Le partage des tablettes en classe : une solution économique et pédagogique?

1
1221

Au-delà de participer à réduire les coûts d’acquisition du matériel scolaire, il semblerait que le partage des outils technologiques serait bénéfique sur le plan des apprentissages.

Dans les dernières années, plusieurs établissements de différents pays ont voulu ou veulent munir chaque élève d’une tablette. C’est le cas notamment au Québec, en France et dans de nombreux autres pays, notamment par l’entreprise du projet One Laptop Per Child.

Plusieurs de ces projets sont toutefois confrontés à des contraintes financières et logistiques qui les empêchent souvent soit de démarrer, soit de se maintenir. À Los Angeles, en Californie, le projet de fournir un iPad à tous les élèves d’un district scolaire a tourné au vinaigre pour des raisons à la fois économiques, logistiques et pédagogiques. Plus près de nous, Mario Asselin décrivait en janvier dernier les contraintes relatives à l’utilisation des tablettes dans les écoles publiques du Québec.

 

Partager les tablettes : des retombées positives sur l’apprentissage

Selon Courtney Blackwell, doctorante à la Northwestern University et rattachée au Centre d’études sur les médias et le développement humain de l’École de communication, le partage d’une même tablette entre les élèves d’une même classe représenterait non seulement une solution aux contraintes budgétaires, mais aurait aussi des retombées positives sur l’apprentissage.

Blackwell a effectué une étude portant sur l’utilisation de l’iPad dans des classes de maternelle. Les participants ont été regroupés en trois groupes. Dans certaines classes, tous les enfants avaient leur propre iPad. Dans d’autres classes, aucun enfant n’avait accès à un iPad. Finalement, les enfants de certaines classes devaient se partager un nombre limité de tablettes.

Les résultats de l’étude de Blackwell indiquent que, dans l’ensemble, les enfants qui étaient dans les classes qui nécessitaient le partage des tablettes ont significativement mieux performé à des évaluations que ceux qui étaient dans les classes munies d’une tablette par enfant et que ceux qui étaient dans les classes dans lesquelles aucune tablette n’était disponible.

Selon la chercheure, c’est l’aspect collaboratif de l’apprentissage engendré par le partage des appareils qui pourrait expliquer les résultats. Les apprenants qui ont à partager un même appareil s’entraideraient, discuteraient et collaboreraient davantage, ce qui bonifierait leurs apprentissages. Toujours selon Blackwell, les résultats tendent à suggérer qu’il faudrait repenser la manière d’utiliser la technologie éducative, particulièrement auprès des plus jeunes. Cela vaudrait non seulement pour la quantité d’appareils à se procurer, mais surtout sur le plan des activités pédagogiques à privilégier.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,

    cette recherche concerne essentiellement les débuts de l’apprentissage à l’usage de tablette (ou d’outils sur tablette). Il semblerait qu’il n’en soit pas de même en collège/lycée où les prérequis concernant la prise en main de l’outil sont déjà acquis.

    Il n’en demeure pas moins que cela correspond à une constatation que je m’étais fait concernant l’utilisation d’un ordinateur pour deux élèves : progression plus rapide de la prise en main d’un logiciel qu’avec un ordinateur par élève. Par contre, dès que le logiciel est pris en main et que le travail commence vraiment l’utilisation d’un ordinateur par élève est nettement plus pertinent. Cette constatation est valable quel que soit l’outil utilisé (tablette, machine à bois, monobrosse…) l’apprentissage collaboratif (en utilisant des pédagogies issues du socio-constructivisme) est nettement plus efficace. Néanmoins, le perfectionnement et l’individualisation des productions (et leur personnalisation) n’est vraiment réalisable que seul avec l’outil.

    cordialement,

    Patrice HARDOUIN

Comments are closed.