Rencontre des arts et de la science : l’astronaute David Saint-Jacques à l’école FACE

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David Saint-Jacques et Samantha Cristoforetti

Devant une salle remplie d’adolescents admiratifs, l’astronaute canadien a parlé de l’importance de suivre ses rêves et de mettre les efforts nécessaires.

Le 20 octobre 2016, l’astronaute canadien David Saint-Jacques rencontrait les élèves de l’école FACE, une école de la Commission scolaire de Montréal qui offre un programme arts-études en quatre volets : arts plastiques, arts dramatiques, musique vocale et musique instrumentale.

David Saint-Jacques sera le prochain astronaute canadien à joindre la Station spatiale internationale (SSI). En plus d’être ingénieur et docteur en astrophysique et en médecine familiale, il détient une licence de pilote de vol aux instruments. Ah oui, et il parle cinq langues : anglais, français, russe, espagnol et japonais.

C’est avec admiration que les élèves l’ont accueilli à son arrivée dans l’amphithéâtre où il a présenté une conférence, avant de rencontrer individuellement quelques groupes de jeunes. L’École branchée a aussi eu la chance d’assister à ce moment marquant.

David Saint-Jacques s'entretient avec des jeunes de l'école FACE

Le message de l’astronaute : Suivez vos rêves!

« Suivez vos rêves, Follow your dreams » était le thème de son discours motivant. S’exprimant parfois en français, parfois en anglais, David Saint-Jacques a exposé aux adolescents présents des exemples de dépassement de soi en vue de les encourager à se réaliser, à suivre leurs propres rêves. Il ne leur a pas caché qu’il faut faire de grands efforts pour y parvenir. Il leur a d’ailleurs révélé que le plus difficile pour lui, malgré l’astreignante formation requise pour être membre du programme spatial international, est de maintenir l’équilibre entre sa profession et son rôle de jeune père.

Son intérêt pour l’espace a commencé lorsqu’il était enfant. Il a été séduit par la beauté des cieux, par les images de notre planète si délicate vue de l’espace et aussi par des productions futuristes comme Star Trek, Star Wars et autres.

Il a répondu à la campagne de recrutement de l’Agence spatiale canadienne (ASC) en 2008, mais ne s’envolera dans l’espace qu’en 2018. Pour être choisi comme astronaute, il faut d’abord être en excellente forme physique, avoir fait une contribution remarquable à la science, avoir l’esprit d’équipe et un bon caractère. Effectivement, ces qualités sont essentielles pour vivre pendant six mois en apesanteur, dans l’espace restreint de la navette spatiale, éloigné des siens, à manger des bouillies réhydratées à partir d’urine recyclée…

Suivre son rêve est ce qui fait se lever David Saint-Jacques chaque matin et le motive à faire plus d’efforts à chaque jour. Un long et sévère entrainement ainsi qu’une série de tests forment la plus grande partie du travail d’astronaute. Il lui a fallu apprendre des langues étrangères telles le russe en Russie et le japonais au Japon. Il a vécu des situations de survie en milieux hostiles, comme le désert ou en milieu arctique, car au retour sur Terre, la navette peut atterrir loin de l’endroit prévu. Il faut s’entrainer dans de gigantesques piscines pour s’initier à travailler avec la mobilité réduite de la combinaison spatiale. S’astreindre à d’intolérables situations où l’équipe doit s’affairer jusqu’à épuisement à éteindre des feux ou colmater des brèches par où l’eau pénètre dans l’espace clos d’un sous-marin, pour immédiatement après subir une série de tests qui cherchent à savoir comment vous pensez, si vous pouvez prendre des décisions réfléchies, ou quel sera votre comportement lorsque vous aurez épuisé toutes vos ressources. Tous ceux qui suivent un tel entraînement ne seront pas choisis pour devenir astronaute, pourtant la compétition n’existe pas car les standards en sont si élevés que chacun a besoin de l’aide de l’autre pour les réussir. C’est un effort gigantesque et, pourtant, l’apprenti n’est assuré que d’un « peut-être ».

 

La prochaine étape de l’exploration spatiale sera vécue par nos jeunes

La Station spatiale internationale est un lieu où des pays tels les États-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France et le Japon, qui se livraient au siècle dernier de monstrueuses guerres, collaborent maintenant à mieux comprendre notre planète.

L’absence de gravité permet d’y réaliser quantité d’expériences impossibles sur Terre, en particulier sur l’adaptation de l’humain à l’apesanteur. Dans la station spatiale ce sont les mains qui sont utilisées pour circuler. Les astronautes s’accrochent aux crochets des murs pour aller d’un lieu à l’autre, alors que les pieds et les jambes sont utilisés pour transporter les objets.

La spécialité du Canada en aérospatiale est la robotique. Le fameux bras Canadarm 2 aide à l’entretien de la station et fait des « attrapées cosmiques ». Ce bras articulé a saisi, le 23 octobre dernier, le vaisseau-cargo Cygnus, qui contribue au ravitaillement en fret.

La prochaine grande étape est la conquête de Mars, qui ne sera possible selon l’astronaute qu’avec la participation de l’humanité au complet. Pour se rendre sur Mars, il faudra être maître absolu du recyclage et de la gestion des ressources car il sera impossible d’approvisionner les colonies martiennes. « Ce sont les gens de votre âge qui réaliseront ces missions. Peut-être l’un d’entre vous en sera-t-il… », annonce-t-il aux élèves pendus à ses lèvres.

 

Son conseil aux jeunes : acquérir une vaste culture générale

En conclusion, David Saint-Jacques rappelle que sciences et arts sont tous deux issus de la sensibilité de l’humain à la beauté et de son besoin de comprendre et d’interpréter son environnement. Il conseille d’ailleurs aux élèves d’acquérir une importante culture générale et de s’intéresser à quantité de domaines variés.

Philosophiquement, il les invite à réfléchir à cette énigme : nous ne sommes que d’infimes particules dans l’immensité de l’univers et, pourtant, nous avons la capacité d’enfermer l’univers dans notre cerveau…

ecoleface-csdm

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Ninon Louise LePage est pédagogue et muséologue récemment sortie d’une retraite prématurée pour renaître comme désigner pédagogique. Elle a enseigné à l'Université du Québec à Montréal et à l'Université de Sherbrooke en didactique des sciences, en plus de travailler au Réseau canadien d'information sur le patrimoine comme expert-conseil en muséologie. Elle écrit également pour nos amis français chez Ludomag. Elle invite par ailleurs tous les intéressés à la contacter afin qu’elle parle de vous, vos élèves, votre école et vos expériences particulières en éducation au numérique et à l’informatique.

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