Au CAHM : des projets qui font rayonner les talents

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Le CAHM est une école où l’on mise sur l’auto-détermination des jeunes et le leadership pédagogique des enseignants. Suite de notre visite!

La conférence Clair 2017 aura lieu à guichets fermés du 26 au 28 janvier au Centre d’@pprentissage du Haut-Madawaska (CAHM), au Nouveau-Brunswick. Pour se mettre dans l’ambiance, on a rencontré l’un des organisateurs (le directeur de l’établissement), M. Roberto Gauvin.

Hier, on en a appris plus sur sa vision de l’éducation et de son rôle de leader en tant que directeur d’école. Aujourd’hui, on découvre quelques projets qui font vibrer les murs et les cœurs dans son établissement.

L’aventure numérique

Le numérique fait partie de la vie scolaire des élèves du CAHM. Ceux qui le désirent peuvent travailler avec des appareils mobiles. Les élèves de 7e et 8e (équivalent de la 1ère et de la 2e secondaire au Québec) ont tous un portable. Les autres peuvent utiliser les appareils disponibles à l’école ou apporter leurs propres appareils de la maison.

Les élèves ont la liberté d’utiliser l’outil de leur choix pour réaliser des activités de leur choix. Il leur faut toutefois soumettre leur projet par écrit et l’accompagner d’une première ébauche de plan. Les élèves peuvent travailler à leurs projets sur l’heure du midi ou pendant les récréations. L’école dispose d’un réseau sans fil.

Le numérique force certaines remises en question pédagogiques. L’ajout d’un jeu vidéo comme Minecraft dans un contexte scolaire, par exemple, favorise le développement de compétences que l’élève appliquera à son quotidien.

Le Labo Créatif

Le Labo Créatif du CAHM, mis en place en 2014, permet un apprentissage par la pratique à l’aide de technologies variées. À l’image du mouvement mondial Maker, et affilié au programme Brilliant Labs / Labos créatifs du Canada Atlantique, cet espace rend l’apprentissage signifiant pour les élèves car il leur permet de s’appliquer à résoudre des problèmes et de relever des défis qui ont un sens dans leur quotidien.

La différenciation pédagogique est favorisée. On trouvera au Labo créatif des élèves de quatrième, sixième, ou huitième année travaillant au même moment à leurs projets respectifs pendant que d’autres s’appliquent à quelques sujets d’étude à l’aide de leurs enseignants ou qu’ils poursuivent leurs recherches en bibliothèque.

Le Labo créatif du CAHM est spectaculaire, tant par la beauté du lieu que par la diversité des usages qu’en font les écoliers. Lors de ma visite, j’ai pu discuter avec plusieurs d’entre eux qui m’ont fait part de leur travail. Certains travaillent en solitaire à construire des robots, à programmer des jeux ou faire parler des plantes, d’autres forment équipe pour construire le modèle de leur village sur Minecraft ou planifier de spectaculaires circuits où ils appliquent et affinent leurs connaissances en programmation et en robotique.

Le site présente l’impressionnante liste des projets actuellement en cours.

 

Programme ENVOL

ENVOL, l’acronyme de Programme d’Exploration Novateur avec des Volets Orientant et en Leadership fait aussi référence à la chanson thème de l’école : Prendre son envol.

Ce programme, qui existe depuis plusieurs années, se vit un mercredi après-midi sur deux. De la maternelle à la deuxième année, les élèves vivent des activités qui leur permettent de faire des découvertes et développer leurs talents. De la 3e à la 8e année, les élèves qui le désirent participent à des projets de type entrepreneurial.

La Corporation au bénéfice du développement communautaire Madawaska Inc. offre les ressources financières qui assurent le développement entrepreneurial des volets proposés.

Un site web permet aux élèves de développer leurs pages d’entreprises et la communauté peut ainsi voir le développement tout au long de l’année scolaire.

Voyez des exemples des projets des élèves cette année :

Acadiepédia

À l’origine d’Acadiepédia, en 2014, le directeur Roberto Gauvin désirait développer un espace de publication gratuit pour permettre aux autres écoles et leurs élèves de son district de coconstruire avec les outils du Web 2.0.

Acadiepédia comporte trois parties.

1- Un Wiki de collaboration permet aux élèves de présenter leur communauté comme ils aimeraient la faire découvrir. Ils y décrivent leurs gens et leurs idées à leur manière. On y trouve aussi des vidéos et une liste d’artistes acadiens.

2- Le Blogue des jeunes invite les élèves à rédiger des articles sur un fil de presse Web. Près de 1300 élèves ont accès à ce blogue. Plusieurs des billets écrits par les élèves sont partagés avec le public sur la page Facebook d’Acadiepédia. Le but pédagogique de ce blogue est d’encourager les élèves à publier.

3- La très populaire Radio des jeunes d’Acadiepédia permet à ces derniers de participer à la réalisation et à la production d’émissions de radio en format MP3.

Point de vue d’une ancienne élève du CAHM

Maude, une étudiante de 16 ans en congé pédagogique, m’a accompagnée lors de ma visite.

« De nos jours, nous (les élèves) ne sommes pas évalués pour nos capacités, nos qualités et qui nous sommes vraiment, mais sur des résultats basés sur du « par cœur » en général. L’école où nous sommes allés (le CAHM) est très valorisante puisqu’elle leur permet de s’épanouir dans ce qu’ils aiment vraiment. »

Elle poursuit : « Malgré le fait qu’ils soit dans un petit village, cet établissement est adapté à notre monde technologique bien plus que d’autres écoles qui nous entourent (Maude est de la région de Montréal). Cette école permet à ses jeunes d’exceller dans quelque chose qui les passionnent vraiment puisqu’ils peuvent y essayer une variété d’activités. Cette école est très bien adaptée aux besoins de la région et de ses étudiants. »

En conclusion

Les conditions gagnantes pour « Voir l’éducation autrement » retenues de ma visite à Clair et de mon entretien avec Roberto Gauvin :

  1. Une volonté de l’administration.

2. Présence d’un leader pédagogique. Au CAHM, c’est le directeur, qui définit ainsi son rôle :

  • supporter les démarches innovatrices de ses enseignants;
  • apprendre aux écoliers à être responsables de leurs apprentissages.

3. Une équipe d’enseignants unis qui dirigent tous le bateau dans la même direction.

4. Une communauté locale qui exprime ses accords et ses doutes, sait discuter, écouter et supporter son école.

5. …et de la patience et du temps!

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Même s’il est trop tard pour s’inscrire à la conférence Clair 2017, vous pourrez suivre certains échanges du 26 au 28 janvier sur le fil Twitter #clair2017.

 

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Ninon Louise LePage est pédagogue et muséologue récemment sortie d’une retraite prématurée pour renaître comme désigner pédagogique. Elle a enseigné à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université de Sherbrooke en didactique des sciences, en plus de travailler au Réseau canadien d'information sur le patrimoine comme expert-conseil en muséologie. Elle écrit également pour nos amis français chez Ludomag. Elle invite par ailleurs tous les intéressés à la contacter afin qu’elle parle de vous, vos élèves, votre école et vos expériences particulières en éducation au numérique et à l’informatique.

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