L’aide aux devoirs : déjà bien ancrée dans nos écoles

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La majorité des écoles primaires offrent depuis sept ans de l’aide aux devoirs par le biais d’un financement du ministère de l’Éducation. Pour l’année scolaire 2011-2012, il consacre 19,5 millions $ à cette mesure. Les 72 commissions scolaires de la province sont maître d’œuvre des projets, et leur allocation est basée principalement sur le nombre d’élèves du primaire qu’ils accueillaient l’année précédente. Les projets soumis par les écoles doivent démarrer au plus tard le 1er novembre de chaque année.

L’objectif de ce programme est simple : réduire au maximum les retards d’apprentissage en intervenant tôt dans le cheminement scolaire auprès d’élèves considérés à risque d’échec. Le pari est qu’en leur transmettant des méthodes de travail efficaces et en développant leur autonomie, ces enfants seront plus motivés à poursuivre leurs études.

Outre les écoles, les organismes privés ou sans but lucratif d’aide aux devoirs se multiplient. Chacun a sa propre façon d’interagir avec les élèves, qu’il s’agisse de dépêcher des enseignants directement au domicile de l’enfant, d’organiser des rencontres dans des locaux qui leur sont propres ou encore de pratiquer le tutorat à distance. L’utilisation de la technologie est variable d’un service à l’autre. Les gens qui y travaillent sont généralement des professionnels de l’enseignement, et parfois des enseignants à la retraite.

Des bornes interactives

En 2010, la Commission scolaire de Montréal a mis la technologie au service de l’aide aux devoirs en installant une dizaine de bornes interactives. Ces guichets, disposés dans certains services de garde, offrent un lien direct avec les services d’Allô prof, un organisme dédié à l’aide aux devoirs pour les jeunes du primaire et du secondaire. Le personnel enseignant de l’organisme forme dans chaque école des élèves experts qui appuient leurs camarades dans l’utilisation des bornes.

Sur un ordinateur ordinaire, l’attention de l’élève peut rapidement être détournée par les publicités et les autres sites, dont les médias sociaux. Or, ces bornes interactives ne permettent que l’accès au site d’Allô prof. « Pas de publicités, pas de sollicitation : c’est une meilleure expérience pour les étudiants, mentionnait à l’époque Marc-Antoine Tanguay à Infobourg. Aussi, la borne interactive est comme un “guichet d’explications” qui attire l’élève et augmente sa motivation à utiliser nos services. »

Bientôt, les bibliothèques de la Ville de Montréal accueilleront aussi des bornes interactives! De plus, Allô prof a entamé l’an dernier une tournée provinciale afin de présenter ses services. Dans chacune des commissions scolaires visitées, l’organisme d’aide aux devoirs a laissé quelques bornes interactives afin qu’elles se promènent en rotation dans les écoles. Ainsi, les élèves peuvent expérimenter l’ensemble des services d’Allô prof et éventuellement transposer l’expérience à la maison, à l’heure des devoirs.

Une question de motivation

La motivation est un élément capital dans la réalisation des devoirs. Et de l’avis de plusieurs, l’utilisation des nouvelles technologies peut s’avérer très utile pour raccrocher les élèves, tant à l’école qu’à la maison, au plaisir de réaliser leurs devoirs.

Le chercheur Thierry Karsenti consacre son quotidien aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Titulaire depuis 2003 de la Chaire de recherche sur les TIC en éducation et enseignant à l’Université de Montréal, il a dirigé entre 2003 et 2005 une recherche en milieu défavorisé démontrant clairement que la motivation scolaire des 10-12 ans pouvait être maintenue par l’utilisation des technologies, particulièrement chez les garçons.

À l’époque, M. Karsenti soulignait que 39 % des élèves du primaire utilisaient déjà l’ordinateur presque tous les jours ou quelques fois par semaine pour faire leurs devoirs. À l’école, 33 % du temps imparti à l’informatique était utilisé pour faire des recherches d’informations sur le web. Le rapport conclut que les enfants « éprouvent un sentiment de compétence très élevé lorsqu’ils se servent d’un ordinateur en classe ». On peut supposer que le même effet est obtenu lors des devoirs à la maison. Tant les filles que les garçons se sont montrés motivés par les activités se déroulant à l’ordinateur. Toutefois, l’intérêt des garçons pour l’ordinateur a augmenté au fil du temps, tandis que celui des filles aurait diminué.

Près de dix ans plus tard, l’enseignant Pierre Poulin remarque, à l’instar de M. Karsenti, l’engouement des élèves pour l’utilisation des nouvelles technologies, tant en classe qu’à la maison. Depuis trois ans, il pilote une iCl@sse de 6e année (classe complètement technologique sans manuels) à l’école Wilfrid-Bastien à Montréal. M. Poulin affirme que des élèves reconnus pour leurs problèmes de comportement ou pour être moins vigilants dans leurs devoirs se sont grandement améliorés en fréquentant sa classe.

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