La prématernelle recommandée par le Conseil supérieur de l’éducation

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Le Conseil supérieur de l’éducation a rendu public cette semaine un avis à propos des enfants d’âge préscolaire. Il recommande notamment au gouvernement « de se donner pour objectif que, d’ici 5 ans, 90 % des enfants québécois de 4 ans fréquentent les services d’éducation réglementés par l’État ».

L’avis, intitulé « Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge préscolaire, une triple question d’accès, de qualité et de continuité des services », fait plusieurs recommandations visant à favoriser le bien-être, le développement optimal et l’apprentissage des enfants d’âge préscolaire.

L’organisme énumère quatre principes qui devraient, selon lui, guider l’organisation des services d’éducation et d’accueil :
1. l’accessibilité universelle de ces services
2. l’égalité des chances
3. la recherche de la qualité et de son amélioration continue dans tous les types de services
4. la concertation dans les interventions pour assurer la continuité de l’expérience éducative des jeunes enfants

Ainsi, le Conseil recommande :
– d’ici 5 ans, 90 % des enfants québécois de 4 ans devraient fréquenter des services d’éducation réglementés par l’État, en accordant la priorité aux enfants issus de milieux défavorisés;
– l’amélioration de l’accès aux services de garde en milieu scolaire;
– la prise en charge éducative des jeunes enfants pendant la période estivale;
– favoriser la qualité des interactions adulte-enfant  en diminuant le nombre d’enfants par adulte et la taille des groupes ainsi qu’en adaptant la formation des Intervenantes et des intervenants.

Sur ce dernier point, le Conseil recommande de revoir le programme de formation menant au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire pour mieux prendre en compte les particularités du préscolaire, notamment par l’instauration d’un stage obligatoire au préscolaire.

Ces recommandations ont été saluées par l’Association québécoise des CPE.

Le tout vise à assurer aux enfants une transition la plus douce possible vers la maternelle, puis vers l’école, tout en tenant compte des besoins des parents, ainsi qu’un meilleur arrimage des approches pédagogiques du préscolaire et du primaire.

Le Conseil supérieur de l’éducation du Québec est constitué de 22 membres nommés par le gouvernement et issus du monde de l’éducation ou d’autres secteurs d’activité de la société québécoise. Il  a pour fonction de conseiller la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport sur toute question relative à l’éducation.

2 COMMENTAIRES

  1. En 1997, le Québec a fait un pas de géant. Il s’est doté d’une politique familiale et a choisi collectivement de développer un réseau de services de garde à 5 $ – aujourd’hui à 7 $ – pour mieux concilier le travail et la famille et favoriser le développement des jeunes enfants.

    Dès le départ, ses nouveaux services éducatifs ont connu un succès indéniable. Les parents ont investi toutes les places à contribution réduite disponibles dans les services de garde, aussi bien en milieu familial qu’en CPE, et il a fallu revoir à la hausse le développement de nouvelles places. Par ailleurs, la maternelle à 5 ans est aujourd’hui fréquentée par 98 % des enfants sans jamais en avoir fait une obligation.

    Quinze ans plus tard, le Conseil supérieur de l’éducation propose d’aller plus loin et recommande notamment de se donner comme objectif que, d’ici 5 ans, 90 % des enfants de 4 ans fréquentent un service éducatif régi par l’État. Pour ce faire, le Conseil suggère d’instaurer l’universalité et la gratuité de fréquentation pour tous les enfants de cet âge, une mesure qui devrait entre autres favoriser l’égalité des chances et mieux répondre au besoin criant d’offrir des services éducatifs aux enfants en milieu défavorisé.

    Le Conseil s’est interrogé sur les caractéristiques des services qui peuvent le mieux favoriser le bien-être et le développement des enfants de 4 ans. Sa réflexion sur le meilleur modèle de services éducatifs à offrir aux enfants de cet âge a abouti à la conclusion suivante : « il faut créer en CPE les places qui manquent. Il faut aussi maintenir les services qui desservent déjà des enfants de 4 ans, de manière à atteindre le plus rapidement possible un taux de fréquentation de 90 %, tout en améliorant la qualité dans tous les services éducatifs. »

    Je partage cet avis et mon organisation, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), coordonne ses actions avec les autres partenaires du secteur pour améliorer la qualité des services de garde régis. La gestion d’un fonds pour assurer la formation continue et le perfectionnement des responsables de service de garde en milieu familial s’inscrit d’ailleurs dans cette démarche, de même que les revendications déposées sur la table lors des dernières négociations du personnel des CPE syndiqués à la CSQ et qui concernent les enfants ayant des besoins particuliers. De plus, de concert avec d’autres fédérations de la CSQ, la FIPEQ-CSQ organise le Rendez-vous de la petite enfance, un colloque international qui se tiendra les 12 et 13 avril 2013 et qui devrait alimenter la réflexion de ses membres sur les perspectives des services éducatifs à la petite enfance au Québec à la lumière de ce qui se fait ici et en Europe.

    La FIPEQ-CSQ souscrit globalement aux recommandations du Conseil supérieur de l’éducation et apprécie l’accent qui est mis sur l’importance de services éducatifs dès le plus jeune âge et leur contribution à l’égalité des chances. Et comme le souligne le Conseil dans son récent avis intitulé Mieux accueillir et éduquer les enfants d’âge préscolaire, une triple question d’accès, de qualité et de continuité des services, le développement de places pour les enfants de 4 ans « ne doit pas entraver ou restreindre l’augmentation nécessaire des services éducatifs pour les enfants les plus jeunes. Ce développement doit de plus se faire de manière concertée, afin d’éviter le dédoublement de services existants. »

    Le réseau des services de garde, réglementés et offrant des places à contribution réduite, a vu le jour il y a quinze ans, il est maintenant temps de parachever l’ouvrage.

    Sylvie Tonnelier,
    Présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ)

  2. Je trouve votre titre inexact, je n’ai pas lu complètement cet avis mais ce qui y est proposé ce sont des services éducatifs de qualité encadrés par l’État, donc en service de garde ou à l’école. Il y est aussi question de l’animation Passe-Partout dont bénéficie près de 13,000 enfants et leurs parents, donc une offre de service diversifiée, pas du mur à mur. J’aurais apprécié lire un titre du genre: « Des services éducatifs de qualité pour les 4 ans ».

    Rose Marquis, conseillère à l’éducation préscolaire.

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