPad « pouvait nuire à la réussite scolaire. »

    Loin de moi l’idée de vouloir bannir les nouvelles technologies. Au contraire. Cependant, ce qui m’agace, c’est la « sur-louange » de ces technologies comme étant la solution miracle pour la réussite scolaire. Je me questionne sur ce type de publicité et je me demande s’il n’y a pas un agenda publicitaire caché pour la promotion et la vente de ces technologies. Il y a beaucoup d’argent en jeu.

    Je suis plutôt pour un juste milieu et pour une analyse plus critique de ce phénomène pour ne pas tomber dans le piège d’axer uniquement la pédagogie sur les petits (et grands) écrans. Je suggère, entre autres, pour y arriver la lecture d’ouvrages tels: « Internet rend-il bête? » (Nicolas Carr), Le cerveau attentif (Jean-Philippe Lachaux) ou l’article de Bruno Halé, pédopsychiatre: « Les écrans rend-ils hyperactifs? » (article accessible par Google, ou encore, l’excellent article « Age of Distraction: why It’s Crucial for Students to learn to focus » où on peut lire sur ce sujet les commentaires de Daniel Goleman auteur de « L’Intelligence émotionnelle ». Je termine avec une citation de Goleman dans cet article: « I don’t think the enemy is digital devices, Goleman said.  » What we need to do is be sure that the current generation of children has the attentional capacities that other generations had naturally before the distrations of digital devices. It’s about using the devices smartly but having the capacity to concentrate as you need, when you want to. »

    La modération a bien meilleur goût. Jean Bourque.

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