(Dossier orthographe) Constituer la liste d’étude

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(suite du dossier…)

Et le choix des mots dans tout cela?

Des outils de classement des mots de vocabulaire selon le degré scolaire existent sur le Web, comme la liste de mots du Ministère de l’Éducation du Québec (MEESR). Cela dit, vous voudrez peut-être réfléchir plus en profondeur au choix des termes à l’étude.

L’usage d’un niveau de difficulté (de facile à complexe) a pour avantage de favoriser les réussites. En guise d’exemple, tel qu’expliqué sur le blogue Orthophonie, l’outil « ÉOLE (échelle d’acquisition de l’orthographe lexicale) est un livre basé sur une étude française qui a porté sur l’apprentissage normal de l’orthographe chez près de 48 000 enfants de la première (CP) à la cinquième année (CM1). La fonction de ce livre n’est pas de mettre des balises en matière d’orthographe, mais quand on constate que chez les enfants sans difficulté, le mot « carotte » est un mot acquis vers la quatrième année, on peut se demander pourquoi nos enfants le voient en première année. »

Dans un même ordre d’idée, sur ce même blogue Orthophonie, on se questionne sur la pertinence et l’usage réel des mots dans les textes : « Si on juge que ce mot n’est pas si important (car en réalité, écrivez-vous souvent le mot carotte dans un texte?) et qu’on puisse le faire apprendre plus tard, et bien on décidera peut-être de leur faire apprendre des mots fréquents qui sont facilement réussis à leur niveau d’apprentissage. Il ne faut pas non plus oublier que la mémoire étant ce qu’elle est, un enfant exposé fréquemment à ses erreurs d’orthographes a beaucoup de chances que sa mémoire encode ses erreurs plutôt que la bonne forme. »

À quoi rime tout cela? ÉOLE a établi, pour plus de 11 000 mots, la proportion d’élèves qui parviennent, au fil des années, à orthographier correctement ces mots. Par exemple, le mot maison est écrit adéquatement par 85 % des élèves de 1ère année et 100 % des enfants de 2e année. Cependant, le mot carotte varie entre 20 % et 79 % entre la 1ère et la 4e année. Surprenant? Pas tant que cela, car les mots utilisés plus régulièrement sont, évidemment, mieux orthographiés. Alors, sans même avoir accès à ce document, il peut être intéressant de créer des listes en fonction d’un usage significatif pour les élèves, ce qui, en parallèle, risque aussi de créer davantage de situations de valorisation. Par ailleurs, ce genre d’analyse pourrait devenir une excellente occasion d’aborder les mathématiques, puisque les élèves pourraient procéder à la détermination statistique des mots réussis – ou non – dans leur classe. Cela s’avère d’ailleurs un projet idéal pour apprendre à utiliser un tableur (comme Excel ou les feuilles de calcul Google).

Finalement, le fait de proposer des listes thématiques peut aussi être revu. En effet, des thèmes comme Pâques, Noël ou les pommes recèlent de mots dont l’usage est fort peu fréquent ou probable. Il vaut peut-être mieux investir son énergie dans la maîtrise des mots usuels qui posent problème. En outre, les thèmes peuvent s’orienter davantage vers des aspects fonctionnels (lieux, personnages, temps…), comme dans cet outil très pratique à l’intention des élèves du 1er cycle du primaire, mais qui fera le bonheur des élèves de l’ensemble du primaire, en particulier ceux qui éprouvent des difficultés.

 

Combien de mots doit-on proposer chaque semaine?

La quantité doit-elle primer sur la qualité? On peut y réfléchir. Est-ce préférable de se concentrer sur peu de mots et de les mémoriser pour toujours, ou plutôt de diluer son attention sur une longue liste et de n’en retenir que quelques-uns?

Quelle que soit l’option retenue, selon leurs ressemblances ou leur régularité orthographique, on pourra proposer une liste de mots plus longue. Afin que l’enfant puisse établir des liens entre les mots étudiés, il peut apparaître pertinent de les classer selon certains points en commun (graphies, préfixe, suffixe, sons vedettes…). Un groupe d’enseignants propose d’ailleurs ici un exemple concret, dans un superbe document à l’intention des élèves de 1ère et de 2e année, que vous pourriez utiliser pour dresser vos listes orthographiques pour chacune des semaines de l’année (une page par semaine). En prime, le document met en évidence certaines règles d’orthographe.

 

Table des matières du dossier

Introduction

Les éléments à observer
– Les causes des difficultés : un large éventail de possibilités
– Tenir compte des variétés d’intelligences

Orthographe : comment apprendre pour longtemps en s’amusant
– La perception des mots
– La compréhension des mots
– Le ressenti des mots

Réinventer les méthodes traditionnelles
– L’étude en étapes
– La dictée sous toutes ses formes

Constituer la liste d’étude
– Et le choix des mots dans tout cela?
– Combien de mots doit-on proposer chaque semaine?

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