Recherche sur Internet : les futurs enseignants réellement compétents ?

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Interrogés sur leurs compétences pour rechercher de l’information en ligne et enseigner la « compétence informationnelle », les futurs enseignants se jugent favorablement. C’est ce qui ressort d’un sondage en ligne effectué à l’été 2010 auprès de 155 futurs enseignants de l’Université de Montréal. Leur perception ne correspondrait toutefois pas nécessairement à la réalité!

Quand vient le temps d’effectuer une recherche, 78 % des répondants se jugent compétents. Toutefois, 47 % sont incapables de nommer un moteur de recherche scientifique et parmi les autres, plusieurs ont nommé Google, un moteur généraliste, et Wikipédia, une encyclopédie.

De plus, le sondage révèle que la grande majorité des répondants se disent compétents pour évaluer l’information trouvée en ligne et jugent qu’ils sont critiques par rapport à celle-ci. Cela dit, d’autres études démontrent que seulement 45 % s’assurent de l’authenticité de l’information dénichée sur le Web. De plus, les étudiants en enseignement utiliseraient à peine 1,34 critère pour évaluer un site Internet. « C’est dramatique », laisse tomber Gabriel Dumouchel, chercheur à l’Université de Montréal, dans le cadre du Colloque scientifique international sur les TIC en éducation.

Enfin, le sondage montre que la majorité des répondants utilisent souvent les fonctions de recherche avancée, soit une proportion plus importante qu’une étude précédente sur le même sujet.

« Il faudrait maintenant étudier davantage les pratiques réelles des futurs enseignants, tant durant leurs cours que lors de leur stage. Il faudrait aussi se pencher sur l’évolution du sentiment de compétence informationnelle », indique M. Dumouchel.

La question de la compétence informationnelle des futurs enseignants est loin d’être anodine puisque ce sont eux qui devront ensuite montrer de bonnes pratiques à leurs élèves dans un monde où l’information pullule. « Nous sommes passés d’un problème d’accès à l’information à un excès d’information », note M. Dumouchel.

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Je ne suis pas certaine de comprendre le lien entre “être en mesure de nommer un moteur de recherche scientifique” et la compétence informationnelle des futurs enseignants. En ce sens, les futurs enseignants ne sont pas des scientifiques et il serait intéressant de leur demander de nommer des titres de revues professionnelles dans leur domaine tels que Vivre le primaire ou des sites de contenus pédagogiques comme ceux de la Sociétés GRICS ou Cyberprofs. Bref, contextualiser les compétences informationnelles au contexte professionnel et non scientifique.
    Et pour ce qui est des critères d’évaluation de l’information sur Internet, les futurs enseignants utilisent certains critères pour sélectionner l’information (facilité d’accès, rapidité, etc.). Or, le fait que ces critères ne soient pas choisis à priori par des bibliothécaires ne pose pas de problème en soi. Heureusement, Google l’a compris et le sentiment d’auto-efficacité des enseignants vis-à-vis la recherche sur Internet semble le démontrer.
    Ainsi, comme les théories actuelles soutiennent que ce sentiment d’auto-efficacité serait un facteur de motivation, les résultats ici proposés suggèrent qu’il semble opportun de capitaliser sur ce dernier afin que ces futurs enseignants intègrent davantage les TIC et la recherche Internet dans la salle de classe.

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