Le TBI : un réel potentiel pédagogique, mais de nombreux défis à surmonter

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Dans un contexte où, depuis bientôt cinq ans, les tableaux interactifs ont été implantés de façon massive dans la plupart des écoles du Québec, la Chaire de recherche du Canada sur les technologies en éducation a mené une étude visant à identifier les usages ainsi que les avantages et les défis de son utilisation.

 

« 99,2% des élèves préfèrent le tableau blanc interactif au tableau noir. Pourquoi? Parce que nous sommes en 2016! »
– Thierry Karsenti, Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les TIC et l’éducation

 

Ce sont en tout 11 683 élèves (de la 4e année du primaire à la 5e secondaire), de même que 1131 enseignants qui ont pris part à cette recherche.

Elle a d’abord permis de présenter les principaux usages du TBI en contexte scolaire. Il a ensuite été question de ses nombreux avantages, tels que perçus par les enseignants et les élèves. Nous avons enfin abordé la question des principaux défis rencontrés par les enseignants et les élèves dans l’usage de cette technologie.

Tel que le chercheur le mentionne en introduction du rapport, « loin de remettre en question l’importance capitale d’intégrer les technologies en éducation, cette recherche a plutôt mis en exergue que certains outils, comme le tableau blanc interactif, sont possiblement plus complexes et plus chronophages à intégrer que d’autres. En effet, nos résultats illustrent à quel point les enseignants semblent rencontrer des problèmes techniques avec l’usage du tableau blanc interactif. Pourtant, tel que le montrent les résultats de l’étude, le tableau blanc interactif présente un réel potentiel pédagogique. »

Voici quelques-uns des résultats. Pour en savoir plus, consultez la fiche des faits saillants de l’étude.

 

 

Est-ce que les enseignants utilisent le TBI?

48,2 % des enseignants interrogés utilisent le TBI « toujours » ou « souvent », 39,3 % l’utilisent «parfois» ou rarement, et seulement 12,6 % ne l’utilisent jamais.

 

Est-ce que les élèves manipulent le TBI?

4,0 % des enseignants interrogés indiquent laisser leurs élèves utiliser le TBI « toujours » ou « souvent », 23,4% les laissent l’utiliser « parfois », et 72,6 % ne les laissent rarement ou jamais l’utiliser.

 

Quels sont les principaux usages faits par les enseignants?

  • 51,6% : présentation à l’aide de logiciels multimédias
  • 19,3 % : recherche sur Internet
  • 10,8% : présentation de vidéos

 

Le TBI est-il plus apprécié que le tableau noir?

99,2% des élèves préfèrent le TBI au tableau noir. 73,6% des enseignants préfèrent le TBI au tableau noir.

 

Avantages selon les enseignants

  • 23,5% : accès à Internet en classe
  • 
19,1% : support visuel à l’enseignement
  • 12,2% : visionner des vidéos

 

Avantages selon les élèves

  • 29,2% : accès à Internet
  • 18,8% : support visuel à l’enseignement
  • 
11,6% : motivation des élèves

 

Désavantages selon les enseignants

  • 70,6% : problèmes techniques
  • 17,3% : chronophage
  • 
9,6% : écran trop petit

 

Désavantages selon les élèves

  • 33,5% : problèmes techniques
  • 25,4% : écran trop petit
  • 19,0% : manque de maîtrise du TBI par l’enseignant

 

Les résultats de l’étude ont révélé que le tableau blanc interactif présente un réel potentiel pédagogique. Par exemple, cette recherche a montré que plus les élèves manipulent le TBI, plus ils perçoivent que cela a un impact positif sur leurs résultats scolaires, sur leur motivation à l’école, sur leur concentration en classe, voire sur leur satisfaction générale face à l’école. « Cela est fort prometteur, mais encore faut-il que plus de 4,0 % des enseignants se risquent à laisser les élèves manipuler cet outil », rappelle Thierry Karsenti.

Une liste de 12 recommandations est présentée à la fin de l’étude, dont :

  1. Inciter un plus grand nombre d’enseignants à utiliser de façon régulière le TBI.
  2. Mettre en place des formations spécifiques pour amener un plus grand nombre d’enseignants à utiliser les fonctions interactives du TBI.
  3. Mettre en place des formations spécifiques pour amener un plus grand nombre d’enseignants à faire manipuler le TBI par leurs élèves.
  4. Reconnaitre l’investissement en temps nécessaire par les enseignants pour maitriser un tel outil technologique.

 

Toute l’information ici : http://tbi.crifpe.ca

2 COMMENTAIRES

  1. En lisant les avantages, je constate qu’un projecteur branché à un portable aurait atteint les mêmes buts, mais à une fraction du prix. Le seul avantage du TBI est l’utilisation des logiciels de création de leçons interactives. Or, ces logiciels de création sont très complexes à utiliser et longs à produire. De plus, un TBI en salle de classe ne favorise pas tellement la participation active de tous les élèves. Si j’avais à choisir, pour le même prix, je préférerais un chariot de tablettes pour le primaire ou une série de Chromebooks/Portables de la 4e année en montant. Ayant vu des classes d’élèves programmer à l’aide de Scratch.mit ou scratchjr.org ou faire des mathématiques avec Minecraft, je peux affirmer que le TBI y fait piètre allure en comparaison.

  2. Le TBI est un outil formidable pour autant que l’on utilise ses fonctionnalités d’interaction. Sinon, un projecteur est amplement suffisant. Développer des activités qui inter-agissent n’est pas si chronophage que cela mais demande une certaine pratique. Le développement d’outils de questionnement tel que classflow permets de stimuler l’usage interactif en permettant le passage au BYOD.

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