Ludovia 2010 : l’exemple de la Norvège

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France – Après le Québec, le Maroc et la Catalogne, c’était au tour de la Norvège d’être l’invitée d’honneur cette année de Ludovia. La Norvège est l’un des pays d’Europe les plus en avance dans l’intégration des technologies à l’école. L’intervention des représentants de la Norvège était donc attendue avec beaucoup de curiosité…

Le système scolaire en Norvège, essentiellement public, compte 615 000 élèves dans les écoles primaires et l’équivalent du collège, et 190 000 dans les écoles secondaires (lycées). En 2006, le système scolaire a été réformé et a ajouté un lien très fort avec les nouvelles technologies, notamment via un référentiel de compétences particulièrement important qui suit l’élève tout au long de sa formation et de son parcours professionnel.

Ce référentiel, appelé curriculum, se base sur cinq compétences principales : s’exprimer oralement, lire, compter, écrire et utiliser les TIC. Il a été le point de départ pour modifier les usages pédagogiques.

Un centre sur les TIC dans l’éducation est chargé tous les deux ans d’évaluer l’évolution du plan mis en place par le ministère de l’Education nationale. Geir Ottestad, chercheur dans ce centre, est venu présenter les derniers résultats de cette enquête, qui s’avèrent très positifs.

Les ordinateurs sont principalement utilisés à la fin du lycée. Près de 80% des élèves utilisent l’ordinateur au moins quatre heures par jour en classe. L’ordinateur est le plus souvent utilisé en cours de norvégien, mais il est utilisé aussi dans toutes les matières. La moitié des professeurs de lycée se sert quotidiennement de l’ordinateur en classe, contre environ 15 % des enseignants au collège.

Outre les ordinateurs, plus de 90% des écoles primaires et des collèges et 100% des lycées utilisent quotidiennement un environnement numérique de travail (ENT). Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces usages : la volonté gouvernementale depuis 2004, la culture technologique ancrée dans l’histoire de la Norvège, et le bon taux d’équipement dans les écoles et les domiciles. Enfin, pour une bonne adaptation des enseignants, il faut que l’équipe directive soit impliquée dans le choix et la mise en place du dispositif, que des communautés se créent et que le projet soit suivi de près. Toutefois, en primaire, les ENT sont moins implantés du fait du niveau plus faible de l’équipement informatique et de la complexité des ENT, mal adaptés pour le niveau primaire.

Lors d’une table ronde consacrée à l’éducation numérique en Norvège dans le second degré, Terje Risa, directeur d’école privée est venu présenter sa conception des TICE. Dans son école située à Bergen qui compte environ 400 élèves de 16 à 19 ans, tous les élèves ont un ordinateur portable connecté à Internet. Il a l’ambition de faire de son école l’une des plus innovantes en Norvège.

Dirigeant son école comme une entreprise, il demande à tous les enseignants de s’impliquer fortement dans l’intégration des technologies : ces derniers n’ont d’ailleurs pas le choix et doivent utiliser l’ENT et les autres technologies dans leurs pratiques. Il demande ainsi à tout le personnel de l’école de maîtriser complètement l’ENT. Les enseignants ont pour mission de mettre en ligne leurs cours au moins trois jours à l’avance avec les ressources qu’ils utiliseront, de les intégrer dans les calendriers, et d’enregistrer dans l’ENT toutes les notes écrites sur le tableau blanc interactif.

Les statistiques nationales de la Norvège sur l’intégration des nouvelles technologies à l’école sont particulièrement bonnes, mais dans les écoles publiques qui constituent la majorité des établissements, les changements que cela implique n’ont pas été faciles, a indiqué Geir Ottestad. Le ministère de l’Education nationale avait une forte volonté de faire bouger les choses, mais cela ne s’est pas fait sans résistance… De quoi rassurer les représentants de l’Education nationale en France qui étaient présents à Ludovia !

Par Lucile Donnat

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