Enfants et écrans : qu’en pensent les pédiatres?

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Face à la hausse de l’utilisation de la technologie chez les enfants, nombreux sont les parents et les intervenants scolaires qui se demandent si l’on doit limiter le nombre d’heures passées en ligne et devant des écrans. L’Académie américaine de pédiatrie (APP) donne avis, conseils et précisions sur ce sujet.

Par le passé, L’Académie américaine de pédiatrie (APP) a publié de nombreux avis scientifiques portant sur l’utilisation des médias et des technologies par les enfants et les adolescents. Par exemple, en 2013, elle dissuadait les parents à exposer les enfants de moins de deux ans aux écrans et recommandait pour les autres de limiter à deux heures par jour ce temps de divertissement.

Au mois de mai dernier, des pédiatres se sont rencontrés lors du symposium Growing Up Digital: Media Research en Illinois, aux États-Unis. Des spécialistes de différents domaines, dont les sciences sociales, les médias et les neurosciences, étaient aussi présents. Lors de cette rencontre, les participants ont voulu faire le point sur les connaissances actuelles des impacts psychologiques, physiques, sociaux et émotionnels du temps passé par les enfants devant les écrans.

L’APP est consciente que la technologie fait désormais partie de la vie quotidienne et désire aider la population à mettre en œuvre des actions bénéfiques pour les enfants. Toujours d’avis qu’il faut déterminer des balises relatives au nombre d’heures d’utilisation maximale des appareils et que le monde virtuel ne doit pas remplacer les apprentissages et la socialisation provenant du réel, elle propose quelques conseils qui pourront être mis en pratique par les parents et les intervenants des milieux éducatifs. En voici quelques-uns.

Usage dynamique plutôt que passif

Se basant sur des connaissances actuelles en neuroscience indiquant que les enfants apprennent généralement mieux par les interactions, l’APP est d’avis que l’utilisation de technologies interactives est préférable aux technologies plus passives, comme la vidéo. Si un jeune enfant est appelé à être en contact avec des technologies, il serait ainsi préférable qu’elles soient dynamiques.

Limite tenant compte du type de technologie et de l’objectif visé

Un peu dans le même esprit, l’APP affirme que la qualité des applications et des appareils importe. Une heure passée à utiliser tel logiciel en particulier n’équivaut pas nécessairement à une même heure à utiliser tel autre logiciel. Cette réalité doit être considérée lorsque les enfants ou les élèves sont soumis à une limite d’utilisation.

Prudence devant l’appellation « app éducative »

L’APP appelle aussi à la prudence concernant l’étiquette « éducatif » accolée à plusieurs milliers d’applications, car ce n’est pas un milieu règlementé. Elle conseille de consulter le site Common Sense Media, sur lequel on trouve des avis sur le potentiel éducatif de programmes et l’âge suggéré des utilisateurs.

Pour des informations détaillées et l’ensemble des recommandations, consultez ici le rapport du symposium.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour, merci pour cet article très intéressant.
    L’aspect coloré et ludique des supports numériques exerce effectivement une grande attraction sur les plus jeunes. Néanmoins, il serait très intéressant de mener des études pour évaluer si les points de fixation de l’attention sont identiques lorsqu’il s’agit d’un support numérique et d’un support papier de même contenu. En effet, en tant qu’enseignante spécialisée dans l’apprentissage de l’écrit, auprès d’enfants parfois dys, mais pas toujours, j’avais pris l’habitude, il y a quelques années d’utiliser une tablette, pour la découverte des cours. J’y ai finalement renoncé lorsque je me suis aperçue que les enfants ne suivaient pas bien les lignes du regard, sur l’écran et/ou ne remarquaient même pas certaines données. Je précise qu’il s’agissait d’une copie pdf de la méthode sur papier.
    Il me semble, avoir vu passer une étude en orthoptie, concernant les saccades oculaires lors de la lecture sur écran et sur papier. Malheureusement, je n’ai pas eu le reflex de la sauvegarder.
    Si quelqu’un connait cet article, je serais heureuse de l’avoir.

    Merci encore pour cet article.

    Cordialement
    Christine Argensse

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