La réflexion éthique autour des TIC

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Avec le Web 2.0 et les médias sociaux, les éducateurs doivent faire face à des situations qui soulèvent des questions d’ordre éthique. L’atelier « La réflexion éthique et les TIC », organisé le 3 juin dernier dans le cadre des RDVirtuels du RÉCIT, propose une démarche de réflexion, afin d’y voir clair. En voici le compte rendu.

Doit-on être « ami » sur Facebook avec ses élèves? Échanger des courriels avec les parents? Permettre l’utilisation du mobile en classe? Voilà autant de situations auxquelles les enseignants, conseillers pédagogiques, directeurs d’école, etc., sont exposés au quotidien. Une démarche de réflexion peut ainsi s’avérer utile, pour les outiller et les guider leurs travaux d’élaboration ou d’application d’une politique d’utilisation des TIC, ou encore lorsqu’ils se questionnent sur leur pratique professionnelle.

L’atelier « La réflexion éthique et les TIC », animé par Benoît Petit, conseiller pédagogique du Service national du RÉCIT du développement de la personne, a permis de dégager les bases de la réflexion éthique, en les juxtaposant aux défis et aux questions éthiques que pose l’utilisation des TIC en contexte scolaire.

Distinguer l’éthique de la morale

« L’éthique est un processus de réflexion continu sur le sens et les conséquences multiples des actions. La morale propose ou impose une norme de conduite, tandis que l’éthique, qui est de l’ordre du questionnement sur les grands principes de vie, oblige à faire des choix et à savoir les expliciter. »
Source : Le grand dictionnaire terminologique

Ainsi, pour qu’une question soit éthique, elle doit répondre à une série de questions factuelles, afin de décrire la situation objectivement et comprendre ce qui se passe. « Décrire la situation permet de prendre une distance par rapport à l’objet d’étude, on est moins dans l’émotif. Si on se posait la question : « Est-ce acceptable de faire ça? », ça viendrait chercher plus nos émotions, on serait plus dans la morale à ce moment, explique M. Petit. »

Définir précisément la situation

Plus la situation sera précise, plus la réflexion portera ses fruits. Dans un premier temps, une série de questions éthiques, de types descriptifs, peuvent être posées :

Qui? Les élèves, l’enseignant, les parents (qui seront au courant de la tricherie), la direction d’école
Quoi? Tricherie
Où? Dans la classe
Quand? Durant un examen
Comment? Envoi de texto via des mobiles
Pourquoi? Pour partager des réponses d’examen

Analyser les différents points de vue

Ensuite, on peut analyser les différents points de vue des acteurs en présence et sur quels repères (normes, valeurs) ils s’appuient. Il risque ici d’y avoir des tensions, des conflits de valeurs, car chaque point de vue est différent et « même si on s’entend sur des valeurs, ça ne veut pas dire qu’on leur accorde la même importance », dit M. Petit. Le défi consiste donc à ne pas porter de jugements de valeur.

Exemple : Pour un enseignant, il est intéressant de constater que les élèves ont compris l’esprit de collaboration et d’entraide que peuvent amener les technologies mobiles. Ainsi, pour un enseignant qui accorde de l’importance au réseautage, cette situation ne serait pas si grave.

Dégager des choix ou actions possibles

Après avoir relevé les différents points de vue des acteurs en présence, on peut se demander quels seraient les choix ou actions possibles qu’on observe dans la situation.

Exemple : Sanctionner les élèves. Les faire réfléchir sur le geste qu’ils viennent de poser. Essayer de voir jusqu’où on pourrait encadrer l’utilisation des mobiles.

À partir de ces choix, il faut ensuite faire ressortir les conséquences associées à chacun des choix possibles, pour soi, pour le groupe, pour la société. Et finalement, sélectionner ceux qui favorisent le mieux vivre ensemble.

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