Les 4 grandes époques de la formation des enseignants au Québec

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Clermont Gauthier, professeur à la FSE de l’Université Laval, estime que beaucoup de chemin a été parcouru au niveau de la formation à l’enseignement au Québec, mais qu’il reste de nombreux défis à relever. Aujourd’hui, retour sur le chemin parcouru; demain, les défis!

Clermont Gauthier, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, est l’un des fondateurs du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). C’est ce regroupement qui est derrière l’organisation du Colloque international en éducation, tenu les 2 et 3 mai derniers à Montréal. Dans sa participation à la conférence d’ouverture, il a fait un intéressant portrait de la formation à l’enseignement.

Il a rappelé que l’époque de la révolution tranquille, dans les années 1960-1970, a marqué la fin des « écoles normales » qui assuraient la formation des maîtres. Depuis, ils sont formés à l’université avec une approche plus scientifique, « moins basée sur les trucs et recettes », explique-t-il. C’est alors qu’on commence à parler véritablement « des » sciences de l’éducation.

Cependant, les années 1970 à 1990 ont essuyé de nombreuses criques sur la qualité de la formation des enseignants. Clermont Gauthier l’a d’ailleurs qualifiée de « période sombre ». « Les enseignants se trouvaient eux-mêmes mal préparés, ils n’avaient que peu de stages et l’écart entre la théorie et la pratique était énorme. »

Heureusement, les années 1990 ont marqué une réforme importante. M. Gauthier se souvient qu’avec l’argument de la professionnalisation de l’enseignement, on a entre autres allongé la formation universitaire à 4 ans, établie à 700 h la durée des stages répartis sur les 4 années, et créé un réseau d’écoles associées aux universités. « On voulait que l’enseignement devienne un véritable choix de carrière ». Il semble que l’approche était bonne puisqu’en 2001-2002, le taux de satisfaction des employeurs vis-à-vis les nouveaux enseignants était très élevé.

Depuis 2001, c’est l’époque qu’on pourrait qualifier de contemporaine dans la formation. M. Gauthier rappelle qu’on a notamment instauré le référentiel de compétences visant deux choses : former un professionnel et former un pédagogue cultivé. En effet, l’enseignant d’aujourd’hui doit connaître sa discipline, mais aussi son histoire et les fondements scientifiques de la pédagogie. Il est un maître, mais aussi un passeur culturel.

Demain, nous aborderons les défis de la formation des enseignant, tels qu’identifiés par Clermont Gauthier. Selon vous, quels sont-ils?

1 COMMENTAIRE

  1. Je viens tout juste de terminer la formation en enseignement au préscolaire et primaire. À mon avis, les stages sont très bénéfiques et formateurs et permettent de rendre les apprentissages théoriques plus concrets. Toutefois, notre formation quant aux élèves handicapés et en difficulté laisse à désirer… Nous n’avons eu que 2 cours à ce sujet et je ne me sens pas apte à accueillir des élèves souffrant de différents troubles dans ma future classe. Les ressources humaines et matérielles manquent cruellement. Nous savons bien que la réalité d’aujourd’hui fait en sorte qu’il n’existe plus de “classes régulières”: nos élèves présentent maintenant toutes sortes de troubles avec lesquels nous devons fonctionner. Il est difficile, dans ce contexte, d’offrir le meilleur enseignement possible à tous les élèves!

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