Comment aborder la notion d’identité numérique avec les élèves?

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@ticdesprofs a dit sur Twitter : Vaut mieux apprendre aux jeunes à nager que de dresser un mur devant l’océan.

Quel enseignant utilisateur d’Internet en classe n’a pas déjà vécu la classique situation de la publicité « osée » qui apparaît soudainement en plein milieu d’une page? Faut-il bannir Internet de l’école pour autant? Au contraire, il s’agit d’en profiter pour… en parler. C’est la même chose avec les médias sociaux et l’identité numérique.

Comme expliqué précédemment dans le dossier, la notion d’identité numérique est étroitement liée aux traces que l’on laisse dans l’univers numérique. Ces traces sont principalement associées à l’utilisation du « Web 2.0 », c’est à dire les outils participatifs, les médias sociaux. D’ailleurs, selon l’enquête Netendances 2012 du CEFRIO sur les médias sociaux, plus de 8 Québécois sur 10 les utilisent, et ils sont plus de 9 sur 10 lorsqu’on prend uniquement les 18-24 ans. On peut donc déduire que les plus jeunes en sont également particulièrement friands.

Mais quelles stratégies employer pour en parler en classe? En voici quelques-unes.

L’enseignant François Jourdain (@francoisnco) a une façon bien particulière de rappeler en tout temps à ses élèves de porter attention à leur identité numérique : il a inscrit une phrase au-dessus de chaque ordinateur de sa classe : Je suis ce que j’écris.

Plusieurs spécialistes en éducation, dont Jacques Cool (@zecool) et Benoît Petit (@petitbenoit), sont d’avis qu’il est important d’inclure les élèves dans l’élaboration d’une charte d’usage des médias sociaux de l’école. À cet effet, le site Chercher pour trouver suggère des pistes pour établir une « nétiquette » pour l’utilisation saine et responsable des forums et du clavardage, des formes de médias sociaux.

Aussi, Benoît Petit rappelle qu’il est important d’insister sur les aspects positifs des réseaux sociaux pour avoir de la crédibilité auprès des jeunes. « On pourrait aussi partir d’expériences vécues par les élèves où leur identité numérique a été ou aurait pu être compromise. »

Karine Thonnard, du RÉCIT de l’enseignement privé, rappelle ainsi la portée des médias sociaux et de la réputation virtuelle.

« Caché derrière un écran,
–       il est plus facile de parler avec comme bouclier un avatar ou un pseudo;
–       il est plus facile de mentir sur notre vraie identité;
–       la gêne s’envole et les langues se délient;

L’intimité est fausse, mais les personnes et les émotions sont réelles. »

Voilà une belle façon d’amorcer la discussion sur l’identité virtuelle avec les élèves, mais aussi sur la cyberintimidation.

Il est important que les jeunes sachent que la cyberintimidation est considérée comme un acte criminel en vertu du Code criminel du Canada. Voici, selon le site du Service de police de la ville de Montréal, les cas où cela s’applique :

Libelle diffamatoire
Exemple : Utiliser les technologies Internet telles que les sites Web pour ridiculiser d’autres personnes en contant des histoires, des blagues ou en affichant des images.

Extorsion
Exemple : Envoyer des courriels menaçants à des collègues de classe pour leur demander d’apporter des objets de valeur à l’école.

Harcèlement criminel
Exemple : Utiliser les technologies Internet pour communiquer de façon répétée avec une personne en sachant qu’elle se sent harcelée.

Faux message
Exemple : Transmettre, à l’aide d’un système de messagerie électronique, de faux renseignements dans l’intention de nuire à quelqu’un.

Proférer des menaces
Exemple : Utiliser un système de messagerie pour envoyer des courriels de menaces envers d’autres personnes.

Table des matières du dossier :
– Intro : Identité numérique : Qui êtes-vous sur le Web?
Qu’est-ce que l’identité numérique?
Pourquoi faut-il se préoccuper de son identité numérique?
– Comment aborder la notion d’identité numérique avec les élèves?
Quelles sont les ressources pour parler d’identité numérique avec les élèves?