Trouble de déficit d’attention : alerte aux faux diagnostics

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Beaucoup d’enfants québécois recevraient à tort un diagnostic de trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). C’est ce qu’a affirmé le neuropsychologue Benoît Hammarrenger dans une conférence au dernier colloque de l’AQETA.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivités (TDAH) atteint une proportion d’enfants considérable dans les pays industrialisés. Il s’agirait même du diagnostic le plus fréquent chez les enfants en Amérique du Nord.

Lors d’une présentation au dernier congrès annuel de l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA), M. Benoît Hammarrenger, neuropsychologue et fondateur de la Clinique d’évaluation et réadaptation cognitive (CERC), a affirmé que le TDAH était diagnostiqué à tort chez de nombreux enfants québécois.

S’il n’a pu s’avancer sur des chiffres (aucune étude n’a été réalisée au Québec), pour lui « la situation pourrait être similaire à celle des États-Unis, où 25 % des enfants reçoivent à tort un diagnostic de TDAH ». À sa clinique, environ le tiers des enfants qu’on lui envoie pour traiter un TDAH seraient plutôt atteints d’autres problèmes, liés par exemple à l’anxiété, à la douance, à un trouble envahissant du développement, etc.

Des diagnostics précoces

Pour le neuropsychologue, il importe de commencer par faire un bilan complet de l’enfant. Le questionnaire de Conners, très utilisé, ne peut suffire à poser un diagnostic, car il « n’est qu’une donnée parmi d’autres, indique-t-il ». Rempli soit par l’enseignant, le parent ou un psychologue, le questionnaire comporte une série de critères; lorsque six sont cochés, alors le diagnostic de TDAH est posé. Quant à la nature des critères, il ajoute que ce « sont en réalité des symptômes et non des causes ». Il ne s’agit pas d’une analyse approfondie du problème de l’enfant.

Toujours selon lui, l’âge de l’enfant et si ce dernier est né avant ou après le 30 septembre (rentrée scolaire) peuvent causer une différence pour ce qui est de sa maturité. « Jusqu’à six ans et onze mois, les diagnostics qu’on pose doivent être très parcimonieux. Et avant quatre ans, on ne mesure pas grand-chose, a-t-il soutenu. C’est vers huit ans qu’on peut vraiment commencer à voir que ce qu’on mesure, ce n’est pas de l’immaturité. »

M. Hammarrenger invite les spécialistes (médecins, psychologues, etc.) à ne pas faire trop de diagnostics pour une même personne et à restreindre autant que possible l’usage de médicaments. Au Québec, les médicaments pour contrer le TDAH (p. ex. Ritalin) ont quadruplé ces dernières années.

Sources :

Le grand nombre de diagnostics de trouble de déficit d’attention inquiète (abonnement)
Déficit d’attention : gare aux faux diagnostics

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