Le langage 2.0 : keske C?

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(section précédente)

À force d’envoyer des messages texte de leur téléphone, les jeunes ont développé une rapidité certaine… et un langage bien à eux. Cette façon d’écrire contamine aussi les autres médias sociaux. Pour les non-initiés, les textes deviennent rapidement incompréhensibles.

Plusieurs parents et enseignants s’inquiètent de l’impact du langage SMS (short message service)  sur l’orthographe des jeunes. Selon plusieurs études, il semble toutefois qu’il n’y ait pas de quoi écrire un texto à sa mère.

Une étude de la Coventry University auprès de 114 jeunes de 9 et 10 ans a même montré que l’utilisation régulière de ces abréviations ne nuisait pas à la littératie. En fait, il aiderait même la lecture, l’écriture et la maîtrise de l’orthographe.

En 2006, des chercheurs de l’Université de Toronto ont aussi réalisé une étude auprès de 71 adolescents, rapportait Le Devoir. Ils en sont également arrivés à la conclusion que l’orthographe des jeunes n’était pas affectée par ce langage, au contraire.

Cela signifie-t-il qu’on devrait le tolérer lorsque les médias sociaux sont utilisés à des fins pédagogiques? David Martel a, pour sa part, interdit le langage SMS quand il a initié ses élèves à Twitter. « Je leur ai dit que le langage texto était réservé aux textos et que ça n’avait pas sa place dans une classe de français. Souvent, 140 caractères c’est bien suffisant. Et c’est aussi plus facile à faire passer aux parents sans langage SMS », confie-t-il. L’enseignant a constaté que la qualité du français sur Twitter reflétait ce qu’il voyait dans les travaux des jeunes.

Par ailleurs, les adultes auraient peut-être intérêt à s’initier au langage SMS. Certains ados l’utilisent justement pour rendre leurs communications incompréhensibles pour leurs parents ou enseignants. Pour déjouer ces petits rusés, on peut se tourner vers des outils en ligne comme le Dictionnaire SMS!

Des blogues mieux écrits

Certains médias sociaux se prêtent aussi moins bien au langage SMS. C’est notamment le cas des blogues. Martin Bélanger, un enseignant trentenaire, a demandé l’an dernier à ses 56 élèves de 14 et 15 ans ce qu’ils pensaient des technologies de l’information et des communications. Certains seront peut-être surpris d’apprendre que 100 % des élèves sondés admettent se forcer davantage pour bien écrire sur leur blogue que dans leurs travaux scolaires! De plus, 64 % disent faire plus d’efforts dans leurs travaux, car ils savent qu’ils pourront les publier sur leur blogue. Enfin, la très grande majorité (93 %) affirme que rédiger un blogue est une excellente façon de s’exercer à mieux écrire.

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