Quatre balises pour guider l’adaptation des conditions de passation des épreuves ministérielles

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Québec – Un document de soutien a été conçu par la Direction de la sanction des études pour soutenir la démarche d’analyse des besoins d’adaptation des conditions de passation des épreuves ministérielles par les élèves ayant un handicap ou un trouble d’apprentissage reconnu.

La marche à suivre pour obtenir une autorisation a été modifiée en 2009. À partir de ce moment, pour les élèves ayant un plan d’intervention prévoyant l’utilisation d’outils d’aide à l’écriture, la direction de l’école n’était plus tenue d’adresser une demande d’autorisation à la Direction de la sanction des études, du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), pour mettre en place cette mesure lors des épreuves ministérielles.

À la suite de cet avis, de multiples questions ont été posées. Les réponses à ces questions sont résumées dans ce nouvel Info/Sanction.

Quatre balises sont proposées dans le document de soutien pour guider la prise de décision : prendre toute décision dans le meilleur intérêt de l’élève, situer l’évaluation des apprentissages parmi les éléments d’un plan d’intervention, établir le caractère indispensable de la mesure d’adaptation envisagée et respecter les exigences des situations d’évaluation.

Prendre toute décision dans le meilleur intérêt de l’élève
Le MELS reconnaît, dans sa Politique d’évaluation des apprentissages et dans sa Politique d’adaptation scolaire, qu’il peut être nécessaire d’adapter certaines conditions d’administration des épreuves pour permettre à des élèves ayant des besoins particuliers de faire la démonstration de leurs apprentissages. Toutefois, les exigences ne doivent pas être modifiées.

En fait, l’objectif est de pouvoir mesurer adéquatement les apprentissages tout en assurant les conditions de comparabilité des résultats des élèves d’une classe donnée. Une épreuve traduite en braille pour un élève malvoyant, l’utilisation d’un outil d’aide à l’écriture pour un élève dyslexique ou la surveillance adaptée d’un élève ayant un déficit d’attention ne sont nullement contestées.

Par contre, il n’est pas question d’utiliser un ordinateur personnel dont le disque dur donnerait accès à des notes de cours auxquelles les autres n’auraient pas droit.

Il faut également être vigilant pour éviter que les mesures mises en place amènent un défi supplémentaire à l’élève. Par exemple, l’utilisation d’un outil technologique mal maîtrisé peut nuire à l’élève. C’est pourquoi seules les mesures de soutien appliquées au cours de l’année scolaire peuvent être envisagées pour la passation des épreuves ministérielles.

La Direction de la sanction des études offre des services qui viennent en aide à ces mesures d’adaptation comme la traduction des épreuves en braille.

Situer l’évaluation des apprentissages parmi les éléments d’un plan d’intervention
Comme il a déjà été mentionné dans un article sur l’Infobourg, lorsque la mesure d’adaptation est inscrite dans le plan d’intervention de l’élève et qu’elle est directement liée au handicap ou au trouble d’apprentissage reconnu, il n’est pas nécessaire d’adresser une demande d’autorisation à la Direction de la sanction des études.

À ce moment, la direction de l’école peut appliquer les mesures appropriées comme autoriser la prolongation de la durée de l’épreuve jusqu’à un maximum équivalent au tiers du temps normalement alloué. Elle peut aussi accepter la présence d’un accompagnateur ou l’utilisation d’un ordinateur dans le respect de certaines conditions telles que l’absence de communication avec les autres élèves.

L’utilisation d’un outil d’aide à l’écriture peut aussi être autorisée si celui-ci a été régulièrement utilisé par l’élève en cours d’apprentissage. L’outil doit solliciter la prise de décision de l’élève comme dans le cas des prédicateurs de mots.

Lorsque l’élève ne possède pas de plan d’intervention, la direction de l’école doit présenter à la Direction de la sanction des études un rapport d’évaluation réalisé par un professionnel reconnu de l’établissement scolaire. Le rapport doit attester de la présence d’un trouble d’apprentissage et de la nécessité de l’utilisation d’outils pertinents.

Établir le caractère indispensable de la mesure d’adaptation envisagée
Les enseignants mettent en place des mesures d’adaptation pour aider l’élève dans ses apprentissages au cours de l’année. Par contre, au moment d’évaluer les apprentissages, il faut s’assurer que ces mesures sont indispensables pour ne pas favoriser certains élèves. Les résultats doivent être comparables entre tous les élèves.

Respecter les exigences des situations d’évaluation
Il est impensable de modifier les exigences d’évaluation en fonction des difficultés de chaque élève. Les attentes du programme peuvent être, dans certains cas, hors de portée pour un élève, mais l’élève doit quand même être soumis à l’intégralité de l’épreuve.

Le document de soutien n’a pas la prétention de mettre un point final à la réflexion sur les mesures d’adaptation des conditions de passation des épreuves ministérielles. La Direction de la sanction des études est ouverte aux commentaires et aux pistes de réflexion au sanction.dse@mels.gouv.qc.ca

Par Marie-Christine Leblanc

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