Pour être un chercheur critique (étape 3)

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Étape 3. Évaluer ses sources

Tout au long de la recherche d’informations, chaque nouvelle référence devra être évaluée. À chaque fois, l’élève devra être critique envers sont utilité, sa fiabilité et sa crédibilité. Plusieurs critères pourront être utilisés. Les “questions du cyberespace” du Réseau Éducation-Médias semblent suffisamment génériques pour évaluer les informations issues de différents contextes.

Qui?

Les auteurs ou les responsables de l’information présentée sont un élément important. La compétence et les diplômes ne sont pas toujours les seuls facteurs à considérer lorsqu’il est temps de juger de l’auteur et de sa crédibilité. Il faut prendre en compte les besoins informationnels et les expériences connexes.

Sur le Web, l’auteur ou les responsables ne sont pas toujours faciles à identifier, car il est possible de publier des contenus de manière anonyme. Il est alors difficile de juger la crédibilité de l’auteur et l’information perd une certaine part de sa valeur. Le chercheur aura donc à faire des recherches complémentaires pour consulter le site personnel de celui-ci ou celui de l’organisation qui l’emploie. Il devrait être capable de contacter l’auteur pour lui adresser des questions ou lui faire part de ses commentaires. Le contraire serait inquiétant et soulèverait des questions.

Un élément qui rend parfois l’identification de l’auteur ou du responsable difficile est la facilité avec laquelle les contenus numériques sont mis en ligne. Il arrive de trouver des dizaines de copies d’une ressource et qu’elles aient toutes été publiées par des gens différents, comme c’est souvent le cas sur YouTube. Il faudra alors être plus attentif aux contenus et d’y repérer des informations sur leur provenance (nom du spécialiste interviewé, titre de l’émission de télé). L’auteur n’est pas nécessairement la personne qui a placé le contenu en ligne. Il faut alors se questionner et tenter d’identifier les personnes ou les institutions qui sont responsables des propos et idées présentées.

Quoi?

L’un des aspects les plus difficiles à critiquer est le contenu lui-même. Si l’on cherche une information, c’est souvent qu’on ne la maîtrise pas suffisamment. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte et certains se retrouvent le plus fréquemment “entre les lignes”. Les élèves commettent cette erreur commune de faire l’économie de la lecture ou de la consultation approfondie de la ressource.

Sur le Web, les auteurs sont nombreux et leurs motivations varient beaucoup. Il importe de se questionner constamment afin de distinguer les opinions des informations plus factuelles, et éviter de se laisser convaincre par des informations qui relèvent plus de l’opinion que des faits par un auteur qui fait appel à nos sentiments. Il faut ensuite éviter les sources qui déguisent des opinions ou des croyances en les habillant d’un discours scientifique, spécialisé ou d’apparence logique. Il arrive qu’on présente, volontairement ou non, comme avérées des relations de cause à effets qui sont, dans les faits, difficiles à démontrer. Un truc? Être attentif et douter presque systématiquement. Dans le doute, le meilleur conseil c’est d’utiliser une autre méthode ou une autre source d’information pour contre-vérifier l’information. L’une et l’autre source d’information sont utilisées de manière complémentaire pour valider l’information.

Sur le Web, on peut utiliser cette méthode. À la lecture d’un reportage ou après avoir écouté une vidéo, on peut vérifier certains aspects dans une encyclopédie et chercher d’autres sources qui confirment l’existence d’une relation entre deux aspects. On peut aussi aller sur d’autres sites. Normalement, les informations crédibles et fiables peuvent être vérifiées facilement.

L’information trouvée est-elle complète? Le site fait-il le tour de la question ou du sujet? Le chercheur pourra aussi mettre à jour des informations incomplètes, déceler les « trous », volontaires ou non. En effet, un auteur ou un organisme peut décider d’éviter de discuter de certains aspects, oublier de le faire ou l’omettre par ignorance. Il est mieux de le savoir avant d’accorder sa confiance à une source d’information!

Comment?

Comment l’information est-elle présentée? L’aspect visuel, la facilité de navigation, les couleurs, l’espacement, les polices, les images, la division du texte en petites portions, les titres pour faciliter le repérage, les hyperliens sont des éléments importants relatifs à la présentation. Un site devrait aussi être facile à consulter. L’objectif et le sujet traité devraient être clairement identifiés ainsi que les différentes parties du site. En général, les professionnels du Web privilégieront aussi l’utilisation d’appuis visuels.

Il convient aussi de vérifier si le site est conséquent et s’il livre effectivement l’information annoncée sur les pages d’accueil. Certains sites projettent une certaine image pour attirer des visiteurs et présentent ensuite des contenus autres, ce qui nuit à la crédibilité (par exemple, ce site utilise l’image et le nom du défenseur des droits des noirs aux États-Unis, mais prône la suprématie des blancs). Le niveau de langage devrait, également, être adapté au public cible : un site censé s’adresser aux jeunes de 6 à 11 ans qui présente des publicités “pour adultes” ou des pages pleines de textes serrés et complexes peut-il être jugé crédible?

Les auteurs de sites sérieux vont souvent fournir des pistes pour aider à débuter la triangulation discutée plus tôt ou à approfondir le sujet traité. Ils indiqueront, par des hyperliens ou des références, des sites qui confirment leurs propos et d’autres qui entretiennent des points de vue différents. Les informations provenant d’ailleurs devraient être facilement reconnaissables et faciliter la critique. Il arrive que des auteurs se citent mutuellement et s’appuient l’un et l’autre, mais sans jamais vraiment fournir de preuves solides. Dans le doute, il vaut parfois mieux faire ses propres vérifications en trouvant d’autres sources qui confirment ou non l’information trouvée à l’origine.

Quand?

La date à laquelle le site Web a été mis en ligne ou la date de la dernière mise à jour contribuent à l’appréciation de la valeur de l’information. Ainsi, le chercheur qui planifie ses vacances d’été ne souhaitera pas se fier à un site qui n’a pas été mis à jour depuis 18 mois!

Mais la date n’est pas toujours facile à trouver. Parfois au bas des pages, présentée pour chaque billet sur un blogue. Sur les wikis, il faudra peut-être explorer l’historique pour la découvrir. Si elle est absente ou si l’information est en ligne depuis très longtemps, le chercheur devra juger de la crédibilité et de la pertinence de l’information en se rapportant à d’autres critères.

Il peut vérifier si les liens présents sur la page Web consultée fonctionnent. Cet aspect est un bon indicateur de la fréquence de l’entretien d’une page Web. Par contre, ce ne sont pas nécessairement toutes les pages qui ont été mises en ligne au même moment. Sur les blogues, par exemple, les auteurs revisitent plus ou moins régulièrement leurs vieux billets, bien qu’ils continuent à en publier de nouveaux.

Où?

Chaque site disponible sur le Web a une adresse particulière que l’on nomme aussi URL.  Comme elles sont porteuses de détails qui aident à évaluer l’information, le chercheur aura avantage à savoir les déchiffrer.

L’URL suivante, désignant un dossier du Carrefour éducation à propos d’Internet et de la loi, servira d’exemple :

http://carrefour-education.qc.ca/files/images/dossiers/internet_loi_nouvelle_version.pdf.

1re partie (protocole) : indique qu’il s’agit d’un document hypertexte.

Dans l’exemple, le protocole est le « http ». Certaines URL débutent par « https », ce qui indique qu’il s’agit d’une page sécurisée, d’autres par « ftp », ce qui permet le transfert d’un fichier entre deux ordinateurs, d’autres « IRC », qui sont des sessions de clavardage.

2e partie (nom de domaine) : nom de l’hébergeur, de la personne ou de l’organisme responsable du site ou de la page consultée.

C’est la partie la plus intéressante de l’URL, puisque le domaine indique une personne ou un organisme qui a une certaine responsabilité vis-à-vis de l’information. Dans l’exemple, la page se trouve à l’intérieur du domaine “carrefour-education.qc.ca”.

Le domaine pourrait aider le chercheur à remonter la piste jusqu’à l’auteur en raccourcissant l’URL. Dans l’exemple, le chercheur qui serait tombé directement sur la page donnée en exemple sans connaître Carrefour éducation pourrait diriger son navigateur sur http://carrefour-education.qc.ca pour découvrir plus exactement où il est et qui endosse l’information trouvée.

3e partie (l’extension) : la fin du domaine.

Les extensions sont plus ou moins standards. Dans l’exemple, le “qc.ca” indique un site québécois. Plusieurs domaines informent sur leur provenance géographique, tandis que d’autres informent sur leur nature. Voir la liste des extensions.

4e partie (répertoire) : indique dans quels répertoires et sous-répertoires sur les serveurs de l’organisme ou de l’hébergeur du site se trouvent les fichiers ou la page consultée et dans quel format.

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