Lutte contre le décrochage : comprendre la réalité des élèves défavorisés

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« Malgré tous ces efforts, le décrochage demeure une plaie aussi vive. […] Une plaie qui s’attaque souvent aux enfants pauvres », écrit l’ancien commissaire scolaire et psychologue Robert Cadotte dans son essai l’essai intitulé Lettre aux enseignantEs lancé la semaine dernière.

Selon lui, le Québec est en train de préparer un avenir exécrable à ses enfants et dénonce l’élitisme du système scolaire québécoise. Publié par M Éditeur, une toute nouvelle maison d’édition de gauche, l’essai est politique et propose un virage progressiste en éducation. Son sous-titre donne le ton : « L’école publique va mal! Les solutions dont on ne veut pas parler. »

« J’aurais dû écrire ce livre il y a 20 ans, mais je n’aurais pas eu alors mes 40 d’expérience! » explique l’auteur, fondateur et ancien directeur du défunt Centre de formation sur l’enseignement en milieux défavorisés de l’UQAM, qui a mis quatre ans à rédiger son livre.

L’ouvrage, rempli d’anecdotes et de références historiques, décrit, souvent avec ironie, la réalité des enfants qui habitent dans le « village » de Robert Cadotte, Hochelaga-Maisonneuve. Pas surprenant donc que le docteur Gilles Julien, très présent dans ce quartier montréalais, ait assisté au lancement. « De tous les côtés, les familles pauvres vivent des stress inacceptables », écrit Robert Cadotte. Dans son livre, il donne l’exemple de la pollution automobile, des maladies cardio-vasculaires, des mères-adolescentes et de la violence, phénomènes que vivent les enfants au quotidien. Les enseignants doivent comprendre cette réalité qui affecte leurs élèves.

Des enseignants impliqués

Robert Cadotte souhaite que tous ceux qui travaillent dans le milieu de l’éducation lisent son livre et y réagissent. « Les enseignants doivent redevenir des intellectuels. » Il espère aussi que les enseignants progressistes prendront plus de place dans les écoles. « Ils sont ceux qui se battent pour la liberté (celle de penser et de dire, et non celle de consommer et d’investir),  l’égalité (entre des enfants de différentes classes sociales) et la fraternité (notre sensibilité aux autres). »

L’exposition L’école d’antan

Le lancement du livre a eu lieu au Château Dufresne, où se tient jusqu’en mai l’exposition L’École d’antan, à laquelle a collaboré Robert Cadotte. Cette exposition retrace l’école montréalaise entre 1860 à 1960: pupitres, manuels scolaires et bulletins côtoient les objets religieux et les uniformes. Les enfants de la fin du primaire peuvent aussi revivre une journée complète dans une classe des années 1930, avec des enseignants religieux et des cours de bienséance!

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