Trouble du langage : Des yeux qui parlent

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Canada – Votre enfant marche, rit et dessine, mais ses yeux parlent plus que sa bouche, il est peut-être atteint d’un trouble du langage.

L’Association québécoise des troubles d’apprentissage insiste sur la différence entre un retard de langage et un trouble du langage. Le retard de langage correspond à un décalage par rapport à la courbe de développement normal. Ce décalage est lié à un contexte particulier (carence, multilinguisme, retard intellectuel, otites répétées, etc.).

Le trouble du langage se définit plutôt par la présence d’anomalies dans la croissance. L’acquisition du langage ne se fait pas selon le développement régulier. Il n’y a aucune cause apparente et ne s’explique pas par une déficience intellectuelle ni par une déficience auditive, comme ça peut être le cas lors d’un retard de langage. La principale différence est que le trouble du langage est permanent.

Manifestations
Un enfant qui présente un trouble du langage manifeste généralement une difficulté marquée à se concentrer sur le message oral et même à le comprendre s’il est formulé trop rapidement. Il est difficile pour lui de parler avec une structure grammaticale adéquate, d’écouter une conversation concernant un sujet qui ne lui est pas familier et de suivre des indications données oralement ou par écrit.

Dysphasie
Dans la catégorie des troubles du langage, il y a ce qu’on appelle un trouble spécifique du langage connu aussi sous le nom de syndromes dysphasiques ou dysphasie. Les syndromes dysphasiques se caractérisent par un trouble dans l’acquisition du langage malgré une intelligence non verbale normale et une absence de dommages cérébraux sévères. Les enfants dysphasiques entendent bien, mais ont de la difficulté à saisir le sens des mots. Ils ont également de la difficulté à se faire comprendre parce qu’ils ne trouvent pas les mots exacts pour exprimer leurs idées.

La dysphasie est donc un trouble permanent qui a des répercussions sur la vie affective, sociale, familiale et scolaire de l’enfant. Le degré de sévérité peut varier. Lorsque la personne est atteinte d’une dysphasie légère, elle est souvent décelée en milieu scolaire seulement. Si l’enfant est atteint à un degré modéré ou sévère, il doit être confié à une classe particulière. Peu importe le degré de sévérité, le diagnostic doit être posé par un orthophoniste.

L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) estime, selon une étude menée aux États-Unis, qu’environ 25 enfants sur 10 000 seraient dysphasiques, et ce serait majoritairement des garçons. Toujours selon l’OOAQ, il semblerait que 80 % des enfants ayant des troubles d’apprentissage présentent également un trouble du langage.

Interventions
Certaines attitudes sont à privilégier pour favoriser le développement des compétences langagières de l’enfant. Pour capter son attention, on peut le toucher doucement en lui parlant ou s’adresser à lui en l’appelant par son nom. Il faut évidemment parler un peu plus lentement, en utilisant des mots simples, pour lui donner la chance de suivre. Mettre de l’intonation dans sa voix, utiliser des gestes et des outils visuels, établir une relation favorable et mettre en œuvre des moyens compensatoires sont aussi de petits trucs simples qui favoriseront la communication chez l’enfant.

À l’école, il faut s’assurer que l’enfant connaît bien la signification du vocabulaire employé par son enseignant. On peut créer une liste de définitions et d’illustrations pour l’aider dans son apprentissage. L’utilisation de pictogrammes est à privilégier pour accompagner l’enfant dans sa routine de classe. Plus l’enfant sera stimulé, en fonction de ses besoins particuliers, plus il aura de chance d’évoluer.

Pour aider l’enfant à améliorer son langage et sa compréhension du langage, tout en s’amusant, l’Association Dysphasie + propose une multitude d’activités de stimulation tout au long de l’année comme Les samedis animés ou le Dîner de Noël. Il y a aussi des ateliers et des conférences pour apporter du soutien aux parents d’enfants dysphasiques.

Par Marie-Christine Leblanc