Les classes portables au Québec

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Montréal – Les chercheurs et les enseignants sont prêts à dresser un premier bilan, dix ans après l’arrivée des classes portables dans les écoles du Québec. Le 11 mai dernier, une trentaine d’entre eux se sont rassemblés lors du colloque Odyssée des classes portables… du primaire au postsecondaire organisé dans le cadre du 78e congrès de l’ACFAS qui se déroulait à l’Université de Montréal.

L’avant-midi de ce colloque était consacré à la perspective québécoise des classes portables. Plusieurs des présentations étaient liées à des projets de recherche de professeurs de l’Université de Montréal. L’expérience de l’école primaire Perce-Neige à Pierrefonds a particulièrement retenu l’attention.

Marc Dubois, directeur de l’école, est venu partager son expérience de classes portables, qui existent dans son école depuis deux ans, grâce à un projet de l’Université de Montréal.

Il constate que les défis sont d’abord techniques, installer un réseau Internet sans fil, apprendre à utiliser le chariot de portable, mais aussi humains. Pour réaliser l’expérience, les enseignants devaient enseigner au moins 70 % du temps en utilisant les TIC.

Ce fut pour eux un véritable défi et ils ont ressenti un sentiment de perte de compétence important au départ. « Un projet de ce genre nécessite beaucoup de réorganisation de la part des enseignants et le temps d’adaptation est long », explique le directeur.

M. Dubois estime qu’il faut passer beaucoup de temps à réfléchir à l’intégration des TIC dans la classe lors de l’implantation d’un projet comme celui-là. Les enseignants ne doivent pas être laissés à eux-mêmes, surtout la première année. Selon lui, les résultats sont toutefois stimulants; les enfants sont plus engagés dans leurs études, plus motivés et surtout très fiers.

Sophie Goyer, de l’Université de Montréal, est venue présenter les résultats de son étude du journal de bord d’une des enseignantes qui ont participé au projet. Si le début de l’année scolaire semble avoir été plus laborieux, l’enseignante a toutefois constaté que les parents étaient impressionnés par les travaux des élèves. Le plus grand défi de l’enseignante a été de garder des traces, afin de faciliter l’évaluation.

L’expérience de l’école Perce-Neige a aussi permis à Simon Collin, doctorant à l’Université de Montréal, d’étudier l’impact des TIC sur les résultats en français des élèves. Son étude longitudinale compare des textes écrits manuscrits avec des textes rédigés au traitement de texte.

Les résultats montrent que les enfants ont de meilleurs résultats en orthographe et pour l’utilisation de majuscules lorsqu’ils utilisent l’ordinateur. Toutefois, les textes écrits à la main comportaient moins d’erreurs de syntaxe et de conjugaison.

Selon Simon Collin, l’utilisation des TIC est efficiente si elle s’accompagne d’une réflexion de l’élève. Par exemple, les correcteurs automatiques sont utiles aux élèves qui réfléchissent aux différentes propositions et qui ne choisissent pas automatiquement la première réponse.

La dernière partie de l’avant-midi était consacrée à une table ronde en compagnie de plusieurs experts et éducateurs. Les participants se sont entre autres demandés si l’ordinateur portable était le meilleur outil pour les classes québécoises, puisqu’on remarque que les ordinateurs sont souvent sous-utilisés.

À l’ère du iPad, du iPod touch et du tableau blanc interactif, certains croient qu’il vaut mieux attendre quelques années avant d’équiper les classes de portables, le temps que les enseignants intègrent graduellement les TIC avec des outils plus simples.

Pour visiter le site internet du colloque et consulter les présentations des conférenciers : http://acfas2010.crifpe.ca/.

Pour en savoir plus : http://www.crifpe.ca/

Par Marie-Philippe Gagnon-Hamelin

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