Fini l’écriture cursive obligatoire en Finlande!

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À compter de l’automne 2016, l’enseignement de l’écriture cursive prendra progressivement fin dans les écoles de Finlande et sera remplacé par des cours de maîtrise du clavier et d’écriture électronique.

L’écriture et la prise de notes à partir de tablettes, de téléphones intelligents et d’ordinateurs se sont généralisées. De nos jours, rares sont les personnes âgées de moins de 30 ans qui écrivent encore à la main, sur du papier et à l’aide d’un stylo. Afin d’arrimer le curriculum des élèves avec cette réalité, la Finlande réforme son système d’éducation en mettant notamment progressivement fin à l’enseignement obligatoire de l’écriture cursive.

La raison principale à l’origine du retrait de l’écriture cursive (les « lettres attachées ») du curriculum finnois réside dans l’aspect désuet de celle-ci. Les apprenants doivent maîtriser une calligraphie dont ils ne se serviront, pour la grande majorité d’entre eux, jamais. Pour Minna Harmanen, citée dans un article du quotidien The Guardian, et qui travaille pour l’équivalent finnois de ministère de l’Éducation, d’autres raisons ont incité les responsables du système éducatif à prendre cette décision. La difficulté pour les enseignants de défricher l’écriture en lettre attachées des élèves en est une, la complexité de l’enseignement et de l’apprentissage de cette calligraphie en est une autre. Le curriculum scolaire déjà bien chargé et continuellement à revoir en fonction des nouvelles réalités, dont celles relatives aux technologies, représente aussi un élément qui a pesé dans la balance des décisions.

La Finlande n’est pas le seul pays à s’interroger sur le sort de l’écriture cursive. En France et aux États-Unis, des débats, des réformes et des expérimentations ont d’ailleurs cours depuis de nombreuses années à ce sujet.

Le retrait de l’écriture cursive demeure un sujet polémique. Les résultats de différentes recherches en neuroscience, qui établissent des liens entre l’écriture manuelle et les capacités cognitives, en sont des exemples. Au Québec, Isabelle Montésinos-Gelet, professeure et chercheure en sciences de l’éducation, est même d’avis que l’enseignement de l’écriture cursive devrait être privilégié sur l’enseignement de l’écriture scripte. Et vous, qu’en pensez-vous?

1 COMMENTAIRE

  1. A l’issue de plusieurs lectures émanant d’un devoir universitaire pour Teluq Université Montréal, sur l’utilité ou l’inutilité de l’apprentissage de l’écriture cursive, j’ai pu affiner mon point de vue sur la question que je partage aujourd’hui avec les lecteurs.
    Alors que l’on débat sur l’abandon, la mort prochaine de l’écriture en lettres attachées, les occasions d’écire se faisant de plus en plus rares, j’ai constaté personnellement ses bienfaits dans l’exercice de ma profession d’enseignante en cours préparatoire. L’acquisition de cette compétence est la plupart du temps asssociée à « un pilier de l’apprentissage scolaire », tant sa maîtrise engendre des répercussions positives sur l’ensemble des disciplines. Bien que les chercheurs et les spécialistes en éducation promeuvent ses atouts sous un aspect scientifique (capacités cognitives), j’ai pu constater en outre, à un niveau plus humble, que les élèves développaient un certains nombre de valeurs dans la construction de leur personnalité. La concentration, la gratification, la conscience de soi et de l’autre, sont autant de fruits récoltés de cet apprentissage. L’écriture cursive humanise l’élève. Loin s’en faut dans mon esprit de nier l’apport de la technologie, mais la tradition écrite ne doit pas perdurer en raison d’une crainte éventuelle de perte de croyance, elle s’inscrit plutôt dans la préservation de notre singularité. Se couper d’un crayon et d’une feuille de papier, c’est peut-être…
    – creuser un clivage entre des générations branchées et débranchées
    – nier la démocratisation résultant de l’écriture comme bienfait de l’alphabétisation
    – se détacher de l’histoire de notre civilisation
    – se couper de soi-même, des autres et de ses racines
    Ne laissons pas agoniser l’apprentissage des lettres attachées, pensons-le autrement, telle une discipline artistique en parallèle au clavier, pour que nos enfants dans le geste graphique puissent conserver une source d’épanouissement.
    A méditer: « L’écriture est la peinture de la voix » Voltaire

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