Des universitaires fiers du système scolaire québécois

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Dix-huit universitaires ont signé une lettre ouverte dans les journaux pour dénoncer le dénigrement du système d’éducation québécois dans l’espace public. Ils signent leur lettre « Des universitaires fiers de leur école compétente ». Infobourg a discuté avec quatre signataires de cette lettre : Louise Lafortune (UQTR), Noëlle Sorin (UQTR), Luc Prud’homme (UQTR), Ghislain Samson (UQTR), Sonia Lefebvre (UQTR), Carole Raby (UQAM) ainsi qu’avec Sylvie Ouellet (UQTR). Compte-rendu de la discussion.

En décembre dernier, l’OCDE a dévoilé les résultats de l’enquête PISA (l’acronyme en anglais pour Programme international de suivi des acquis des élèves) 2009. Ce programme évalue les résultats des élèves de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences dans 65 pays différents. Le Québec se retrouve dans le peloton de tête pour chacune des matières, ses résultats étant les meilleurs de la Francophonie.

Louise Lafortune, professeure au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières, voudrait que les Québécois soient fiers de leur système d’éducation, qui se classe bien à l’international. « On retient toujours l’élément négatif dans ce genre d’étude, alors qu’il faudrait insister sur le positif! »

Son collègue Luc Prud’homme se réjouit que le Québec soit une société qui avance sur le plan de l’éducation. « Quand on a conçu le Renouveau pédagogique, on a pris deux ans pour écouter ce que les citoyens avaient à dire. Aujourd’hui, on a une approche qui réunit l’action et les connaissances et qui aide les enfants à voir la pertinence de ce qu’ils apprennent. L’élève est mobilisé dans l’action, on lui donne des outils pour la tête, des outils méthodologiques et relationnels. » Sylvie Ouellet note l’importance des compétences transversales qui « permettent de faire des liens. Ce qui est appris en mathématiques aide en sciences! C’est logique! »

Selon l’avis des universitaires, la mauvaise impression sur le système d’éducation est la faute des médias, des politiciens et des universitaires eux-mêmes. « Pour faire évoluer un système, ça prend du temps. Le changement ne se fait pas du jour au lendemain », explique Luc Prud’homme. « Les formats médiatiques ne permettent pas de prendre du temps pour expliquer ce changement, se désole Louise Lafortune. On accorde plus d’importance à l’opinion de certains politiciens sur l’éducation alors qu’on ne demande pas aux spécialistes de se prononcer et d’expliquer. » Les parents, notamment, semblent perdus et réclament souvent un retour aux bonnes vieilles méthodes.

C’est le cas pour le bulletin unique à tous les élèves québécois que veut instaurer le ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport et qui mettrait en évidence l’acquisition des connaissances. Or, selon Sonia Lefebvre, ce bulletin a été mis en place à cause de la pression des parents, mais ne répond pas à l’intérêt de l’enfant. « Le bulletin unique n’est pas cohérent avec le programme et la façon d’enseigner. Il faut plutôt expliquer les cotes et les compétences aux parents au lieu de tout remettre en question. »

Louise Lafortune estime que l’argent dépensé pour la création de ce nouveau bulletin aurait pu être mieux utilisé ailleurs : « Il faut valoriser l’éducation, et les enseignants, pas seulement en paroles, mais aussi en action. L’uniformisation n’est pas la solution, il faut faire confiance aux équipes-écoles et aux enseignants. »

Pour en savoir plus sur l’enquête PISA

Pour lire la lettre envoyée aux médias

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