Des outils différents pour enseigner le français

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Dans le cadre du congrès annuel de l’Association québécoise des enseignantes et enseignants du primaire, qui s’est tenu à Québec au début décembre, Infobourg a assisté à deux ateliers portant sur des activités d’enseignement du français.

Jnavigue!

Lina Sylvain a quitté un emploi permanent il y a quelques années pour se consacrer à son rêve : lancer le logiciel Jnavigue! Ce dernier permet aux enfants du début du primaire de décoder les lettres tout en s’appropriant le clavier. Jnavigue réunit différents niveaux de jeux consacrés aux lettres situées sur la ligne centrale du clavier : association d’images, bonhomme pendu, doigté sur le clavier et utilisation des flèches. La chercheuse pour l’organisme La Cour d’école souhaite qu’élèves et enseignants s’amusent tout en apprenant avec Jnavigue.

Pour Lina Sylvain, rien n’est plus important que la démocratisation de l’éducation. Elle tient donc mordicus à ce que son logiciel soit gratuit et libre de droits afin de s’inscrire dans la lignée de Wikipédia et du partage des savoirs. Jnavigue fonctionne autant sur Macintosh, Linux ou Windows. Il est aussi possible de le télécharger sur une clé USB et de l’utiliser sans connexion Internet.

Les enseignantes présentes à l’atelier ont semblé intéressées par la possibilité de modifier la banque de mots des jeux, mais la plupart avaient peur de toucher à la programmation du script. Lina Sylvain les a rassurées : « Si la “techno nouille” que je suis est capable de modifier le script, alors tout le monde peut le faire! » Le script sera commenté dans la nouvelle version du logiciel pour faciliter la tâche aux enseignants.

Déçue de ne pas pouvoir présenter la nouvelle version de Jnavigue au congrès de l’AQEP, Lina Sylvain espère pouvoir lancer le nouveau logiciel au printemps. La nouvelle version comportera des exercices sur toutes les touches du clavier ainsi que des améliorations techniques. C’est donc sur l’ancienne version que la vingtaine de participantes se sont exercées durant l’atelier, malheureusement ralenti par de nombreux problèmes techniques.

Le Scrabble en classe

Qui n’a jamais joué au Scrabble? Ce jeu de mots croisés peut toutefois sembler ardu pour des jeunes du troisième cycle du primaire. Absolument pas, estime pourtant Lucie Dion, directrice de la Commission des jeunes de la Fédération québécoise des clubs de Scrabble francophone.

La Fédération a présenté un atelier et une simulation du Scrabble duplicat, facile à utiliser en classe. Dans ce type de jeu, tous les participants jouent avec les mêmes lettres, le but étant de trouver le mot et l’emplacement le plus payant. Au développement du vocabulaire s’ajoute donc la pratique des mathématiques.

Lors de la simulation, les animatrices ont donné plusieurs trucs aux enseignants : commencer par familiariser les élèves avec la grille de jeu, identifier les lettres à utiliser avec des noms de pays, faire penser aux rallonges des mots (exemple : film, films, filme ou filmer) et utiliser les références alphanumériques (ex. : case G-5).

Chaque école qui devient membre de la Fédération (50 $ plus taxes) reçoit une grande grille de scrabble, 20 jeux pendant trois mois et un guide pédagogique comprenant des parties écrites à l’avance. Un logiciel permettant de jouer sur l’ordinateur est aussi disponible. Des bénévoles de la FQCSF peuvent aussi animer des activités de Scrabble en classe.

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