Le RÉCIT est-il essentiel dans le réseau québécois?

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Suite de notre dossier sur le RÉCIT, ce réseau de personnes-ressources dédié à l’accompagnement des enseignants dans l’intégration pédagogique des TIC au Québec. Aujourd’hui, enseignants et personnes-ressources expliquent pourquoi il est essentiel à leur avis et on émet des souhaits pour la pérennité du réseau.

Récemment, nous avons sondé enseignants et personnes-ressources à propos du RÉCIT, les conseillers pédagogiques spécialisés en intégration pédagogique des TIC qui accompagnent les écoles du Québec. Nous vous présentons un portrait de ce service que plusieurs estiment indispensable au milieu scolaire.

Selon ses personnes-ressources, le RÉCIT est essentiel et bien branché sur la réalité québécoise. En effet, « bien que la plupart des enseignants aient fait le saut dans le numérique dans leur vie personnelle ou pour des tâches administratives, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour l’intégration des TIC en classe pour supporter l’enseignement et favoriser l’apprentissage », croit André-Paul Bouchard (CS des Hautes-Rivières). Dominic Gagné (CS du Val-des-Cerfs) estime pour sa part que le changement que l’école vit présentement est majeur pour la plupart des enseignants (même pour les jeunes qui sortent de l’université) et qu’il ne peut s’effectuer sans accompagnement. David Cormier (CS des Navigateurs) abonde dans le même sens. Le RÉCIT est essentiel, à son avis, pour pallier les faiblesses dans la formation des maitres en lien avec les TIC, soutenir le développement professionnel des enseignants et promouvoir le potentiel pédagogique du numérique.

« Beaucoup d’enseignants souhaitent modifier certaines pratiques et moderniser leurs façons de faire, mais ils ne savent pas toujours par où commencer », rappelle Geneviève Allaire (CS des Grandes-Seigneuries). « Les gens du RÉCIT peuvent les accompagner adéquatement, les nourrir de nouvelles idées, les rassurer… » Stéphane Lavoie (FGA Montérégie) ajoute : « Il faut nécessairement des spécialistes de l’intégration des technologies pour accompagner les enseignants à rendre l’école plus contemporaine, pertinente et signifiante. »

Pour Julie Bérubé (CS des Phares), « sans le RÉCIT, pas d’école en réseau, pas de REAPO, pas de formation à distance, pas d’intégration des TIC en pédagogie. » De plus, « il produit une quantité incroyable de ressources éducatives libres et permet aux enseignants de progresser à leur niveau, à leur rythme », ajoute Sébastien Deschamps (CS de Laval).

Nancy Aspirault (FGA Gaspésie-Les-Îles) rappelle que « l’ampleur des besoins de formation pour une exploitation pédagogique des TIC adaptée aux objectifs du programme justifie un accroissement du soutien au personnel enseignant à cet égard. » Cela dit, Patrick Touchette (CS de la Capitale) croit que le RÉCIT est malgré tout « sous exploité car peu connu, en plus d’être tributaire des ressources informatiques disponibles dans les classes ». Par ailleurs, Stéphane Dubé, du service national à la formation professionnelle, croit que « d’un point de vue purement comptable, la proximité et la qualité des interventions du RÉCIT est malheureusement difficile à démontrer. Elle est toutefois bien réelle! »

Dans sa réponse, Jennifer Poirier, édimestre du RÉCIT, cite Michel Serres et son oeuvre Petite Poucette : « l’enjeu de l’école n’est plus la transmission du savoir puisqu’il est rendu accessible, il est sur le bout des doigts. L’enjeu aujourd’hui, c’est d’inventer comment se servir de ce savoir. Cette ère de l’intelligence, de l’invention, n’a jamais eu autant besoin de l’enseignant en tant que guide. C’est ce que font les personnes-ressources du RÉCIT. Elles guident les enseignants vers une intégration pédagogique réussie du numérique afin qu’à leur tour, ils guident leurs élèves. »

La conseillère pédagogique (CP) Maria Naciri (CS Marie-Victorin), croit aussi que le RÉCIT est essentiel. Elle cite en exemple le service national du RÉCIT en mathématique, science et technologie (MST), qui aide les CP disciplinaires en les outillant dans leur domaine d’apprentissage.

Marie-Élaine Boisclair, enseignante à l’Académie Ste-Thérèse, estime pour sa part qu’ « on a besoin de ces experts, de ces gens qui ont le temps, ou qui le prennent selon leur mandat, de faire une veille technologique vraiment pertinente et de partager leur connaissances en vulgarisant si bien tout ce qui pourrait paraître complexe aux yeux de plusieurs. » D’ailleurs, la plupart des enseignants qui ont répondu au sondage mentionnent l’importance du RÉCIT dans leur formation continue.

 

 

Des souhaits pour la pérennité du réseau

Certains répondants à notre sondage ont émis des souhaits pour la pérennité du RÉCIT.

– Une mise à jour du mandat, du financement et de l’organisation des services
« Ça fait déjà plus de 7 ans que le Ministère travaille à cette mise à jour. L’effet de réseau est bien senti dans le RÉCIT. Par contre, l’étalement des forces spécialistes occasionne du travail en silos, avec perte des effets synergiques potentiels du réel travail d’équipe », explique l’un des répondants. Un autre ajoute :« Le réseau des RÉCIT est LE réseau des réseaux. Il est régulièrement cité en exemple, même en dehors du monde de l’éducation quand il est question d’apprendre ensemble. Nous avons su, au fil des ans, bâtir une expertise et forger une culture de réseau solide avec un grand nombre de membres sans nécessairement avoir eu de leader à la tête pour mener et proposer une vision, comme c’était le cas au tout début du RÉCIT. C’est donc dire que la culture est en place et qu’elle a su survivre aux dernières années moins favorables. »

 

– Des rencontres en présentiel
« Le RÉCIT est l’un des premiers réseaux du système scolaire québécois à se réunir régulièrement sous la forme virtuelle. Bien que nous soyons friands des technologies, nous nous rendons compte que pour qu’un réseau puisse vivre et être dynamique, les rencontres présentielles sont indispensables (relations humaines obligent). » Une autre personne ajoute : « Le RÉCIT est plus fort que la somme de tous les individus qui le compose dans la mesure où on lui reconnait l’importance de prendre le temps d’entretenir cette mise en réseau. »

 

– Plus de personnes-ressources par commission scolaire
« Il est important d’offrir plus de ressources aux enseignants. Ils veulent intégrer les TIC, mais plusieurs se sentent abandonnés. Une seule personne-ressource RÉCIT par CS est insuffisante pour répondre à la demande. Je veux tellement les aider, mais c’est difficile quand on est tout seul. Je fais de mon mieux chaque jour. Un petit pas à la fois… »

 

Du côté des enseignants, certains mentionnent que le réseau est parfois mal connu, qu’il faudrait revoir son accessibilité, sa visibilité et sa forme pour mieux l’adapter au besoin et contexte actuel et que la structure locale vs nationale est difficile à comprendre du point de vue des écoles. Une personne a indiqué qu’à son avis, un enseignant bien branché (par exemple avec les groupes d’entraide sur Facebook) n’a pas besoin du RÉCIT. Plusieurs ont aussi déploré la fin du mandat du RÉCIT du réseau privé.

 

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On complète notre petite incursion demain avec des témoignages d’enseignants qui ont déjà fait appel au RÉCIT!