La dyscalculie : les mathématiques, un vrai casse-tête

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Canada – Si vous entendez deux cent soixante-dix-sept, vous pensez automatiquement à 277, n’est-ce pas? En est-il de même pour votre enfant? Pense-t-il plutôt à 20060107?

La dyscalculie est une faiblesse dans l’apprentissage des opérations de calcul, mais aussi une incompréhension des mathématiques en général. C’est pourquoi on parle aussi d’un trouble de l’apprentissage des mathématiques.

On observe, chez les enfants atteints de dyscalculie, un retard significatif dans les tests standardisés de mathématiques. La réussite scolaire en est, bien évidemment, très affectée.

Les quantités numériques posent problème aux enfants présentant une dyscalculie, c’est-à-dire qu’ils font difficilement l’association entre un nombre et une quantité. On peut comparer cela au défi que représente l’association des lettres et des sons chez les dyslexiques.

Causes
Différentes problématiques peuvent être la cause de ces difficultés en mathématiques. Par contre, il ne s’agit ni d’un déficit sensoriel ni d’une déficience intellectuelle. On attribue généralement la dyscalculie à un dysfonctionnement du processus de traitement du calcul et à des aires cérébrales particulières, mais la recherche en est encore à ses débuts.

Selon l’Association québécoise des troubles d’apprentissage, des limites au plan de l’attention peuvent causer des erreurs d’inattention les menant à utiliser la mauvaise opération (p. ex. une soustraction au lieu d’une addition), à ne pas compter adéquatement ou à omettre des emprunts et des retenues. Si l’enfant présente aussi un trouble de la lecture, il aura tendance à inverser des chiffres.

Des problèmes exécutifs peuvent également nuire à la résolution de problèmes. Par exemple, l’enfant va répéter la même erreur sans cesse ou bien il n’arrivera pas à considérer plusieurs pistes de solutions en même temps.

Il arrive aussi que les personnes atteintes de dyscalculie aient des problèmes d’ordre visuo-spatial. Ces problèmes nuisent à l’organisation spatiale des problèmes et à l’alignement des chiffres. Les mesures et la géométrie deviennent alors très problématiques.

La dyscalculie est moins bien connue que certains autres troubles d’apprentissage parce que les enfants ont tendance à la dissimuler. Ils développent des stratégies de contournement comme apprendre par cœur la table des multiplications sans pourtant en comprendre le sens ou bien ils estiment qu’ils sont nuls en maths sans chercher plus loin.

Recommandations
Pour remédier à ces difficultés, il existe quelques exercices. Par exemple, appliquer les apprentissages à des situations de la vie quotidienne. L’épicerie est un lieu où il est facile d’appliquer les mathématiques à des activités concrètes.

L’utilisation d’une approche multisensorielle pour l’apprentissage des tables, c’est-à-dire en sautant, en chantant, etc., ou l’élaboration de trucs par l’enfant lui-même peuvent s’avérer de bonnes stratégies.

Lors d’un examen, il est important d’allouer un peu plus de temps à un enfant souffrant de dyscalculie. Il importe aussi de corriger autant sa démarche que sa réponse.

Chez l’adulte, même si l’apprentissage des mathématiques en milieu scolaire est terminé, la dyscalculie ne disparaît pas. Elle cause encore certains problèmes. Les dyscalculiques ont de la difficulté à saisir le prix d’un produit, à estimer une distance ou la taille d’un objet.

Par Marie-Christine Leblanc

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