Dyslexie : surmonter des difficultés en lecture

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Canada – Apprendre à lire n’est pas un jeu d’enfant. Imaginez quand des troubles d’apprentissage s’en mêlent. Et si les difficultés persistaient… La dyslexie, un trouble spécifique de la lecture, représente tout un défi, à tous âges.

Selon l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA), la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture d’origine neurologique et de nature héréditaire. En fait, la dyslexie est un problème lié aux sons des mots et se caractérise par un manque de fluidité dans la lecture.

Dès le primaire, les enfants atteints de dyslexie éprouvent de grandes difficultés à déchiffrer les sons qui correspondent aux lettres imprimées devant eux. En effet, ils n’arrivent pas à faire les liens adéquats entre les lettres (graphèmes) et les sons (phonèmes).

La lecture peut être légèrement hésitante, segmentée ou truffée de petites erreurs dans les cas les plus légers. Dans les cas de dyslexie plus graves, plusieurs sons sont confondus, transformés et parfois même oubliés. Ce qui rend la lecture ardue, mais aussi incompréhensible pour le lecteur. Par exemple, l’enfant lira « vallion » au lieu de « avion ».

À l’aide d’un programme de lecture intensif et structuré, les problèmes de précision peuvent être surmontés, du moins en partie puisque la dyslexie ne disparaît jamais complètement. Chez une personne dyslexique, le processus de lecture ne parvient pas à s’automatiser. C’est pourquoi la lecture d’un texte lui prend deux à trois plus de temps qu’un bon lecteur même quand l’individu suit un entraînement régulier de lecture.

D’ailleurs, au collégial et à l’université, l’étudiant dyslexique doit investir beaucoup plus d’efforts que ses pairs puisqu’un texte nécessitant environ trois heures de lecture, lui prendra de six à huit heures.

Types de dyslexie
La dyslexie touche de 15 à 20 % de la population selon l’AQETA. Il y a trois principaux types de dyslexie : phonologique, lexicale et mixte. La dyslexie de nature phonologique consiste en un trouble de décodage des sons correspondant aux lettres et aux unités de mots. La correspondance graphème-phonème est déficiente dans ce cas. Ce type de dyslexie est le plus répandu. Il touche environ 70 % des dyslexiques.

La dyslexie de nature lexicale concerne plutôt la lecture des mots irréguliers, c’est-à-dire les mots qui présentent des irrégularités comme sœur, monsieur et saison. Environ 10 % des dyslexiques sont touchés par un trouble de cette nature.

Lorsque le lecteur présente à la fois des difficultés de nature phonologique et lexicale, il s’agit de dyslexie mixte. Cela représente environ 20 % des dyslexiques.

Cause et diagnostic
Plusieurs études démontrent que la dyslexie, programmée dans notre code génétique, est héréditaire. La probabilité d’être atteint de dyslexie est d’environ 50 % si un des parents est touché et grimpe à 70 % si on a un jumeau dyslexique.

Les critères permettant d’identifier la dyslexie sont établis par l’Association américaine de psychiatrie, un groupe d’experts nord-américains. Ils se sont basés sur des données scientifiques afin d’élaborer des critères précis et reconnus internationalement.

Le standard d’identification d’un trouble spécifique de la lecture est l’observation d’un écart d’au moins deux ans entre le rendement intellectuel et les compétences en lecture. Il doit être démontré que cet écart nuit significativement à la réussite académique, et même aux activités quotidiennes impliquant la lecture.

La dyslexie n’est pas imputable à la déficience intellectuelle, à un trouble psychoaffectif ou à une absence de motivation ou d’intérêt. Toutefois, on constate un déficit d’attention chez 10 à 30 % des dyslexiques.

Pour identifier la dyslexie, un portrait global de l’individu doit être tracé par un neuropsychologue ou un psychologue spécialisé dans l’évaluation des troubles d’apprentissage. Le portrait comprend, entre autres, son cheminement académique, son bilan intellectuel et son profil psychoaffectif.

Une fois le diagnostic posé, les parents, les enseignants et tous les autres intervenants doivent travailler conjointement avec le dyslexique pour établir les stratégies appropriées.

Par Marie-Christine Leblanc