It’s a small world after all!

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(section précédente)

Disney n’imaginait probablement pas à quel point le monde était effectivement bien petit quand il a choisi cette désormais célèbre ritournelle. Plus que jamais, Internet fait tomber les frontières et permet des collaborations impossibles à imaginer encore hier.

Il y a une douzaine d’années, le site Prof-Inet devenait un précurseur de la télécollaboration. Son objectif : mettre en relations des enseignants de partout sur la planète (surtout dans la francophonie) afin de permettre la réalisation de projets à distance. On y retrouve actuellement plus d’une centaine de projets, certains proposés par des enseignants et d’autres par des organisations. Un autre site, Skype for the Classroom (en anglais) en propose plus de 1400, dont quelques-uns en français.

Malgré la multiplication des outils en ligne, la correspondance par courriel entre élèves demeure l’une des collaborations les plus fréquentes. Depuis quelques années, c’est la voie qu’a choisie d’emprunter Marie-Luce Dion, enseignante à l’école secondaire Bernard-Gariepy, de Sorel. Elle s’est inspirée d’un projet trouvé sur Internet pour proposer aux élèves de sa classe (et d’une autre ailleurs dans le monde!) l’échange d’une dizaine de courriels sur dix thèmes différents. « Je travaille avec des élèves qui ont des difficultés d’apprentissage et de comportement. Avoir des questions précises auxquelles répondre les aide beaucoup à structurer leurs écrits. Ça leur permet aussi de découvrir une autre culture, un nouveau pays et même d’en apprendre sur leur propre province, car les questions sont assez précises! » Elle remarque que le fait d’écrire à quelqu’un en « chair et en os » qui va leur répondre est très motivant pour eux.

À l’occasion, l’expérience se poursuit à la maison. « Parfois, les jeunes communiquent entre eux par clavardage et ils sont très excités de pouvoir le faire. Mais en classe, je me limite à l’échange de courriels et de photos », note Mme Dion.

Des projets

Cela dit, la télécollaboration peut aller beaucoup plus loin. Par exemple, le projet Images et patrimoine a pour objectif de « constituer un inventaire de patrimoines oubliés, secrets, particuliers, éclairés par les classes » participantes. Toute cette information est ensuite accessible via une carte interactive!

Un autre projet, The day I was born, vise à faire des élèves de petits historiens qui vont découvrir, puis partager, ce qui se passait dans le monde le jour de leur naissance.

Sur les pas d’Eratosthène vise pour sa part à mesurer la circonférence de la terre comme le faisait le savant grec, il y a plus de 2000 ans, le tout en interagissant avec des classes de partout dans le monde.

De son côté, le projet Skype mystère vise à mettre en contact deux classes par Skype afin que les élèves découvrent, avec différents indices, la ville où se trouve l’autre groupe. D’autres utilisent ce même logiciel pour pratiquer leur anglais!

Les enseignants peuvent très bien monter leur propre projet. Pour qu’il soit réussi, il devrait avoir des objectifs clairs, être simple au plan de la communication, comporter des tâches bien définies, offrir des résultats concrets, répondre aux besoins des classes participantes et pouvoir être mené à terme même si l’on perd un participant, précise un dossier sur la télécollaboration de l’École branchée.

Des défis

Tout n’est toutefois pas simple au royaume de la télécollaboration. Les habiletés techniques des enseignants et la disponibilité du matériel font parfois défaut. De plus, l’accès à certains sites est parfois compliqué. « Dans les commissions scolaires du Québec, en général, le niveau de sécurité est très élevé. Parfois, pour plusieurs bonnes raisons, on bloque l’accès aux réseaux sociaux. Donc quand on veut les utiliser, il faut en faire la demande, avoir des permissions spéciales, etc. Ce n’est pas insurmontable, mais il faut y penser », indique Céline Loslier, responsable du site Prof-Inet à la Commission scolaire de Laval.

Il faut aussi prendre en considération le fait qu’en Afrique, par exemple, plusieurs écoles n’ont pas encore accès à Internet haute vitesse, ce qui limite grandement les possibilités de télécollaboration.

Néanmoins, Prof-Inet envisage de se lancer dans les nouveaux médias. « Nous sommes à la mise en place d’un plan d’action et nous allons peut-être faire une enquête auprès des usagers pour valider l’intérêt envers les médias sociaux, car ils me semblent une avenue intéressante, mentionne Mme Loslier. Les innovations vont peut-être commencer l’année prochaine. »

D’autres sites de télécollaboration :

GlobalSchoolNet.org (en anglais)

iEarn (en anglais)

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