Les temps changent… et tous doivent faire différemment

0
50

(section précédente)

En quoi la façon de travailler des enseignants doit-elle évoluer? Quelles sont les répercussions du manuel numérique sur la planification de l’enseignement? Le passage au numérique est-il chronophage?

Si les activités interactives à projeter ne manquent pas, Marie-Josée Lavoie sent qu’elle a beaucoup à faire. Elle sent aussi une contrainte, celle de remplir les pages du cahier. « Le programme est chargé, confie-t-elle. J’enseigne, je projette et je vais dans le cahier. Je n’exploite pas autant que je le voudrais les activités projetables. Je me dis qu’il faut que le cahier d’activités papier soit complété, car le parent l’a payé ».

Du côté de Carmen Roberge, peu de changements ont été apportés à sa pratique pédagogique, si ce n’est que de présenter l’information différemment. « Ce n’est qu’un petit complément à mon enseignement. Bien sûr, je peux souligner des trucs et mettre l’accent sur certaines parties. Bien sûr, je pourrais sauvegarder nos annotations si nous n’avons pas terminé notre activité  pour la reprendre le lendemain. Mais, en ce moment, c’est très basique. Pour ce que ça coûte, je suis déçue. »

La façon de travailler des éditeurs évolue-t-elle aussi? Probablement, car les besoins des enseignants semblent plus difficiles à cerner qu’auparavant.

« Nous n’avons pas une rétroaction exacte de la part des enseignants, déplore Caroline Viel. Même s’il est acheté, nous sommes toujours étonnés de voir que le matériel est peu utilisé. »

Les enseignants sont-ils ancrés dans leurs façons de faire? Craignent-ils de changer leurs habitudes? Certes, tous ne sont pas à l’aise d’improviser avec la technologie et certains préfèrent laisser leurs collègues se commettre avant de se lancer.

« Quand nous leur demandons ce qu’ils utilisent et ce dont ils ont besoin, les enseignants nous répondent souvent qu’ils utilisent Google pour aller chercher les éléments d’actualité, les cartes, les images, bref, ce qui est offert gratuitement », poursuit Caroline Viel.

Pourtant, cette pratique n’encourage probablement pas la protection du droit d’auteur. En raison de la masse d’information disponible et de son accès facile, certains enseignants oublient que des restrictions s’appliquent au numérique et qu’elles sont les mêmes que pour les documents imprimés. Certains aussi croient qu’ils sont entièrement protégés, car ils ne font pas une utilisation commerciale du matériel glané ici et là. Or, le fait de diffuser du matériel dans un contexte scolaire n’est pas une utilisation personnelle.

Les enseignants privilégieraient-ils du matériel pédagogiquement bien conçu, mais morcelable afin de personnaliser un agencement et construire un cours à leur image? C’est l’approche que semble adopter Pierre Poulin dans sa iClasse. « Je rêve qu’on développe des sites interactifs et des vidéos dans tous les domaines… et que les réseaux WiFi des écoles pourront les supporter. J’encourage la création de manuels maison de format ePub, une avenue que nous entendons développer avec les élèves dans l’iClasse ».

Pour lire la suite